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Que manger quand on a la maladie de Crohn ? Une nouvelle piste alimentaire pourrait réduire l’inflammation et les symptômes

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La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) qui touche environ 150 000 personnes en France, annonce l'Afa Crohn RCH France. Pour les formes légères, les options thérapeutiques restent limitées avec des effets secondaires parfois lourds. Autour de Crohn, la question de l'alimentation revient sans cesse, sans que les médecins disposent jusqu'ici de réponses fondées sur des preuves solides.

Une étude clinique récente menée par des chercheurs de Stanford Medicine et publiée dans Nature Medicine, pourrait toutefois ouvrir une nouvelle piste alimentaire pour améliorer les symptômes chez certains patients.

Maladie de Crohn : une pathologie chronique aux traitements contraignants

La maladie de Crohn se caractérise par une inflammation persistante de la paroi digestive, pouvant toucher différentes zones du tube digestif. Les symptômes varient d'un patient à l'autre, mais incluent le plus souvent diarrhées chroniques, douleurs abdominales, fatigue intense et perte de poids.

Chez les patients présentant une forme légère à modérée de la maladie, les possibilités thérapeutiques sont paradoxalement restreintes. Les corticoïdes constituent encore le principal traitement de référence pour contrôler l'inflammation, mais leur utilisation prolongée est limitée par de nombreux effets indésirables. Les traitements biologiques, plus ciblés, sont généralement réservés aux formes plus sévères. 

Dans ce contexte, l'alimentation est fréquemment perçue par les patients comme un levier potentiel, sans que la science n'ait jusqu'à récemment permis d'établir des recommandations claires et validées.

Diarrhées chroniques, douleurs abdominales, fatigue intense et perte de poids, autant de symptômes de la maladie de Crohn. © New Africa, Adobe Stock

Un régime imitant le jeûne évalué dans un essai clinique contrôlé

Pour tenter d'apporter des réponses concrètes, les chercheurs américains ont conduit un essai clinique national, randomisé et contrôlé, portant sur des patients atteints de Crohn léger à modéré. L'étude a inclus 97 participants répartis dans tout le pays, suivis pendant trois mois.

Les patients ont été divisés en deux groupes. Le premier a suivi un régime dit « mimant le jeûne » : pendant cinq jours consécutifs chaque mois, les participants réduisaient fortement leur apport calorique, consommant entre 700 et 1 100 calories par jour, sous forme de repas à base de plantes fournis par les chercheurs. Le reste du mois, ils reprenaient leur alimentation habituelle. Le second groupe, dit témoin, n'a apporté aucune modification à son régime alimentaire.

Selon le Dr Sidhartha R. Sinha, auteur principal de l'étude, « les bénéfices cliniques sont apparus rapidement, parfois dès le premier cycle ». À la fin de l'étude, près des deux tiers des patients ayant suivi le régime « jeûne » ont rapporté une amélioration de leurs symptômes, contre moins de la moitié dans le groupe témoin.

Une amélioration mesurable de l’inflammation

Au-delà des symptômes ressentis par les patients, les chercheurs ont observé des améliorations biologiques objectives. Les analyses ont montré, chez le groupe « jeûne » : 

  • une diminution significative de la calprotectine fécale, un marqueur clé de l'inflammation intestinale ; 
  • une réduction de certains médiateurs lipidiques et molécules produites par les cellules immunitaires.

Ces résultats sont particulièrement notables dans un domaine où les études nutritionnelles sont difficiles à mener, notamment en raison de l'effet placebo et de la fiabilité des déclarations des patients sur leur façon de s'alimenter. 

« Jusqu'à présent, les informations diététiques que nous pouvions fournir aux patients étaient très limitées, souligne Sinha. Cette étude apporte des éléments concrets pour étayer les recommandations médicales. »

Si ces résultats doivent encore être confirmés par des études de plus grande ampleur, ils suggèrent que certaines stratégies alimentaires pourraient devenir, à terme, un complément thérapeutique chez certains patients. Les chercheurs s'intéressent désormais aux mécanismes biologiques sous-jacents, notamment au rôle du microbiote intestinal, afin de mieux comprendre pourquoi certains patients répondent mieux que d'autres à ce type d'intervention.

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