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Les organismes communautaires livrent des services sociaux essentiels et le gouvernement provincial devrait les traiter comme des partenaires à part entière, selon le défenseur du Nouveau-Brunswick, Kelly Lamrock.
M. Lamrock illustre certaines lacunes à corriger à l’aide du cas de deux jeunes sans-abris âgés de 19 ans qui vivaient dans une tente. S’ils pouvaient rentrer chez eux, ils auraient eu un soutien familial et l'aide d’un organisme sans but lucratif. Il ne manquait que des billets d’autobus coûtant 5 $ pour faire ce déplacement d’environ une heure, selon M. Lamrock.
Le ministère du Développement social voulait aider ces jeunes, mais n'avait aucun programme soutenant l'achat de billets d’autobus. C’est donc l’organisme sans but lucratif qui a acheté les billets à même ses maigres fonds.
Nous avons proposé un moyen au gouvernement de permettre en fait aux communautés de former une coalition, de cerner les problèmes sociaux, de proposer des solutions, d’obtenir du financement et de rendre des comptes par des résultats concrets, explique Kelly Lamrock dans une entrevue accordée à CBC.
Il s’agit de la première recommandation de son rapport intitulé L’achat d’un billet, ce que le secteur communautaire peut faire pour optimiser, accélérer et humaniser davantage nos services, publié le 5 octobre.
Puisque les organismes sans but lucratif ont plus de souplesse, un genre d’entrepreneuriat social ne serait-il pas censé? Un organisme pourrait dire [...] "donnez-nous le financement, nous travaillerons directement auprès des familles, vous n’avez pas à déterminer si elles sont admissibles ni si vous avez un programme pour cela", estime Kelly Lamrock.
Partage du pouvoir, décentralisation et partenariat
Les notions de partage du pouvoir, de décentralisation de la prestation et de véritables partenariats sont au cœur des recommandations, peut-on lire dans le rapport.
Kelly Lamrock recommande au gouvernement de créer une structure unifiée pour renforcer sa collaboration avec les organismes communautaires, sous la supervision du Cabinet, et de soutenir la création d’une coalition des organismes.
Les organismes dirigeraient cette coalition chargée de les aider à soumissionner à des appels d’offres de contrats de service, à offrir de la formation à leur personnel de première ligne, ainsi qu’à établir et à mesurer des indicateurs de résultats. Elle conseillerait aussi les deux parties en matière de salaire et de conditions de travail des intervenants.
Martine Haché, directrice générale du Centre de bénévolat de la Péninsule acadienne, appuie ces principes.
Je pense qu’on a besoin, les organismes communautaires, de structures qui nous aident à faire le pont avec l’appareil gouvernemental, affirme Martine Haché, interviewée mercredi à l’émission La matinale.

La directrice générale du Centre de bénévolat de la Péninsule acadienne, Martine Haché. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mario Landry
Il faut toutefois faire en sorte que la structure soit très souple et tienne compte des spécificités régionales, ajoute-t-elle.
On n’a pas besoin de structures qui vont encore nous dire quoi faire, comment le faire. C’est d’aller chercher les expertises qu’ils utilisent déjà et maximiser ça. Maximiser des programmes qui ont mis des vingtaines d’années à se construire et qui sont adaptés aux réalités des régions, explique Mme Haché.
Le défenseur recommande également de créer une plateforme commune de communication des résultats et un cadre pour les contrats axés sur les résultats. Les contrats d’entrepreneuriat social devraient être centrés sur les problèmes sociaux cernés.
Enfin, il recommande un cadre de financement à long terme et un système d’apprentissage et d’évaluation continus.
Le gouvernement décidera des prochaines étapes
La ministre du Développement social, Cindy Miles, dit comprendre comment les organismes communautaires aident efficacement les gens.
Nous avons besoin de solides partenariats et de bonnes politiques pour aider les personnes qui prennent des décisions sur le terrain, sans leur compliquer la tâche, reconnaît Mme Miles dans une déclaration écrite.

Cindy Miles est ministre du Développement social et ministre responsable de la Société de l’inclusion économique et sociale au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Jacques Poitras
Nous sommes d’accord pour dire qu’il est important d’avoir des partenariats solides avec le secteur sans but lucratif, de se concentrer sur de meilleurs résultats et d’agir tôt pour prévenir les problèmes.
La ministre ajoute que son gouvernement étudie les recommandations du défenseur avant de passer aux prochaines étapes.


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