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C’est une tragédie dont on peine encore à réaliser l’ampleur. Après la dévastation entraînée par l’effondrement d’un pan de glacier au Népal, les scientifiques rappellent qu’à l’heure du dérèglement climatique, les glaciers devenus très vulnérables se font de plus en plus dangereux. Avec l’accélération de leur fonte partout dans le monde, c’est aussi l’accès à l’eau qui est menacé. Invité : Markus Stoffel, professeur à l’Université de Genève, directeur de la chaire dédiée à l’étude des risques naturels en montagne Présentation : Laurent Huguenin-Elie Au sommaire: 00:00 Glaciers, bombes à retardement 02:14 Au Népal, des villages entiers dévastés par la violence de la catastrophe 05:02 Markus Stoffel: "J'ai été choqué par la vitesse à laquelle cette masse de boue, de roches et d'eau s'est déplacée" 11:26 Les glaciers dans un écosystème fragilisé, au cœur des zones montagneuses 15:12 Markus Stoffel: "D'ici la fin du siècle, on n’aura quasiment plus de glaciers en Suisse" 19:47 Les stupas de glace, ces glaciers artificiels pour pallier la sécheresse en montagne 22:13 Markus Stoffel: "Le seul moyen pour que les pays commencent à réduire leurs émissions, c'est via les tribunaux" "C'est du jamais vu. J'ai été choqué par la taille de l'événement, par la vitesse à laquelle cette masse de boue, de roches et d'eau s'est déplacée, et j'ai été aussi choqué par la destruction." L'ampleur de la catastrophe qui a touché le Népal et le Tibet frappe les spécialistes, comme Markus Stoffel, directeur de la chaire dédiée à l’étude des risques naturels en montagne de l'Université de Genève, qui connait bien la région dans laquelle il a mené des études. Selon les premiers éléments de l’enquête, le 26 août, au Népal, un immense pan de roche et de glace se détache de la face nord du mont Langtang Lirung, et s'effondre dans une rivière 800 mètres plus bas. Des villes et villages sont presque ensevelis en quelques secondes. Le Népal cherche encore des victimes, qui se comptent déjà en milliers. Markus Stoffel relève que plusieurs phénomènes ont mené à cette catastrophe : "Il est impossible d'attribuer cet événement uniquement au dérèglement climatique. Mais à mon avis, le dérèglement climatique a clairement joué un rôle." La région Hindou Kouch et Himalaya s’étend sur huit pays et compte quelque 63’700 glaciers. Elle est considérée comme le château d’eau de l'Asie. Elle fournit de l’eau potable à près de 2 milliards de personnes en alimentant 10 grands fleuves, comme le Gange, l’Indus et le Mékong. Les glaciers de la zone fondent à un rythme accéléré. Les pertes de glace ont doublé depuis les années 2000. Le glacier de Yala pourrait être le premier glacier de l’Himalaya à disparaître d'ici 2040. Le réchauffement climatique fragilise depuis plusieurs décennies l’écosystème de la région, mais aussi celui d'autres zones montagneuses dans le monde. Selon l'ONU : "Sous l’effet du changement climatique, les risques de catastrophes naturelles spécifiques aux montagnes tels les crues soudaines et les coulées de débris, la vidange brutale de lacs glaciaires, les glissements de terrain et les avalanches, ainsi que les dangers qui en découlent pour les sociétés, augmenteront, provoquant des dommages et des perturbations affectant les personnes, les communautés et les infrastructures." - Systèmes d'alerte "A posteriori, en analysant les photos satellites, il était évident que cette masse instable n'existait pas seulement depuis le 26 août, mais que tout cet événement s'est préparé dans les semaines, dans les mois, même dans les années qui précédaient la catastrophe", souligne Markus Stoffel. Le géomorphologue insiste sur l'importance des moyens de détection: "La surface de cette chaîne de montagnes de l'Hindou Kouch-Karakoram-Himalaya (...) c'est à peu près 170 fois la taille des Alpes suisses. Donc en Suisse, on a la chance d'avoir un suivi systématique par images satellitaires. On a cette possibilité de vraiment suivre chaque versant, ce qui n'est pas le cas pour l'instant pour la région [de l'Hindou Kouch-Karakoram-Himalaya]". Markus Stoffel s'interroge aussi sur le fonctionnement des messages d'alerte au Népal : "Il y a effectivement eu des SMS qui ont été envoyés à la population, mais le message n'est pas forcément clair. Il disait : "Risque de crues. Prenez soin de vous." Pour la population, ce n'est pas évident de bien interpréter. (...) Et encore pire, elle n'a pas forcément beaucoup confiance dans le gouvernement." Le gouvernement actuel est arrivé au pouvoir après une révolte populaire, menée par la jeunesse du pays, il y a tout juste un an. Le territoire de ce pays, situé entre l'Inde et la Chine, est recouvert en grande partie de hautes et moyennes montagnes. Le site de Géopolitis : https://www.rts.ch/emissions/geopolitis/ #glaciers #nepal #climat
























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