Un nouveau-né est abandonné dans la rue des Camélias, devant la grille d’un des plus beaux jardins privés de Barcelone. Le prénom de l’enfant est tracé au crayon sur une feuille déchirée. Il est incomplet, comme si celui ou celle qui l’avait écrit n’avait pas eu le temps d’aller jusqu’au bout: «Cecília Ce». Le couple qui vit là, Jaume et Magdalena, recueille la petite fille. La nuit suivante, miraculeusement, un cactus qui a survécu au gel fleurit dans le jardin. Sa fleur rare et nocturne n’apparaît qu’une fois l’an. L’amour des jardins traverse toute l’œuvre de la Catalane Mercè Rodoreda.
L’enfant grandit, c’est elle la narratrice de ce roman envoûtant. Devenue adolescente, elle tombe amoureuse, s’enfuit, passe ses journées à attendre dans une habitation de fortune. Elle paraît naïve, parfois simple d’esprit ou folle. Au contraire, c’est une fine observatrice d’une société dont elle se sent à part. Sa vie semble s’écouler sans qu’elle exerce sa volonté. C’est presque en somnambule qu’elle erre dans Barcelone, à la façon de certains héros des romans de Simenon.


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