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Politique 18/10/2026 20:17 Actualisé le 18/10/2026 21:01
Le président de la République s’est adressé aux Français dimanche soir, au lendemain d’émeutes inédites dans le pays.
Par Vincent Gibert avec AFP
Sa prise de parole était très attendue ce dimanche 18 octobre, peu après 20 heures, au lendemain des violences et pillages massifs en marge des manifestations du 17 octobre.
« Hier, samedi 17 octobre, des factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes », a commencé Emmanuel Macron, dont l’allocution était diffusée sur TF1. « En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé : “qu’ont-ils dans la tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France” ? », a interrogé le président.
« Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte », a poursuivi le chef de l’État, appelant à ne pas « confondre » les « plusieurs centaines de milliers » de manifestants aux « revendications légitimes » avec « ceux qui ont détruit, cassé, pillé ». « Voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable », a-t-il déploré, assurant les commerçants et artisans touchés par les pillages de son « soutien ».
Emmanuel Macron a aussi demandé au gouvernement, et notamment « au ministre de l’Intérieur » Laurent Nuñez, de « tirer toutes les leçons » concernant la journée de samedi « en matière de renseignement et d’anticipation ». « J’attends des réponses claires et toute la transparence sera faite », a promis le président de la République, alors que l’exécutif est pointé du doigt après le saccage de nombreux commerces et bâtiments publics dans plusieurs grandes villes.
Près de 2 400 interpellations jusque-là
« Les préfets prendront les décisions en lien avec les maires pour protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces », a encore affirmé le président. Il a aussi appelé à ce que le « suivi judiciaire » soit « exemplaire ». « Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser (...) Nous serons intraitables », a-t-il martelé.
Emmanuel Macron a également appelé les « partis politiques », mais aussi les « organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté » les violences et a insisté sur la proximité de l’élection présidentielle, dans six mois exactement.
Aucune annonce concernant ces revendications (lutte contre la vie chère, défense des services publics...) n’a été faite à ce stade par le chef de l’État. Mais le Premier ministre réunira prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires au cours de plusieurs réunions, a-t-il annoncé.
Les violences autour des manifestations de samedi ont donné lieu à 2 397 interpellations, avec 997 policiers et gendarmes blessés dont 7 graves, selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur.
Le candidat des Républicains (LR) à l’Élysée Bruno Retailleau a demandé au président de décréter « l’état d’urgence », « sans délai ». Jean-Luc Mélenchon (LFI) l’a appelé à ne pas jouer « le pourrissement » et à répondre aux revendications des manifestants, car la jeunesse « a besoin qu’il y ait une bonne fin à cette séquence ».


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