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Le discours d'Emmanuel Macron n'a pas apporté de réponse concrète à la colère qui s'est exprimée le 17 octobre, par des manifestations et des violences. Réactions.
Sur le même thèmeEmmanuel MacronManifestations lycéennes
Par Emma Derome Publié le 18 oct. 2026 à 21h59 ; mis à jour le 18 oct. 2026 à 22h00
Emmanuel Macron a pris la parole, dimanche au lendemain des manifestations du 17 octobre qui ont rassemblé 550 000 à 800 000 personnes partout en France contre la vie chère et la baisse de budget dans l’éducation, et alors que des violences et pillages ont causé des millions d’euros de dégâts dans des commerces et bâtiments publics.
Mais le chef de l’État n’a rien annoncé de bien concret, comme nous l’avons relaté juste ici. Et les responsables politiques s’indignent de cette prise de parole formelle qui n’a pas véritablement fait avancer le débat, ni ne pourra dissuader les manifestants qui soutiennent les revendications des lycéens depuis des semaines, et qui ont mené une lutte pour un meilleur pouvoir d’achat, de remettre ça dès le 5 novembre.
La gauche et la droite se rejoignent pour critiquer le chef de l’État
Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, a critiqué ce discours d’Emmanuel Macron, jugeant « absolument irresponsable de prendre la parole » sans réponse concrète aux revendications du mouvement social.
C'est absolument irresponsable de prendre la parole ce soir pour ne rien dire.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, n’a pas semblé apprécier non plus, puisqu’il a qualifié de « lamentable » l’allocution du président de la République en réaction aux violences et pillages qui ont éclaté en marge des manifestations.
Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, s’est dit « très déçue » de voir que le président de la République « n’a pas eu un mot pour les deux manifestants qui ont été mutilés » ce samedi, en référence à un jeune qui a perdu une main à Saint-Étienne et une adolescente de 17 ans qui a perdu l’usage de son œil à Mulhouse.
La patronne des Écologistes a d’ailleurs jugé dimanche que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez n’avait « pas d’autre issue » que la « démission », l’accusant d’avoir été « incapable de prévoir un dispositif adéquat » pour prévenir les violences en marge des manifestations du 17 octobre. Ce dernier n’a pas fait de déclaration en ce sens dimanche soir.
Même son de cloche du côté du leader du Parti communiste, Fabien Roussel, qui a regretté le manque d’annonces du chef de l’État. « En 8 minutes 30, il aurait pu appeler au calme ET apporter des réponses aux jeunes, aux salariés, aux retraités, contre la vie chère. Mais rien », écrit le candidat à la présidentielle sur X.
Les syndicats aussi étrillent un discours sans annonce
Le patron de l’UDR et maire de Nice Éric Ciotti a également estimé sur BFMTV que le président de la République a « une énième fois, une fois de trop, parlé pour ne rien dire », balayant d’un revers de main la réunion des partis politiques qui sera réunie par le Premier ministre la semaine prochaine. « Il n’y aucune réponse à la hauteur de la gravité » du moment.
Tout ça, quelque part, est un peu indigne.
Le candidat des Républicains à l’Élysée, Bruno Retailleau, avait demandé à Emmanuel Macron de décréter « l’état d’urgence sans délai ». Il a donc lui aussi été déçu, même si le chef de l’État a évoqué la possibilité pour les préfets, en accord avec les maires, d’interdire certains rassemblements. Cela n’a pas suffi et il a jugé l’allocution « très inquiétante ».
Le Président de la République apparaît totalement dépassé, incapable d’opposer la force de l’Etat à la chienlit qui menace la République.
Les syndicats ont aussi dit leur inquiétude face à une situation jugée grave. Emmanuel Macron n’a « rien avancé de concret » pour l’Éducation, a déploré dimanche soir auprès de l’AFP la secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, selon laquelle « à ce stade de la crise lycéenne, et plus généralement démocratique, c’est irresponsable et dangereux ».
Avec AFP
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