Non reconnue officiellement comme une spécialité médicale par les autorités de santé, la médecine fonctionnelle fait pourtant assez souvent parler d’elle. En quoi cela consiste ? Pourquoi cette pratique n’est pas reconnue officiellement ?
Qu’est ce que la médecine fonctionnelle ?
Selon ses partisans, la médecine fonctionnelle cherche à soigner le corps en traitant les causes profondes d’une maladie, plutôt que de simplement masquer ses symptômes avec des médicaments. L’analogie suivante est souvent utilisée : la médecine conventionnelle agit souvent comme un pompier qui éteint le feu (symptômes), tandis que la médecine fonctionnelle tente de comprendre pourquoi le feu s’est déclaré. Sur le site Web de l’Institute for Functional Medicine (IFM) aux Etats-Unis, la médecine fonctionnelle se définit notamment par l’inclusion de thérapies ingératives. Ici, l’idée est de faire travailler ensemble la science médicale occidentale – les médicaments, la chirurgie etc. – et des thérapies complémentaires.
Cependant, la médecine fonctionnelle n’est pas reconnue officiellement comme une spécialité médicale par les autorités de santé, notamment en France où ni l’Ordre des médecins ni les universités ne délivrent de diplômes officiels dans cette discipline. Mais pourquoi ce manque de reconnaissance ?
Quelles thérapies complémentaires ?
La thérapie centrale de la médecine fonctionnelle concerne la nutrition thérapeutique et la micronutrition. Il peut être question de retirer temporairement certains aliments du quotidien, par exemple le gluten, les produits laitiers ou les produits contenant des glucides à chaîne courte (FODMAP). Il peut aussi s’agir d’ingérer des suppléments comme des acides aminés et acides gras oméga-3, voire des extraits de plantes comme la berbérine.
D’autres thérapies complémentaires entrent dans le cadre de la médecine fonctionnelle. Citons par exemple les thérapies corps-esprit comme l’hypnose médicale ou la méditation de pleine conscience, ainsi que les thérapies manuelles et physiques comme l’ostéopathie, la chiropraxie et autres massages thérapeutiques. Citons aussi le recours à la médecine environnementale et à la détoxication, par exemple via des protocoles de soutien hépatique et des coachings.
Ces différentes thérapies ont des objectifs multiples, à savoir relancer des fonctions cellulaires ou mitochondriales, calmer une inflammation intestinale, stimuler l’immunité, réduire le cortisol (hormone du stress) ou bien réguler la glycémie. Il peut également s’agir de réguler le système nerveux autonome, calmer les douleurs digestives liées au syndrome de l’intestin irritable ou encore, restaurer la mobilité des tissus et optimiser la circulation des fluides.
Source: DR
Que reproche t-on à cette discipline ?
L’Institute for Functional Medicine (IFM) propose un programme de certification impliquant plus d’une centaine d’heures de formation médicale continue. Cependant, il faut savoir que celle-ci se décline en deux versions : médical et professionnelle – sans prescription de médicaments. La première peut donc concerner les médecins, les infirmiers, les dentistes et les pharmaciens, tandis que la seconde s’adresse plutôt aux psychologues, aux nutritionnistes (et diététiciens), aux kinésithérapeutes (et ostéopathes) et autres naturopathes.
La médecine conventionnelle repose sur la méthode scientifique dite Evidence-Based Medicine, c’est à dire fondée sur des preuves. Or, la médecine fonctionnelle manque cruellement d’essais randomisés contrôlés permettant de valider l’efficacité globale de ses protocoles. Il est également question d’un risque de sur-diagnostic et de sur-traitement – notamment via l’utilisation massive de tests biologiques non validés académiquement – pouvant conduire à des faux positifs et donc, à la surconsommation de compléments alimentaires.
Enfin, l’IFM et ses formations privées non diplômantes permet à différents professionnels de se revendiquer praticiens en médecine fonctionnelle. Or, ceci relève totalement du flou réglementaire, exposant potentiellement les patients à des dérives financières ou à des conseils contraires à la science.


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