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La MRC de Rimouski-Neigette réfléchit à l'avenir de son service de transport collectif rural, alors que le manque à gagner pour le maintenir est de 50 000 dollars.
La préfète de Rimouski-Neigette, Julie Thériault, affirme que le service de transport collectif n'est plus viable dans sa formule actuelle.
Elle affirme que les sommes offertes par le gouvernement du Québec sont insuffisantes pour pallier l'augmentation des coûts du service.
Selon Julie Thériault, le Programme d'aide au développement du transport collectif n'a pas suivi l'augmentation réelle du nombre de déplacements et n'a pas été indexé. Des élus du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont, d'ailleurs déploré, en janvier dernier, des compressions de 200 millions de dollars dans ce programme.

La préfète de la MRC de Rimouski-Neigette et mairesse de Saint-Marcellin, Julie Thériault, aimerait sentir plus de soutien de la part de Québec pour maintenir les services de transport collectif en région.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
La MRC de Rimouski-Neigette analyse donc ses options pour maintenir son service de transport collectif. Elle sonde les usagers du service pour obtenir leurs commentaires et tenter de trouver des solutions.
Dès janvier, on a avisé nos utilisateurs des enjeux financiers que le système de transport collectif avait, affirme Julie Thériault.
On a convoqué nos utilisateurs. On a exprimé nos inquiétudes, on leur a fait part de la situation en toute transparence.
La préfère déplore un manque de soutien de la part de Québec, malgré des demandes d'aide répétées, selon elle.
De ne pas avoir cette écoute-là ou même un accusé réception de demandes qu'on peut faire, c'est très préoccupant, avance Julie Thériault.
Elle souligne aussi l'incohérence, selon elle, entre les demandes aux MRC de la part du gouvernement de contribuer à atténuer les émissions de gaz à effet de serre et de préparer des plans climat, alors que le soutien monétaire offert pour le transport collectif reste insuffisant.

La MRC de Rimouski-Neigette a choisi de cesser de contribuer financièrement au service inter-MRC offert par le TAC de La Mitis entre Mont-Joli et Rimouski. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Devant ce constat, les élus de la MRC ont donc fait le choix, question de dégager une marge budgétaire, de cesser de financer le transport inter-MRC offert par le TAC de La Mitis, qui permet aux usagers de voyager quotidiennement entre Mont-Joli et Rimouski.
Rimouski-Neigette payait une partie de la facture et la MRC de La Mitis en assumait le reste. La Mitis défraye donc, pour le moment, l'ensemble des coûts pour le maintien du service.
De l'espoir venu d'Ottawa?
Pour le moment, aucune décision n'a encore été prise sur l'avenir du transport collectif rural dans Rimouski-Neigette. Selon la préfète, les élus attendent de voir si Québec répondra à leur cri du cœur et si une partie des six milliards de dollars obtenus de la part d'Ottawa mardi pour le transport en commun percolera jusqu'en région.
Une bonne partie de ces sommes doit servir au projet de tramway à Québec et au prolongement de la ligne bleue du métro à Montréal.
D'autres élus joignent leurs voix à celle de la préfète de Rimouski-Neigette pour presser le gouvernement d'agir.

Le président de la Table régionale des élus du Bas-Saint-Laurent, Bruno Paradis, lance un cri du coeur pour que Québec réinvestisse dans le transport collectif rural.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Le président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL) et préfet de la MRC de La Mitis, Bruno Paradis, joint sa voix à celle de la préfète de Rimouski-Neigette pour demander plus de soutien à Québec.
Il rappelle que les élus de la région demandent un peu plus de cinq millions de dollars par année pour mettre sur pied un service de transport inter-MRC. Québec refuse jusqu'à maintenant d'autoriser la région à imposer une taxe sur l'essence pour financer la création de ce service.
Quand c'est le temps de trouver de l'argent pour un tramway, un métro, de projets dont les chiffres sont de plusieurs milliards, il n'y a aucun problème. Puis, quand c'est le temps d'avoir 5,2 millions par année pour doter le Bas-Saint-Laurent d'un transport collectif inter-MRC, bien là, malheureusement, à ce moment-là, on nous parle de budget serré, déplore-t-il.
Le président de la TREMBSL souligne que les services de transport collectif ruraux sont essentiels pour des citoyens qui habitent à l'extérieur des grands centres et qui doivent se rendre en ville pour le travail ou des rendez-vous médicaux, par exemple.
Le cabinet du ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette, n'a pas répondu à notre demande de réaction.


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