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La porte-parole de Québec solidaire (QS) Ruba Ghazal demande aux chefs des quatre partis politiques de la province d’exiger d’une seule voix qu’Ottawa régularise le statut d’une immigrante de la région de la circonscription de Mégantic-L’Érable-Lotbinière.
Cette immigrante, que nous appellerons Fatima pour protéger son identité pour des raisons de sécurité, est bloquée dans une maison d’hébergement depuis deux ans.
Ayant perdu son permis de travail, elle ne peut occuper un emploi légalement pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille. Toutes ses demandes à Ottawa ont été jusqu’ici rejetées pour des raisons administratives.
Elle avait expliqué à Radio-Canada la semaine dernière qu’elle a été incapable de renouveler son permis de travail puisqu’il était lié à celui de son ex-mari, qui aurait posé des gestes de violence.
Elle a fui son domicile avec l’aide de la police pour se réfugier avec sa fille dans une maison d’hébergement, puis a obtenu le divorce.
C’est inhumain
Je trouve que c’est une aberration, s’exclame la porte-parole de QS Ruba Ghazal en entrevue à Radio-Canada.
Elle se dit profondément touchée par le cas de Fatima. C’est inhumain. D’un côté, on invite les femmes à sortir de chez elles quand c’est dangereux et, de l’autre, quand il y en a une qui le fait, c’est elle qui est pénalisée [NDLR : perte du permis de travail], souligne-t-elle.
C’est venu vraiment me chercher. Je trouve que c’est une aberration.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a expliqué à Radio-Canada que le permis de séjour temporaire pour victime de violence familiale peut être offert si la personne répond à certains critères, dont être actuellement en relation avec l’époux ou le conjoint de fait. Fatima ne répond pas à ce critère, car elle a quitté son mari.
Un critère discutable, selon Mme Gazal. C’est d’une aberration sans nom. D’un côté, on a des féminicides, on veut les prévenir, puis on dit aux femmes de quitter leur milieu violent et de l’autre côté, on a le gouvernement fédéral qui dit qu’il faut qu’elle soit encore avec son bourreau, son conjoint violent, pour qu’on puisse l’aider.

Fatima, nom fictif, a fui son domicile avec l’aide de la police pour se réfugier avec sa fille dans une maison d’hébergement. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Alvaro Medina Jurado
Je demande à tous les partis de s’unir
Dans un contexte où il y a eu un treizième féminicide cette année au Québec, la porte-parole de QS demande aux chefs des autres partis de faire front commun pour faire pression sur Ottawa.
Avec la campagne électorale qui s’en vient, j’ai espoir que mes collègues des autres partis politiques vont vouloir aussi se joindre à moi, puis répondre à l’appel pour sauver cette dame parce qu’elle est toujours à risque. Une manière d’avoir plus de poids sur le fédéral.
Elle estime que les formations politiques ont su laisser la partisanerie de côté par le passé pour s’attaquer aux féminicides. On a fait de bonnes choses ensemble pour protéger les femmes contre les féminicides de façon non partisane.
Mme Ghazal souhaiterait que la ministre fédérale de l’Immigration se prévale de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser le statut de Fatima.


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