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Des apprentis mis à profit pour la restauration de l’église Saint-Jean-Baptiste

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La Ville de Québec va confier une partie de la restauration de l'église Saint-Jean-Baptiste à des étudiants de la Maison des métiers d'art. Le partenariat, qui servira de projet pilote, pourrait faire école et mener à de nouvelles stratégies de protection du patrimoine bâti.

Un contat de gré à gré d'une valeur de 172 000 $ a été confirmé la semaine dernière par le comité exécutif.

Une dizaine de candidats en ébénisterie auront le mandat de restaurer 10 oculi (ouvertures rondes) du bâtiment classé par le gouvernement du Québec. Ils font partie des éléments architecturaux distinctifs du monument protégé depuis 1991.

Ce projet vise à valoriser la formation des artisans en ébénisterie patrimoniale dans le cadre de la requalification de ce bâtiment classé, indique le sommaire décisionnel adopté le 19 août.

Le recrutement du personnel de formation et des candidats s'amorcera au cours des prochains mois, alors que la réalisation des travaux est prévue dès juin 2027.

L'église Saint-Jean-Baptiste.

L'église Saint-Jean-Baptiste (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

On est excités

Le directeur général de la Maison des métiers d'art, Thierry Laplante-Dubé, est heureux de la confiance témoignée par la Ville de Québec. On est choyés que la Ville nous ait approchés, se réjouit-il au bout du fil. On est excités!

Le chantier-école est une formule unique qui n'est pas très présente au Québec, explique-t-il. Beaucoup d'apprentis doivent ainsi s'exiler en Ontario ou en Europe pour se spécialiser en restauration patrimoniale. D'autant que l'attestation d'études collégiales dans le domaine est sur pause, faute de financement.

Selon M. Plante-Dubé, ce contrat permettra de revigorer le recrutement en ébénisterie puisqu'il offre un projet concret à réaliser, a fortiori sur un bâtiment classé. C'est un excellent terrain de jeu pour recruter, valoriser nos artisans et nos métiers d’art.

Il rappelle que l'église Saint-Jean-Baptiste est remplie d'artefacts créés par des artisans locaux de l'époque. Il s'agit en quelque sorte d'un hommage et d'une mise en valeur de ces artisans-là.

L'intérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste de Québec.

L'église Saint-Jean-Baptiste est fermée depuis 2015 et a été désacralisée lors de son acquisition par la Ville de Québec en novembre 2024. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Une première prometteuse?

Outre la Ville et la Maison des métiers d'art, l'Institut québécois d'ébénisterie est aussi impliqué dans le projet.

Si tout se passe bien, le projet pilote pourrait n'être que la première étape d'une série de restaurations d'artefacts. Il pourrait donc y avoir une suite. Il y a beaucoup de pièces d’ébénisterie, des pièces de céramique, des décors peints, bref, une foule de métiers d’art et techniques de métiers d’art utilisés, s'enthousiasme Thierry Laplante-Dubé.

Ça se pourrait que ça fasse école et qu’on puisse reproduire le modèle avec d’autres églises ou bâtiments patrimoniaux, développer un créneau plus soutenu en spécialisation en restauration patrimoniale.

La conseillère municipale responsable du patrimoine, Mélissa Coulombe-Leduc, salue également l'initiative de son administration. On innove, affirme l'élue du district du Cap-aux-Diamants. Il y a peu d'opportunités de formation. On vient contribuer de manière significative à la transmission des savoirs.

Mme Coulombe-Leduc y voit une stratégie gagnante pour tout le monde. Elle souligne que les artisans seront rémunérés tout au long de la réalisation du projet. La Ville pourra également réaliser des économies en faisant appel à des apprentis plutôt qu'à des firmes spécialisées.

La Ville estime que les travaux pour les oculi coûteront 10 % moins cher qu'en ayant recours au privé.

Une femme discute à la caméra par temps gris.

Mélissa Coulombe-Leduc s'est engagée à donner une nouvelle vocation à l'église Saint-Jean-Baptiste. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Pas pour sauver l'église

Mélissa Coulombe-Leduc convient que cette entente ne va pas sauver l'église, qui a besoin de plus de 35 millions $ en travaux de restauration au cours des 15 prochaines années. La maçonnerie, les portes et les fenêtres, notamment, auront besoin d'être refaits.

La Ville de Québec maintient son intention de rouvrir l'église à la population.

L'objectif premier est de redonner les espaces à la communauté. On est toujours sur cet objectif-là, dit-elle, rappelant que le sous-sol sera plus facile à convertir que les espaces supérieurs, notamment en raison de la protection patrimoniale.

Des annonces, dit-on, auront lieu cet automne.

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