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Pour la première fois depuis que le projet de Marinvest Energy a été révélé, des citoyens se sont rassemblés pour s’y opposer. La mobilisation du 16 août au parc des Pionniers de Baie-Comeau marque une nouvelle étape dans ce dossier encore peu détaillé publiquement.
« On demande de la transparence. On est tannées de ne pas avoir accès à l’information », lance Marie-Philippe Bérubé, coordonnatrice de Mères au front Baie-Comeau, à l’origine du rassemblement.
Marinvest Energy envisage un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) à Baie-Comeau, alimenté par un nouveau gazoduc de plus de 1 000 kilomètres qui traverserait une partie du Québec et des territoires traditionnels autochtones. Le projet n’a toujours pas été officiellement déposé.
Depuis 2025, des démarches du promoteur auprès des gouvernements ont été documentées, notamment grâce à des demandes d’accès à l’information. Les organisatrices estiment néanmoins que le projet demeure largement méconnu.
« Les gens sont surpris. Ils ne savent pas ce que c’est », constate Marie Lavoie, aussi de Mères au front Baie-Comeau.
L’écrivaine et poète innue Natasha Kanapé Fontaine, originaire de Pessamit, a insisté sur l’importance de se mobiliser avant que le projet ne soit davantage avancé. Ayant déjà participé à la mobilisation contre Énergie Est et suivi plusieurs luttes autochtones entourant des pipelines ailleurs en Amérique du Nord, elle a ramené le débat à la relation avec le Nitassinan.
« Nos identités sont construites avec ce territoire-là », a-t-elle lancé. « C’est important qu’on commence la mobilisation dès maintenant. »
Le précédent de GNL Québec
Ashley Torres, de Mères au front à l’échelle québécoise, et Louis Couillard, de Greenpeace, ont pour leur part établi un parallèle avec GNL Québec, qui avait suscité une importante mobilisation au Saguenay avant d’être rejeté par les gouvernements.
Mme Torres affirme avoir multiplié les demandes d’accès à l’information après avoir découvert les activités de Marinvest au registre des lobbyistes. « On refuse de rejouer dans le même film », a-t-elle déclaré.
Pour Louis Couillard, la journée marque surtout un tournant. « C’est la première mobilisation sur le dossier. »
Le Bloc réitère son opposition
Présente au rassemblement, la députée bloquiste de Côte-Nord-Kawawachikamach-Nitassinan, Marilène Gill, a rappelé son opposition au projet et dénoncé le peu d’information disponible. Son collègue Patrick Bonin, député de Repentigny et porte-parole en matière d’Environnement et de Changements climatiques, était également sur place.
« Nous, on s’est positionnés il y a une année contre le projet », a rappelé Mme Gill.
Le député provincial de René-Lévesque, Yves Montigny, et le maire de Baie-Comeau, Michel Desbiens, tous deux invités, étaient absents. Aucun représentant du Port de Baie-Comeau n’était également présent.
« Pas là juste pour dire non »
Shawn Bourdages, de la Table régionale des organismes communautaires de la Côte-Nord (TROC), a pour sa part abordé le modèle de développement régional. « Oui, on est une région industrielle. Oui, la Côte-Nord peut jouer un rôle dans la transition, mais le GNL ne fait absolument pas partie de la solution », a-t-il soutenu.
L’organisation Mères au front affirme néanmoins ne pas vouloir opposer environnement et développement économique.
« Les gens qui veulent de l’emploi, ils ont raison. Ça en prend de l’emploi. Les gens qui s’inquiètent pour l’environnement, ils ont raison aussi », résume Marie Lavoie.
« On n’est pas là juste pour dire non. On ne manque pas de projets d’avenir, mais on a juste besoin de choisir les bons », ont conclu les organisatrices.
Anne-Sophie Paquet-T.
Active dans les médias depuis 12 ans, Anne-Sophie Paquet-T a œuvré à la radio et à la télévision comme animatrice, chroniqueuse et reporter terrain. Journaliste... Lire la suite


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