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Dans une interview aux Échos, le candidat à l’Élysée érige l’équilibre du système des retraites en «mère de toutes les batailles».
Passer la publicité Passer la publicitéCe n’est pas encore le programme «massif» tant promis, mais quelques premières orientations économiques. À commencer par les retraites. Dans un entretien aux Échos publié ce mardi soir Édouard Philippe, candidat à la présidentielle, fait du retour à «l’équilibre» du système la «mère de toutes les batailles». Sans reprendre explicitement sa proposition passée de porter l’âge légal de départ à 67 ans, en raison de son refus de tout «chiffre totémique», l’ancien premier ministre préfère désormais «une logique d’effort juste prenant en compte la réalité du travail individuel» et réaffirme qu’il faudra «travailler plus longtemps». «Non pas uniquement pour combler un déficit, mais pour financer nos services publics, notre école, notre sécurité», justifie-t-il.
Et d’étriller les propositions de ses adversaires : «Ceux qui expliquent qu’on peut revenir à 62 ou 60 ans mentent. D’autres disent qu’on peut supprimer l’âge légal, mais la vérité, c’est qu’aucun autre pays doté d’un système par répartition ne fait ça». S’agissant du projet d’une plus forte capitalisation des retraites, le Normand plaide pour une montée en puissance progressive. «Si on arrive à faire en sorte qu’elle représente 10% à 15% des pensions versées dans quinze ans, on aura rendu un fier service au financement de l’économie française. Mais cela n’évitera pas le fait de devoir travailler plus longtemps», poursuit-il. De quoi permettre à la France de redevenir «influente» en Europe, selon lui, en faisant montre d’«avancées chez elle».
Une ligne de fermeté budgétaire qu’Édouard Philippe assume, rejetant dans le même temps le procès en austérité que lui intentent ses détracteurs, lesquels l’accusent de promettre aux Français le «sang et les larmes», selon la formule passée à la postérité de l’ex-premier ministre britannique Winston Churchill, en 1940. «Il parle du sang et des larmes quand son pays est dans une guerre existentielle», réplique le maire du Havre (Seine-Maritime).
«Rattraper le temps perdu»
«Il faut arrêter de jouer à se faire peur», insiste le patron d’Horizons. «La France est confrontée à une difficulté budgétaire que tous les autres pays européens ont réussi à régler, sans sang et sans larmes.» À ses yeux, il faut désormais «rattraper le temps perdu». «Après le Covid, nous n’avons pas poursuivi la politique vertueuse qui combinait baisses d’impôts et réduction du déficit que j’avais menée à Matignon de 2017 à 2020, assure-t-il auprès du quotidien économique. Nous avons cessé de réformer après 2024. Je ne propose pas de refaire 2017. Je propose de reprendre ce qui a marché, de reconnaître ce qui n’a pas fonctionné et d’aller beaucoup plus loin dans la transformation de l’État.»
Parmi les pistes esquissées par l’ancien juppéiste figurent des «efforts assez importants» pour ramener le déficit public à 2% d’ici à la fin du prochain quinquennat, en 2032, contre près de 5% aujourd’hui, ainsi qu’une règle d’or budgétaire étendue au budget de la Sécurité sociale. Dans cette optique, le maire du Havre cible notamment la relation avec Berlin, aujourd’hui marquée, selon lui, par une «divergence (qui) devient dangereuse». Une «discussion sérieuse» s’impose désormais, estime-t-il, mais la France ne pourra l’aborder sur un «meilleur pied» faute d’avoir remis de l’ordre dans ses finances publiques.


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