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Près de Rouen : le fuyard blesse un père et son fils de trois ans pour échapper à un contrôle de police

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En juillet 2026, un conducteur a blessé un homme et son fils en essayant de fuir un contrôle de police. Le mercredi 19 août 2026, il répondait de ses actes devant la justice.

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Police nationale Elbeuf illustration

Le mercredi 19 août 2026, le tribunal jugeait un homme qui a blessé un père et son fils en faisant tout pour échapper à la police. ©Illustration / Aurélien Delavaud

Par Aurélien Delavaud Publié le 19 août 2026 à 22h03

Devant la barre du tribunal de Rouen, il prend un air contrit et ne cherche pas à atténuer sa responsabilité. Le procureur lui-même en convient : la cour n’a pas affaire à un grand bandit. « Mais ce jour-là, vous avez eu un comportement de voyou, lance-t-il au prévenu. Vous avez eu de la chance, car les conséquences auraient pu être bien plus dramatiques ! » Le mercredi 19 août 2026, ce n’est pas un simple accident de voiture provoqué à Freneuse (Seine-Maritime) qui amène Jean* devant la justice. C’est son comportement irresponsable pour éviter à tout prix un contrôle de police, qui s’est terminé avec les blessures d’un homme et son fils de trois ans.

Course-poursuite de cinq kilomètres

Les faits remontent au vendredi 17 juillet 2026. Ce matin-là, une patrouille de police croise une voiture dans la rue des Martyrs, à Elbeuf. Selon les observations des policiers, le conducteur ne porte pas sa ceinture et « il a les yeux brillants ». Tout de suite, ils allument leur sirène pour le contrôler. Mais le conducteur n’est pas décidé à coopérer.

Rapidement, il prend la fuite en direction de l’autre rive de la Seine. Sur le pont Jaurès, il franchit la ligne blanche, roule à contresens et à vive allure. Puis il prend la direction de Freneuse. C’est dans ce village, après environ cinq kilomètres de course-poursuite, qu’il percute une voiture. Il est interpellé alors qu’il essaye de prendre la fuite à pied.

Un père et son fils blessés

Tout de suite, les policiers notent que le jeune homme présente des signes d’ivresse, une plaie au front et il se plaint de douleurs au genou.

Dans l’autre véhicule, un homme de 31 ans partait déposer son fils de trois ans au centre de loisirs avant d’aller travailler. Le petit garçon se plaint de douleurs à la tête et au cou. Le père, lui, de douleurs au dos. Ils reçoivent respectivement trois et sept jours d’Incapacité totale de travail (ITT).

En parallèle, la police poursuit ses recherches. Le responsable de l’accident est contrôlé avec 0,35 mg d’alcool par litre d’air expiré, mais il est négatif au dépistage de stupéfiant. En revanche, des ballons, des cartouches de protoxyde d’azote et une bouteille de vodka sont retrouvés dans le véhicule. En plus, le conducteur n’a pas le permis.

« J’ai paniqué »

Devant le tribunal, Jean reconnaît les faits. « J’ai paniqué, je voulais m’échapper », dit-il quand on l’interroge sur les raisons de sa fuite. Âgé de 27 ans et sans emploi dans l’attente de « l’ouverture d’un snack », c’est la première fois qu’il est confronté à l’institution judiciaire.

Pas suffisant toutefois pour l’avocate des victimes, qui demande un renvoi dans une seconde audience pour évaluer le préjudice subi : « Mon client se rendait sur son lieu de travail et ce n’est pas normal qu’il soit confronté à un tel danger. Il y a un préjudice matériel qui va être chiffré, mais aussi un préjudice psychologique qui va devoir être évalué. »

Une peine de prison avec sursis

À ces préjudices évidents, le procureur associe aussi « la frayeur de tous les autres qui ont eu à croiser la route de monsieur ce jour-là ». Pour ces « troubles à l’ordre public » et parce qu’il y a « nécessité de prise de conscience », le magistrat réclame une peine de 12 mois de prison avec sursis.

Finalement, le tribunal reconnaît Jean coupable des faits qui lui sont reprochés et le condamne à une peine de 10 mois de prison avec sursis, l’oblige à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière à ses frais et lui interdit de passer le permis de conduire pendant trois mois. S’il le souhaite, il a 10 jours pour faire appel de cette décision.

Le préjudice et l’éventuelle somme à verser aux victimes, eux, seront abordés lors d’une autre audience en mai 2027.

*Le prénom a été modifié

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