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En 2024, nous avons vécu le pire : pour la première fois, la température moyenne mondiale a dépassé 1,5 °C au-dessus de la référence préindustrielle - 1,55 °C selon l'Organisation météorologique mondiale et même 1,60 °C selon le service européen Copernicus.
Et ce qui n'était encore qu'un record exceptionnel pourrait bientôt devenir la norme.
???? 2024 : l'année où l'humanité a franchi pour la 1ère fois +1,5°C de réchauffement global.
Ce dépassement ponctuel ne rompt pas l'Accord de Paris, mais à +0,2°C par décennie, franchir durablement ce seuil dès les années 2030 devient quasi inévitable.
➡️L'Europe s'est déjà… pic.twitter.com/5tfQiywwU3
Après 2024, pourquoi 2028 pourrait marquer un tournant climatique
Il y a quelques semaines, un rapport du programme pour l’environnement des Nations unies (Unep) l'annonçait. « Au vu des politiques actuelles et des trajectoires à court terme, le franchissement de ce seuil de +1,5 °C est désormais largement considéré comme inévitable », au moins temporairement.
Le saviez-vous ?
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) définit le « moment du franchissement » d’un niveau de réchauffement comme le point médian de la première période de 20 ans durant laquelle la température moyenne mondiale à la surface atteint ce niveau par rapport à la référence préindustrielle (1850–1900).
Selon une nouvelle étude publiée par une équipe de l'université du Kansas, aux États-Unis, dans la revue npj Climate and Atmospheric science, notre monde pourrait même dépasser ce seuil de réchauffement vers 2028 - entre 2026 et 2031 avec une probabilité de 95 %. « C'est près de dix ans plus tôt que le prévoyaient les estimations précédentes. »
Alors que s'est-il passé ?
“Here we analyze the latest observational temperature records through 2025 and identify a statistically significant doubling of the global warming rate during 2011–2025 (0.40 °C per decade) compared to 1971–2025 (0.20 °C per decade). Extrapolating this accelerated rate projects a… pic.twitter.com/j8VYivZUgM
— Jeff Berardelli (@WeatherProf) October 12, 2026Pourquoi le réchauffement climatique s’accélère-t-il ?
Le 2026 state of the climate report, publié hier dans la revue BioScience, livre un indice précieux : le rythme du réchauffement climatique semble s'être accéléré. Il n'était que d'environ 0,05 °C par décennie entre 1880 et 1970. Selon les relevés de température analysés par les chercheurs de l'université du Kansas, ce taux a atteint les 0,20 °C par décennie sur la période 1970-2025.
Sept indicateurs climatiques sur seize atteignent des niveaux records. Et les scientifiques redoutent désormais des réactions en chaîne capables de bouleverser durablement la planète. Le plus inquiétant ? Certains seuils critiques pourraient être plus proches qu’on ne le pense.... Lire la suite
La différence est spectaculaire.
Elle devient inquiétante lorsque l'on sait que l'étude conclut même à un taux de réchauffement climatique entre 2011 et 2025 de 0,40 °C par décennie. Et c'est l'extrapolation à partir de ce dernier taux qui conduit les chercheurs à projeter un franchissement de seuil dès 2028. Dans son 6e rapport publié en 2023, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) situait encore le « moment du franchissement » du seuil de 1,5 °C au début des années 2030.
GLOBAL WARMING IS ACCELERATING FAST- RECENT DOUBLING
Qinjian, October 2026
Rate is unprecedented in 10's of millions of years (E. Judd, Sept. 2024)
Canada, Europe, Russia and China warming fastest.
This is insane biocidal fossil fuel heating. https://t.co/3yiseG0voI… pic.twitter.com/XjAC0yFYla
Moins de pollution, plus de réchauffement : le paradoxe des aérosols
Ça ne dit toujours pas ce qui s'est passé.
Pour l'équipe de l'université du Kansas, les mesures de lutte contre la pollution atmosphérique pourraient contribuer à cette accélération observée du réchauffement.
Nos émissions de gaz à effet de serre font grimper les températures. Mais un autre phénomène se joue dans notre atmosphère et vient contrecarrer une partie du réchauffement. Jusqu’à quand, encore ?... Lire la suite
Vous en avez sûrement entendu parler. Depuis 2010, à la suite de l'entrée en vigueur de réglementations plus strictes, les émissions d'aérosols ont nettement diminué. Or ces aérosols, néfastes pour notre santé notamment, avaient un bon côté. Ils exerçaient jusqu'alors une influence rafraîchissante sur notre atmosphère. Avec la baisse des aérosols dans l'atmosphère, il n'y a plus rien pour contenir le réchauffement.
Le pire - d'un point de vue climatique -, c'est que la tendance semble vouloir se poursuivre. Avec le lancement du Programme national pour un air pur de l'Inde, la pollution atmosphérique devrait continuer à diminuer au moins sur une décennie supplémentaire. Et comme les concentrations en gaz à effet de serre ne sont pas appelées à baisser avant 2050, le rythme du réchauffement observé devrait se maintenir à celui qu'il est aujourd'hui. Voire, augmenter encore...
La période 2011-2025 se caractérise par un réchauffement nettement + marqué sur de vastes zones des latitudes moyennes de l'hémisphère Nord (Asie de l'Est, Pacifique Nord, Eurasie) et des hautes latitudes de l'hémisphère Sud (régions allant de l'Atlantique Sud à l'Antarctique) https://t.co/itkzBUMXr2 pic.twitter.com/yDiUGz1r47
— Mystere Météo (@MystereMeteo) October 12, 20261,5 °C franchi : les risques des points de non-retour
Rappelons que dépasser le seuil des 1,5 °C fixé par l'Accord de Paris pourrait accroître la probabilité d'atteindre des « éléments de bascule » critiques, des points de non-retour.
Ce que nous perdrons en passant de +1,5 °C à +2 °C dépasse tout ce que vous imaginez
L'Accord de Paris tente de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Et non sans raison. Les conditions de vie sur Terre vont considérablement se dégrader si les hausses des températures ne sont pas contenues.... Lire la suite
En d'autres mots, ces moments où une composante du système Terre, déstabilisée, déclenche des bouleversements potentiellement irréversibles, du moins à l'échelle humaine. Des signes avant-coureurs du phénomène sont déjà rapportés par les chercheurs du côté de la calotte glaciaire du Groenland, de la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique (Amoc), de la forêt amazonienne, des récifs coralliens tropicaux ou du pergélisol boréal.
L’été 2026 vient d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire climatique de la France. Mais ce record n’est que le début de l’histoire : les tout derniers scénarios climatiques mondiaux dessinent déjà nos étés de 2050 et 2100.... Lire la suite
Franchir 1,5 °C ne signifiera pas que « tout est perdu ». Un retour en arrière restera possible. Mais chaque dixième de degré gagné comptera. Et plus le dépassement s'annonce tôt, plus il devient urgent d'accélérer la réduction des émissions et de préparer les territoires, les écosystèmes et les sociétés à un climat déjà transformé.


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