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Pourquoi les footballeurs simulent-ils autant? Un neurochirurgien a une explication

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Richard Menger est neurochirurgien à l'université d'Alabama (États-Unis) et surtout… un véritable fan de football. Depuis le 11 juin, il suit avec attention la 23e Coupe du monde de football, organisée au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Un détail, qui prend de plus en plus de place, le fait pourtant tiquer: les blessures imaginaires que certains joueurs se plaisent à mimer, comme s'ils auditionnaient pour une superproduction hollywoodienne.

Dans une tribune publiée par Forbes, il s'interroge sur les raisons qui amènent ces sportifs d'élite à simuler, malgré le risque d'un carton jaune ou d'un coup franc accordé à l'équipe adverse. Alors que les seizièmes de finale ont débuté, la technique, la stratégie et les qualités athlétiques des joueurs impressionnent… du moins jusqu'à ce que l'un d'eux s'écroule sans raison apparente. «C'est un élément récurrent qui vient gâcher le spectacle: l'épidémie de simulations de blessures», écrit le scientifique.

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Une étude réalisée en 2014 auprès de supporters a montré que la simulation les exaspère particulièrement. 83% d'entre eux l'érigent même au rang de source majeure d'agacement. Au foot, des hommes parmi les athlètes les mieux rémunérés –et parfois des femmes, dont les salaires restent bien inférieurs– s'effondrent dans une agonie théâtrale après un contact minime, voire inexistant.

Ils se tiennent la jambe, le visage tordu de douleur, déclenchant l'intervention précipitée du personnel médical. Quelques secondes plus tard, ils se relèvent, prêts à sprinter vers le but adverse. «Ce ne sont pas des blessures. C'est de l'art de la performance, de la tricherie déguisée en compétition», assène Richard Menger.

Faire fi des règles du jeu

La simulation est pourtant interdite par les règles établies par la FIFA. En théorie, elle est sanctionnée d'un carton jaune, ce qui ne semble pas freiner la majorité des sportifs. En 2010, une étude a révélé que seulement 7% des «blessures» qui ont lieu lors de matchs masculins étaient réelles. Les joueurs savent parfaitement que le jeu s'arrête dès que l'un d'eux semble souffrir. Une chute bien placée peut faire basculer un match, dans un sport aux scores serrés. Exit donc la peur du carton ou du coup franc, l'arrêt de jeu en vaut la chandelle.

«Ce n'est pas une mise en scène anodine, soutient le neurochirurgien. Cela fait perdre du temps à l'arbitre, perturbe le déroulement du match et, ce qui est le plus frustrant du point de vue d'un médecin, sape la crédibilité lorsque de véritables blessures surviennent.» Une question persiste: pourquoi cette culture de la simulation est-elle si ancrée dans le football, alors qu'elle est largement absente dans d'autres sports pourtant plus violents, à l'image du rugby?

Au rugby, le taux de blessures est jusqu'à 2,7 fois plus élevé qu'au football. Mais la culture qui prévaut est celle du jeu: on encaisse, on se relève et on continue. Autour du ballon rond en revanche, les incitations sont nombreuses. Simuler peut permettre d'obtenir un coup franc dans une zone dangereuse, de provoquer un carton adverse, de casser le rythme d'une attaque ou de gagner quelques précieuses secondes de récupération.

Les instances dirigeantes du football affirment avoir pris le problème à bras le corps, en multipliant notamment les avertissements et en s'appuyant sur l'assistance vidéo. Pour Richard Menger, cela reste insuffisant. «Les blessures réelles méritent le respect et des soins médicaux appropriés. Celles simulées font perdre du temps à tout le monde et sapent la confiance.»

Alors que la Coupe du monde bat son plein, on prend, nous aussi, plaisir à admirer les exploits techniques et les tactiques compétitives. Au fond, l'authenticité du jeu est peut-être le meilleur argument pour que cette 23ᵉ édition fasse vraiment carton plein.

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