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Le tiers-lieu des Fantastiques tel qu’on le connaissait, c’est terminé. Le groupe d’entrepreneuses a quitté son local du centre-ville de Revel pour passer en mode nomade. Le détail

Par Angélique Passebosc Publié le 22 déc. 2025 à 8h26
Beaucoup pourraient croire que leur départ de la rue de Dreuilhe, en ce mois de décembre, signe la fin de leur activité. Pourtant, Les Fantastiques – cette communauté de femmes entrepreneuses qui avait, en janvier 2021, transformé ce local du centre-ville de Revel en un tiers-lieu alliant espace de coworking, salle de réunion et bien plus encore – vont bel et bien poursuivre leurs actions sur le territoire. Simplement de façon différente.
« Le coworking n’est pas le cœur de notre projet »
Et si cette équipe 100 % féminine change de cap, ce n’est pas par hasard. « L’activité du coworking a baissé du fait notamment de la réalité de la vie », reconnaît Anne-Sophie Kalis. « Certaines d’entre nous ont connu un soubresaut qui les a poussées à quitter l’espace », confirme de son côté Juliette Treppo. « Nous étions une dizaine à l’utiliser régulièrement, mais plus on avançait dans le temps, moins il nous servait, s’accordent les deux membres actives de l’association Puis, les rendez-vous de la communauté se faisaient déjà ailleurs – c’était plus sympa et, de toute façon, de par la taille on n’avait plus tellement le choix. C’est donc devenu un espace que l’on utilisait bien moins qu’auparavant, mais qui nous coûtait quand même. »
Alors forcément, la question de conserver ce tiers-lieu au 12, rue de Dreuilhe a fini par se poser. « Il y a le côté pragmatique et économique, mais la réalité, c’est que le coworking n’est pas le cœur de notre projet, c’est plutôt la communauté et le soutien aux entrepreneuses qui l’est », révèle Anne-Sophie. « Ça ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin de lieu. Ce local, c’était notre porte d’entrée sur l’extérieur, il sera donc important que les gens sachent où nous trouver », tempère le duo.
Un tiers-lieu nomade…
Et c’est justement sur cela que Les Fantastiques ont planché, ces derniers mois. Décidant ainsi de quitter leur vie de sédentaire pour se tourner vers des habitudes plus « nomades ». « On prend notre envol, commente dans un sourire Juliette. Nous sommes aujourd’hui assez grandes pour ne plus avoir besoin de nid. »
Le principe, donc ? Investir des lieux à chaque fois différents – et, dans un premier temps du moins, qui soient proposés par des membres de la communauté. Au premier trimestre 2026, les entrepreneuses prendront donc leurs quartiers au Relais des quatre vents, à Saint-Ferréol ; avant de poser leurs valises à La Téoule, puis à Garrevaques, dans la ferme de Marine Batigne. « Ce sont les trois premières étapes de notre nouvelle vie, sourient Anne-Sophie et Juliette. Ces neuf mois-là sont calés, pour le reste, nous verrons. »
C’est donc dans ces nouveaux espaces que le coworking va pouvoir prendre place. Mais là encore, les choses vont quelque peu changer. Car si jusqu’à présent les personnes extérieures étaient les bienvenues, le coworking – astucieusement rebaptisé « coworqueen nomade » – n’accueillera plus que les membres des Fantastiques. Et cette vie de nomade pourrait bien permettre à l’association – qui ne compte aujourd’hui pas moins de 55 adhérentes – de remplir plus facilement ses objectifs.
…où continuera à se développer l’esprit d’entraide
« Notre communauté existe déjà, ce que l’on voulait c’est qu’un maillage puisse se mettre en place, le but étant de créer des liens entre les femmes. C’est ce que l’on va matérialiser concrètement à travers ce nouveau fonctionnement qui devient plus horizontal », se félicitent-elles. « On mutualise, on fait circuler et on implique et responsabilise davantage un peu tout le monde », pointe Juliette.
Mais ces nouveaux lieux d’accueil ne serviront pas seulement d’espace de travail. Les Fantastiques pourront tout aussi bien s’y retrouver afin d’organiser des réunions, voire des événements. « On a plein d’idées et d’envies. Ce que l’on a remarqué, c’est que les femmes venaient car elles avaient envie de développer leur activité, mais qu’elles restaient parce qu’elles se sentaient dans un espace de confiance. » « Ici, on défend l’entrepreneuriat, sans être dans un esprit de performance ou de richesse ; ce qui compte, c’est l’équilibre et l’épanouissement durables. Nous sommes dans la bienveillance, l’entraide, la sororité… On partage aussi bien nos galères que nos succès. »
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