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Du tigre au panda en passant par le loup, l'ours ou même le teckel, depuis 1968, tous les Jeux olympiques ont eu leur mascotte. Régulièrement, des animaux. Plus ou moins humanisés. Les Jeux olympiques d'hiver qui viennent de débuter à Cortina d'Ampezzo (Italie) seront ainsi incarnés par Tina. Son frère Milo sera, quant à lui, la mascotte officielle des Jeux paralympiques qui se dérouleront en mars prochain.
Tina, c'est une hermine qui selon l'organisation représente l'« esprit italien » : curieux par nature, aimant le sport et la vie en plein air et surtout, adorant s'amuser. Mais qu'en est-il réellement de cet animal assez peu connu finalement ?
Tina, la mascotte des Jeux olympiques d’hiver 2026 de Cortina d’Ampezzo (Italie) prend la pause dans toutes les disciplines sportives représentées. © JO Milano Cortina 2026
Une hermine, vraiment ?
Remarquons d'abord que l'hermine (Mustela erminea), c'est un petit carnivore que l'on a tendance à confondre avec la belette (Mustela nivalis). Et il y a de quoi. Les deux animaux appartiennent bien à la même famille des mustélidés - comme la loutre, le furet ou encore le blaireau. Leur ressemblance est ainsi effectivement frappante. Toutefois, l'hermine est bien plus grande que la belette qui est d'ailleurs le plus petit carnivore d'Europe.
La fourrure des hermines, blanche en hiver, est particulièrement dense : près de 20 000 poils par centimètre carré ! © PhotoArt, Adobe Stock
L’hermine, blanche comme neige
L'autre différence entre hermine et belette, c'est que la seconde garde toute sa vie une couleur de pelage identique. La première, en revanche, change de couleur de pelage à l'automne et au printemps. Pour se fondre au mieux dans son environnement. En été, elle apparaît brune - comme Milo. En hiver, elle se pare de blanc - comme Tina -, la couleur de la neige. Elle devient ainsi presque invisible, aussi bien pour ses prédateurs que pour ses proies. Seul le bout de sa queue reste noir. Pour tromper un peu plus ses prédateurs, paraît-il.
Avec la fonte des neiges due au réchauffement climatique, qu'adviendra-t-il de ce super pouvoir de l'hermine à changer la couleur de son pelage ? Comme les Jeux olympiques d'hiver, l'hermine est aujourd'hui déjà en décalage lorsqu'elle se retrouve entièrement blanche dans un monde qui devrait l'être, mais ne l'est plus tout à fait... L'hermine perdra-t-elle sa capacité à changer de couleur pour s'adapter ? Ou cette capacité la mettra-t-elle plus en danger dans un environnement de moins en moins enneigé ? Les scientifiques s'interrogent.
Une boule de poils facétieuse…
Leurs observations confirment en revanche que l'hermine est pleine de vie. Curieuse, elle fouille tous les trous qu'elle croise sur son chemin en quête de proies. Elle grimpe étonnamment facilement. Et elle sait aussi nager.
L'hermine est surtout connue pour ses jeux effrénés. Dès son plus jeune âge, elle s'adonne à des courses-poursuites et des cabrioles. Elle roule et saute dans la neige. Elle fait des pirouettes et se contorsionne dans les airs.
Comme les véritables hermines, Tina et Milo, les mascottes des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Milan Cortina 2026 adorent jouer dans la neige. © JO Milano Cortina 2026
… ou peut-être plus rusée qu’un renard
Mais certains imaginent qu'au-delà du jeu, l'hermine pourrait s'initier ainsi à une stratégie de chasse redoutable. Sa « danse », en effet, aurait le pouvoir de distraire, voire d'hypnotiser, ses proies. De quoi permettre à l'hermine de s'attaquer à bien plus gros qu'elle. À des lapins adultes, par exemple. Une fois le lapin « endormi », l'hermine frappe à la nuque et ne lui laisse ainsi que peu de chance de survie.
D'autres chercheurs, toutefois, estiment que ces observations sont plutôt le résultat d'infections parasitaires que d'une stratégie de chasse délibérée...
Le saviez-vous
Tina et Milo, les deux hermines mascottes des Jeux olympiques d’hiver 2026 sont accompagnées de mascottes additionnelles. Les Flo, des perce-neiges. « Six petites fleurs curieuses et irrésistibles », avec chacune une personnalité différente, mais comme autant de « symboles de renaissance ». La plupart des Flo en peluche vendues à l’occasion ont été fabriquées en Chine. Mais une édition limitée – remise aux athlètes, notamment – est fabriquée en Bretagne par une quinzaine de couturières, dans l’usine qui avait déjà fabriqué les Phryges des Jeux de Paris 2024.
Signalons, quoi qu'il en soit, que l'hermine profite d'une ouïe et d'une vue exceptionnelles. C'est toutefois à l'odeur qu'elle repère ses proies. Et parfois, elle tue même sans faim. Lorsque l'occasion se présente. Elle stocke alors son butin dans son terrier, pour plus tard.
Tina, Milo et les Flo. La légende raconte que les perce-neiges auraient été les seules fleurs à accepter de prêter leur couleur à la neige. C’est ainsi qu’ils ont gagné le droit de fleurir les premiers. Et ce faisant, de relancer la chaîne alimentaire en attirant à eux les premiers pollinisateurs. © JO Milano Cortina 2026
L’intelligence de l’hermine
Même si la science n'a pas réellement démontré des capacités cognitives particulières chez l'hermine, ses comportements suggèrent qu'elle développe au moins une forme d'intelligence de son environnement. Y compris dans un contexte où les humains se font de plus en plus présents. L'hermine est, par exemple, réputée pour sa capacité à éviter les pièges. La femelle, surtout, qui a tendance à se méfier des objets nouveaux.
L'exemple de la Nouvelle-Zélande est intéressant. L'hermine y est traquée comme un nuisible invasif. Pourtant, la multiplication des pièges ne suffit pas. Les plus rusées d'entre elles s'en sortent toujours. D'autant que lorsqu'une hermine déclenche partiellement un piège, sans se faire prendre, elle semble ensuite garder la mémoire du mécanisme et développer un comportement d'évitement, qui s'élargit à des pièges similaires et peut même se transmettre à ses compagnes ou ses petits.
C'est sans doute ce qui a fait sa réputation passée. Dans certains pays, on allait ainsi jusqu'à croire qu'elle était capable de comprendre le langage humain. Qu'elle était capable de se venger de qui s'attaquerait à elle ou à ses proches. En tuant les poules des humains coupables. Ou pire, en empoisonnant leur eau de sa salive.
L’hermine, un animal menacé ?
L'une des caractéristiques les plus surprenantes de l'hermine reste peut-être qu'elle atteint sa maturité sexuelle avant même d'être sevrée. En cas de fécondation, l'implantation des œufs est différée pour que la naissance n'intervienne pas avant le printemps - une fois que la nourriture redevient abondante et pour éviter une exposition au froid de petits qui naissent nus - et une fois que l'hermine sera devenue adulte.
Ces caractéristiques donnent toutes les chances à l'hermine de survivre dans notre monde. Mais elle est tout de même impactée par la lutte chimique organisée contre les rongeurs - ses proies se raréfient et sont parfois bourrées d'anticoagulant -, par les modifications de son environnement - engrillagement, raréfaction des haies, manque de couvert - ou encore par le trafic routier.


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