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Pour une défense plus étanche et une attaque moins têtue

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Ce que le récent voyage en Californie a illustré par rapport au Canadien, c’est que l’équipe ne peut pas continuellement corriger ses lacunes défensives en remportant des festivals offensifs.

La capacité de cette équipe de combler des déficits en troisième période est impressionnante, et elle explique en grande partie pourquoi le CH a été en mesure de terminer ce périple avec trois points sur une possibilité de six. Mais alors qu’il était de retour à Brossard pour une séance d’entraînement, lundi, le Canadien doit absolument cesser d’être aussi permissif dans les chances qu’elle accorde à l’adversaire.

La troupe de Martin St-Louis a cédé 15 buts en l’espace de 3 matchs. Et depuis la reprise des activités au retour des Jeux olympiques, le Canadien vient au 30e rang pour la moyenne de chances dangereuses qu’il accorde par 60 minutes. 

On se souviendra qu’au cours des deux saisons précédentes, le système défensif avait fait l’objet de moult débats. On relevait la confusion qui s’installait en zone défensive dès que l’adversaire y passait un peu de temps. Or, ce n’est pas ce genre de souci défensif qui mine le Canadien cette année. Oui, il va parfois céder face à un adversaire qui tournoie en zone offensive, qui l’étourdit et qui crée du chaos dans les assignations de chacun. Mais ce n’est plus un enjeu comme autrefois.

Les ennuis défensifs du CH commencent en fait avec la façon dont il gère son offensive. Cette attaque, qui vient au premier rang de l’Association Est pour le nombre de buts marqués par match, a confiance en ses moyens, mais elle pèche parfois par témérité.

Ou par entêtement, aime dire St-Louis.

Le porteur de la rondelle gère mal le risque en entrée de zone, il perd le disque, et l’adversaire se voit donner une occasion de surnombre gratuite.

L’entraîneur-chef dit que ses joueurs sont têtus, non seulement parce qu’ils s’obstinent à voir des ouvertures là où il n’y en a pas, mais peut-être aussi parce que ce n’est pas d’hier qu’il tente de chasser chez eux ces mauvaises habitudes.

Dans sa terminologie d’il y a deux ans, par exemple, St-Louis désignait cela comme des actions qui aident l’autre équip.

Le vocable a changé, mais le problème reste.

C'est de comprendre que tu n'as pas besoin - surtout de la manière qu'on est capable d'exécuter en zone offensive et de la façon dont on fait de l’échec avant - on n'a pas besoin d’essayer de manufacturer nos attaques en montée, a-t-il fait valoir. Ils vont t’en donner en faisant des revirements. Mais si l’on regarde les matchs du dernier voyage, on a donné beaucoup d’attaques en montée à cause qu'on était têtus.

Vite s'installer en zone défensive

La porte qu’on ouvre à l’adversaire à cause de gestes mal calculés n’est pas le seul travers du Tricolore ces temps-ci. Lorsqu’une équipe relance son attaque et que le Canadien doit rapidement se défendre dans son territoire, la vitesse avec laquelle chacun identifie son rôle est défaillante.

L’arrivée en zone défensive et la façon dont chaque joueur va suivre l’adversaire dont il a la responsabilité est une facette du jeu qui se déroule très vite et qui peut faire une grande différence dans la quantité de chances accordées à l’adversaire.

Selon Brendan Gallagher, c’est un élément qui devra être nettoyé dans la dernière ligne droite de la saison.

Je ne dirais pas que c'est un problème, a quand même tempéré Gallagher. Il y a des choses qui retroussent de temps en temps, on les gère et on s'en occupe. Cette équipe a démontré qu'elle avait le don de corriger certaines erreurs. À l'heure actuelle, c’est évident qu’on accorde un peu trop de buts à l'adversaire et qu’on donne un peu trop d'occasions, mais on connaît la solution. Il suffit de recommencer à la mettre en pratique.

Il replace son casque protecteur lors d'un arrêt de jeu.

Lane Hutson

Photo : imagn images via reuters connect / Bob Frid

Hutson de retour à droite?

Même quand le Canadien n’est pas victime de revirements et que l’adversaire n’a pas de surnombres sur lesquels festoyer, il a quand même des occasions de tuer plus rapidement les jeux de l’adversaire, entre autres en encourageant ses attaquants à mettre de la pression sur l’autre équipe en zone neutre.

C’est une des raisons pour lesquelles St-Louis parle toujours d’une mission à cinq joueurs lorsqu’il est question des enjeux défensifs. Les défenseurs ou les gardiens sont montrés du doigt quand ça ne va pas bien, mais les avants aussi ont leur rôle à jouer.

C’est néanmoins en défense où le laxisme des derniers matchs a mené à un changement.

À l’entraînement, lundi, Lane Hutson avait été séparé de Noah Dobson et avait été inséré à la droite de Kaiden Guhle. Dobson, lui, avait retrouvé Mike Matheson, son partenaire des deux premiers mois de la saison.

Cette décision, si elle devait être mise en application mardi face aux Maple Leafs de Toronto, serait révélatrice à plus d’un niveau.

Tout d’abord, Hutson a produit à un rythme d’enfer depuis qu’il a été muté du côté gauche, le 11 décembre dernier. En 33 matchs, il a récolté 42 points, ce qui correspond au meilleur rendement parmi tous les défenseurs de la LNH. 

Hutson n’a été blanchi qu’à huit reprises durant cette séquence.

Même si Dobson et lui s’acquittaient fort bien de leurs tâches, le duo Matheson-Guhle a souvent été débordé, et c’était vrai avant même le récent voyage en Californie.

Durant le voyage, on a eu beaucoup de mal à empêcher la rondelle d'entrer dans notre filet, donc ils ont peut-être voulu un peu changer quelque chose. J'ai déjà joué avec Lane par le passé, je ne vais pas me plaindre de jouer avec le jeune. Si ça se produit, ce sera certainement amusant.

La statistique des buts attendus donne une idée de l’efficacité des différents duos en défense.

Ensemble, Hutson et Dobson ont dominé la compétition à forces égales avec 61,2 % des buts attendus qui allaient en faveur du Canadien, selon les données de Moneypuck (nouvelle fenêtre)

Par contre, parmi tous les duos de défenseurs qui ont passé au moins 100 minutes ensemble cette saison, Matheson et Guhle arrivent bons derniers avec à peine 27,4 % des buts attendus favorisant le CH. Aussi bien dire qu’ils ont été submergés.

Si l’on tient compte du fait que Matheson et Dobson ont été très honnêtes dans des confrontations difficiles en début d’année (49,3 %) et que Guhle et Hutson ont tenu leur bout les rares fois où ils ont joué ensemble (52,5 %), un petit rééquilibrage est peut-être nécessaire.

Le Canadien renoncera peut-être à une part de la production offensive de Hutson en le renvoyant sur son côté opposé, mais ce dernier a quand même gagné le trophée Calder l’an dernier en jouant principalement du côté droit…

Un gardien de hockey

Samuel Montembeault (photo d'archives)

Photo : Getty Images / Maddie Meyer

Des statistiques incriminantes pour Montembeault

Le dernier rempart de la défense, c’est bien sûr le gardien, et la performance de Samuel Montembeault face aux Ducks d’Anaheim n’a rien fait pour calmer les inquiétudes à son sujet.

Excellent face aux tirs à bout portant, il s’est en revanche montré très vulnérable sur les tirs de longue distance. Ce n’est pas une nouvelle tendance chez lui, mais elle s’est grandement accentuée cette année.

Selon les données EDGE de la Ligue nationale, Montembeault ne revendique qu’un taux d’efficacité de ,864 sur les lancers provenant du centre de la pointe cette année.

Je regarde beaucoup les statistiques avancées depuis mon retour de Laval, et c’est vraiment au niveau des tirs voilés que j’ai le plus de misère pendant les matchs. On travaille beaucoup là-dessus, de mettre mes yeux rapidement (sur la rondelle) et d’essayer de la retrouver dans la circulation.

Parmi tous les gardiens ayant joué au moins 15 matchs cette saison, nous apprend Natural Stat Trick (nouvelle fenêtre), Montembeault affiche le pire taux d’efficacité sur les tirs à faible danger (,928).

Les joueurs du Canadien savent qu’ils peuvent faire du meilleur travail pour nettoyer le devant du filet – c’est l’une des facettes où l’ajout d’un défenseur droit à la date limite des échanges aurait pu être utile – mais les statistiques de Montembeault sont nettement insuffisantes.

C’est sans surprise que St-Louis se tournera vers Jakub Dobes pour la rencontre de mardi.

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