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Pour défendre sa réforme sur les pourboires, Trump se fait livrer un McDo puis part en roue libre sur le pape et l’Iran

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International 14/04/2026 07:00 Actualisé le 14/04/2026 12:17

En pleine mise en scène pour défendre sa réforme sur les pourboires, Trump enchaîne ensuite les sujets sans lien et aux côtés de sa livreuse gênée.

Par Émilie Garcia et Anne-Fleur Andrle

Une grand-mère en t-shirt rouge avance jusqu’au Bureau ovale, deux sacs de McDonald’s à la main. Elle frappe. La porte s’ouvre, Donald Trump apparaît, attrape la commande et lance aux journalistes massés devant lui. « Regardez ça. Ça n’a pas l’air mis en scène, n’est-ce pas ? » ajoute-t-il en désignant les sacs, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

Si la séquence, diffusée ce lundi 13 avril depuis la Maison-Blanche, donne l’impression d’un moment pris sur le vif, elle s’inscrit en réalité dans une mise en scène pensée pour appuyer un message politique. Pour l’occasion, le président américain fait entrer dans son décor une livreuse DoorDash (une application très répandue aux États-Unis, équivalent de Deliveroo ou d’Uber Eats) afin de promouvoir sa mesure sur la suppression des taxes sur les pourboires.

La livreuse s’appelle Sharon Simmons. Originaire de l’Arkansas, vêtue d’un t-shirt « DoorDash Grandma », elle remet au président ses habituels burgers et frites, tandis que caméras et journalistes encadrent déjà la scène. « Ce sont tous vos préférés », glisse-t-elle en lui tendant la commande.

Très vite, l’échange prend la forme d’une démonstration. Donald Trump insiste sur les effets de sa réforme fiscale et interroge directement la livreuse : « On m’a dit que vous aviez gagné 11 000 dollars de plus que prévu grâce à cette loi. C’est exact ? » Elle acquiesce : « Oui, j’ai économisé plus de 11 000 dollars en impôts. » Le président enchaîne, relance, souligne le caractère « très surprenant » de cette économie, avant de vanter sa réforme, la « Grande et Belle Loi ».

À la question d’un journaliste sur les pourboires à la Maison-Blanche, la livreuse semble hésiter et marque un temps d’arrêt. Donald Trump coupe court, fouille dans sa poche, en sort un billet de 100 dollars et le lui tend avec un sourire appuyé. Une manière à peine voilée de montrer qu’il défend la fin de l’imposition sur les pourboires.

Le dispositif apparaît plus clairement à mesure que la scène se déroule. Faire entrer une livreuse dans l’enceinte de la Maison-Blanche, l’amener jusqu’au Bureau ovale et organiser sa rencontre avec le président suppose de nombreuses autorisations, au moins tout autant de contrôles et une importante coordination en amont. La présence des journalistes, déjà en place, participe de cette mise en scène que Donald Trump feint lui-même de désamorcer.

En roue libre

Sans transition, le président élargit. Toujours à côté de lui, la livreuse devient témoin involontaire d’un échange qui dérive et part dans tous les sens.

Donald Trump affirme notamment que Téhéran chercherait à conclure « à tout prix » un accord après l’échec des discussions du week-end dernier, tout en refusant de présenter des excuses au pape, qu’il critique ouvertement. Dans la foulée, il enchaîne sur ses thèmes de prédilection en matière de société. « Ils veulent des hommes qui jouent dans des sports de femmes. Vous pensez que les hommes devraient jouer avec les femmes ? »

« Je n’ai pas vraiment d’opinion [...] Je suis ici pour parler de la détaxation des pourboires », finit par dire la livreuse, comme pour ramener la scène à son point de départ.

Mais l’échange ne s’arrête pas là. À mesure que les questions se succèdent, le président enchaîne sur une série de sujets sans lien direct, défendant une image générée par intelligence artificielle le représentant en Jésus qu’il a depuis supprimée, réaffirmant ses accusations de fraude lors de l’élection de 2020, attaquant son prédécesseur Joe Biden ou encore vantant un combat d’UFC prévu à la Maison-Blanche. Il va jusqu’à suggérer que les États-Unis pourraient « passer à Cuba » après l’Iran.

Toujours à ses côtés, la livreuse est invitée à rester pendant l’échange. Donald Trump l’interpelle à nouveau, lui proposant de participer à une conférence de presse. « Vous voudriez faire une petite conférence de presse avec moi un de ces jours ? » avant d’ajouter à propos des journalistes : « Ce ne sont pas les gens les plus sympas, vous savez. » Puis il glisse : « Je crois que vous avez voté pour moi, non ? » Elle élude.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump mobilise McDonald’s dans sa communication. Pendant la campagne, il s’était déjà affiché derrière le comptoir d’un restaurant en Pennsylvanie. Cette fois, la scène ne s’arrête pas aux sacs de McDonald’s et se prolonge en conférence de presse, où les sujets s’enchaînent, bien au-delà du point de départ, du dossier iranien aux tensions avec le pape en passant par ses thèmes de campagne habituels.

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