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À l'Assemblée nationale ce mardi, Sébastien Lecornu et ses ministres ont été bousculés par une opposition chauffée à blanc, alors qu’une importante journée de mobilisation lycéenne était en cours.
À l’Assemblée nationale, Étienne Ouvrier - Hier à 19:20 - Temps de lecture :
Rentrée parlementaire mouvementée pour le gouvernement. Sébastien Lecornu et ses ministres ont été chahutés ce mardi sur les bancs d’une Assemblée nationale aux allures de chaudron, lors des premières questions au gouvernement, largement monopolisées par la contestation lycéenne qui secoue le pays. « Qu’avez-vous fait de la France ? Ce mardi, la jeunesse nous interpelle sur son avenir et votre gouvernement n’a rien anticipé, n’a rien vu venir… Votre responsabilité est immense et votre échec est global », a tancé le député Rassemblement national (RN) du Nord Sébastien Chenu en direction du Premier ministre. « Qui a supprimé des postes de fonctionnaires ? Qui a gelé les salaires ? Qui maltraite nos services publics depuis 10 ans ? C’est vous, ce ne sont pas les lycéens mobilisés et ceux qui les soutiennent », a renchérit Benjamin Lucas, député membre du groupe Écologiste et Social.
« Depuis 18 jours, vous jouez le pourrissement et déchaînez une répression inédite contre les manifestants. Un enfant de 15 ans a eu la main arrachée, un de 16 ans a perdu un œil, un de 14 a la mâchoire fracturée, une lycéenne a été étranglée, une autre agressée sexuellement. Vous faites honte à la France ! », s’est écriée la députée La France insoumise (LFI) du Val-de-Marne Mathilde Panot.
LFI pointée du doigt
Sans réelle marge de manœuvre, les ministres de l’Éducation, de l’Intérieur et de l’Économie, interpellés un à un, se sont bien gardés de répondre, sur le fond, au mouvement lycéen qui demande des moyens humains et matériels supplémentaires pour le système éducatif français. Si Sébastien Lecornu a annoncé la suspension des cours dans les lycées, sur une demi-journée entre mercredi et vendredi pour effectuer « un temps de démocratie interne » et concédé un début de réflexion sur la plateforme Parcoursup, dont les associations étudiantes demandent la suppression, le Premier ministre s’est surtout attelé à attaquer le mouvement sur la forme.
Le locataire de Matignon a dénoncé « l’ultraviolence qui a frappé la porte de ces lycées » et pointé à nouveau la responsabilité des élus de LFI, qu’il accuse de souffler sur les braises. « Pourquoi le député Raphaël Arnault est toujours membre de votre groupe ? Pourquoi le maire de Saint-Denis a légitimé la violence ? », a-t-il cinglé à Mathilde Panot, la présidente des députés insoumis. « La réalité c’est que vous êtes ambiguë avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays », a-t-il lancé, faisant grimper les décibels dans l’Hémicycle. Il sera acclamé par les députés du Rassemblement national.
Opportunité politique à gauche
Dans la soirée de ce mardi, Emmanuel Macron présidera à l'Élysée une réunion pour faire un point sur la mobilisation. Sébastien Lecornu, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et son collègue à l'Éducation nationale Édouard Geffray seront notamment présents.
À trois kilomètres du volcanique palais Bourbon, près de 100 000 manifestants (selon les organisateurs) battaient le pavé parisien, parmi lesquels de nombreux responsables politiques dont Fabien Roussel (Parti communiste), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Marine Tondelier (Écologistes), Olivier Faure (Parti socialiste)… Un rendez-vous immanquable pour les partis de gauche qui, à sept mois de l’élection présidentielle, y ont forcément vu une opportunité politique. Ce mardi, le Parti socialiste a notamment annoncé déposer une proposition de loi visant à « interdire l’utilisation de LBD, grenades de désencerclement et techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes », le Parti communiste a réclamé le déblocage d’urgence de cinq milliards d’euros pour rénover le bâti scolaire quand LFI, par l’intermédiaire de son député Louis Boyard, a demandé expressément au gouvernement de « sortir le carnet de chèques ».


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