L’espoir grandit pour les millions de personnes touchées par l’hépatite B chronique à travers le monde. Les résultats de deux vastes études internationales, publiés dans le prestigieux New England Journal of Medicine, révèlent l’efficacité inédite d’un médicament expérimental : le bepirovirsen. Pour la première fois, ce traitement a permis à environ un patient sur cinq de contrôler durablement le virus et d’interrompre ses béquilles médicales quotidiennes, ouvrant la voie à une potentielle révolution thérapeutique.
Ce que vous allez apprendre
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Ce qu’implique la « guérison fonctionnelle » pour les patients atteints d’hépatite B.
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Le mécanisme d’action unique du bepirovirsen pour traquer le virus dans ses cachettes.
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Le calendrier d’approbation internationale de ce traitement par les autorités de santé.
Briser les chaînes d’un traitement à vie
L’hépatite B chronique est une infection silencieuse et redoutable du foie qui touche plus de 250 millions de personnes à l’échelle planétaire et cause environ 1,1 million de décès chaque année par cirrhose ou cancer du foie. Si un vaccin préventif très efficace existe, les personnes déjà infectées doivent quant à elles composer avec des traitements antiviraux standards sous forme de comprimés quotidiens. Bien qu’efficaces pour contenir le virus, ces médicaments ne permettent pas de guérir : dès l’arrêt du traitement, le virus se réactive.
Le bepirovirsen (surnommé « bepi »), co-développé par les laboratoires GSK et Ionis Pharmaceuticals, change la donne en visant la guérison fonctionnelle. Cet état signifie que la charge virale descend à un niveau si bas que le traitement peut être totalement arrêté, le système immunitaire du patient reprenant seul et durablement le contrôle de l’infection. « Nous n’avons jamais eu de traitement ayant atteint ce niveau de guérison », s’est enthousiasmé le Dr Seng Gee Lim, l’un des directeurs de l’étude.
Une triple attaque moléculaire
La force de ce nouveau médicament réside dans sa capacité à contourner les ruses de l’hépatite B, un virus connu pour savoir se tapir au cœur des cellules hépatiques. Le bepirovirsen est conçu pour mener une offensive sur plusieurs fronts :
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Bloquer la réplication : Il se lie directement aux composants génétiques du virus pour saboter sa multiplication.
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Neutraliser la protéine « S » : Il élimine la protéine de surface (la protéine S), une clé essentielle qui permet au virus d’infiltrer les cellules du foie.
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Réveiller l’immunité : En abaissant la présence du virus, il redonne de l’énergie aux défenses immunitaires du patient pour qu’elles terminent le travail de nettoyage.
Les essais cliniques menés sur 1 838 patients ont consisté en une injection hebdomadaire de bepirovirsen pendant six mois, en complément des antiviraux habituels. Les résultats sont sans appel : chez 20 % des patients, le virus est resté totalement indétectable six mois après l’arrêt de tout traitement. Les données issues des premières phases de tests montrent même que cette rémission se maintient chez la plupart des participants jusqu’à trois ans plus tard.
Crédit : Hou et al., NEJM , 2026Des précautions et un calendrier accéléré
Malgré ce bond de géant qualifié d’« avancée majeure » par la communauté scientifique, des zones d’ombre restent à éclaircir. Les experts soulignent que l’étude a exclu les profils les plus complexes, comme les personnes souffrant déjà d’une cirrhose avancée ou présentant des taux initiaux de protéine S trop élevés. De plus, les effets secondaires notés intègrent des réactions classiques au point d’injection et des pics temporaires d’enzymes hépatiques, signes d’un stress passager du foie que les médecins devront surveiller.
L’attente ne devrait plus être très longue pour les malades. Le bepirovirsen bénéficie actuellement d’une procédure d’examen accélérée par la FDA américaine, et une décision d’autorisation de mise sur le marché est fermement attendue pour octobre 2026. Les agences réglementaires européenne, chinoise et japonaise étudient également le dossier pour déployer au plus vite cette nouvelle arme thérapeutique.


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