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Plaisir décuplé avec Pierre Lapointe et l’OSQ

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Il aura fallu attendre le 11e et dernier jour du 58e Festival d’été (FEQ) pour qu’un site affiche complet. Et c’est l’offre très relevée de musique québécoise à la place George-V, qui a mis en vedette Paul Piché, suivi de Pierre Lapointe et l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), qui aura réussi l’exploit. Et pour cause!

La musique d’ici a brillé de tous ses feux en conclusion du FEQ, comme elle l’a fait tout le long de l’événement. Qu’on pense aux cartes blanches à Souldia et à Patrick Watson, aux solides prestations des jumelles cosmiques Lou-Adriane Cassidy et Ariane Roy ou encore aux univers bien campés de Gab Bouchard et Les Louanges : il y avait longtemps que la musique d’ici n’avait fédéré autant de publics devant les scènes du festival.

Pierre Lapointe sur scène.

Pierre Lapointe lors de sa prestation au 58e Festival d'été de Québec.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Mais cette nouvelle génération de musiciens n’est pas seule à avoir su s’imposer aux côtés des grandes vedettes internationales. Il en a été de même pour leurs prédécesseurs, comme Paul Piché, mais aussi Pierre Lapointe.

Ce dernier s’est amené à Québec avec une version condensée du spectacle en deux actes Dans la forêt des cœurs abîmés, qu’il avait présenté deux fois avec l’Orchestre Métropolitain, lors des Francos de Montréal, en juin.

Sous la direction musicale du jeune chef Thomas Le Duc-Moreau et dans des orchestrations d’Antoine Gratton, Pierre Lapointe a revisité deux de ses albums phares, Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé et La forêt des mal-aimés, en version symphonique.

Pour cette prestation au Festival d’été, c’est l’OSQ qui a pris le relais de l’Orchestre Métropolitain, toujours sous la baguette de Thomas Le Duc-Moreau, comme accompagnateur du chanteur.

Deux musiciens en gros plans.

Dans cette interprétation accompagnée de l'orchestre symphonique de Québec, Pierre Lapointe présente ses deux albums emblématiques.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Peu après 21 h 15, ce dernier s’est présenté au-devant de la scène, vêtu de l’un de ces audacieux complets auxquels il nous a habitués au fil de sa carrière. Prenant d’abord la parole, il a exprimé sa fierté de participer à ce projet et de contribuer à amener la musique symphonique sur une scène extérieure, un environnement qui n’est pas naturel pour ce genre de formation.

Du programme original, seuls cinq titres de l’album Dix chansons pour ceux qui ont le cœur abîmé, auquel était consacré le premier acte, ont survécu à la nécessaire réduction en format de festival. C’est avec Toutes tes idoles que Pierre Lapointe a démarré la soirée, bien en selle sur la grosse cylindrée de l’OSQ.

Dès les premières notes, on savait qu’on était parti pour un fascinant voyage aux confins de l’univers musical du chanteur.

Une foule, les bras en l'air.

La foule durant la performance de Pierre Lapointe, accompagné de l'OSQ.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Premier constat, les compositions de Pierre Lapointe, elles-mêmes plutôt classiques dans leur forme, se prêtent admirablement bien à ce genre de transformation. Ensuite, les arrangements d’Antoine Gratton ne cessent de nous surprendre, à mesure qu’on les découvre, par leur richesse et leur inventivité. Leur pouvoir évocateur est si efficace qu'il s'apparente à la musique de film.

Quant au chanteur, il mesurait visiblement le privilège qui lui était accordé de partager la scène avec l'OSQ. On le sentait d'ailleurs très appliqué dans ses interprétations. Pas question de déroger de la mélodie ou de la rythmique originale!

En contrepartie, l'Orchestre symphonique de Québec, sous l'impulsion du premier violon Sheila Jaffé, qui a affiché un large sourire toute la soirée, semblait éprouver un véritable plaisir à s'attaquer à ce répertoire populaire. Pas de doute, le courant a passé.

Pierre Lapointe accompagné d'un orchestre sur scène.

Pierre Lapointe et l’orchestre symphonique de Québec sur la site de Place George-V le 19 juillet au FEQ.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

C'était particulièrement vrai dans un deuxième acte généreux consacré à La Forêt des mal-aimés, un album marquant de la chanson québécoise, qui fête son 20e anniversaire cette année.

Seul bémol à cette soirée autrement parfaite, l'écho de la scène des plaines d'Abraham, qui présentait le chanteur américain Jelly Roll, était impossible à ignorer pendant les passages les plus doux.

Mais rien qui n'allait atténuer notre plaisir au moment où, au rappel, Pierre Lapointe et l'Orchestre symphonique de Québec ont offert une version totalement débridée de Deux pas deux rassemblés sous les acclamations de la foule. C'était l'apothéose!

Une foule subjuguée pour Paul Piché

Dans un autre registre, c'est le grand Paul Piché qui a précédé Pierre Lapointe et l'OSQ sur le plateau double de la place George-V.

À 72 ans, l'œil encore bien brillant, l'auteur-compositeur-interprète au feu sacré a offert une rétrospective de ses plus grands succès à un public intergénérationnel.

Paul Piché sur scène, micro dans les mains.

Paul Piché lors de sa prestation au Festival d'été de Québec, le 19 juillet.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Appuyés par un solide groupe de musiciens, les Rick Haworth (guitare), Mario Légaré (basse), Jean-Sébastien Fournier (claviers) et Pierre Hébert (batterie), il a littéralement subjugué son public, du début à la fin de sa prestation de 1 h 10.

Dans la foule, jeunes et moins jeunes ne se sont pas fait prier pour chanter les paroles de classiques de la chanson québécoise que sont les J’appelle, Y’a pas grand-chose dans l’ciel à soir, Un château de sable, Heureux d’un printemps, Voilà c’que nous voulons et Mon Joe.

Paul Piché sur scène, micro dans les mains.

Paul Piché a revisité ses grands succès sur le site de Place George-V pour la dernière soirée du Festival d’été de Québec, le 19 juillet.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Le moment qui a vraiment chamboulé les cœurs a été celui de sa superbe interprétation piano-voix de L'escalier, un autre classique repris en chœur par les festivaliers. Même après toutes ces années, Paul Piché continue de chanter ce texte comme un raconteur raconte. Avec de l'émotion dans la voix et des pauses judicieusement placées pour faire de l'effet. C'est ce qui, au-delà de sa magnifique mélodie, rend cette chanson toujours aussi poignante.

Cela lui a valu une ovation fort méritée. Merci! Tellement! Je ne dis pas ça partout, je vous le jure. Mais Québec, je vous aime vraiment! a-t-il répondu.

Louis Bellavance et Paul Piché.

Paul Piché s'est vu remettre le Prix Miroir de la Renommée de mains de Louis Bellavance, vice-président contenu et direction artistique chez BleuFeu

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Avant de quitter la scène, l'auteur-compositeur-interprète s'est vu remettre le Prix Miroir de la Renommée de mains de Louis Bellavance, vice-président contenu et direction artistique chez BleuFeu.

Depuis 1980, Paul Piché a participé 10 fois au Festival d'été de Québec. Une autre preuve que son œuvre traverse le temps et trouve écho chez toutes les générations.

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