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Pionnier en 1957, dernier en 2027? Il faut plus de Valaisannes à Berne

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Publié le 19 août 2026 à 21:07. / Modifié le 19 août 2026 à 21:35. 2 min. de lecture

Dix hommes sur la photo. Dix Valaisans pour représenter le canton à Berne à partir de 2027. Le scénario n’a rien de théorique, et la question n’est pas nouvelle. Mais l’annonce du retrait de Benjamin Roduit du Conseil national et les possibles départs de la sénatrice Marianne Maret et de son collègue Beat Rieder rouvrent le débat de la représentation des Valaisannes sous la Coupole. Une question d’autant plus vive que Franziska Biner est l’unique femme du gouvernement cantonal. On pourrait se dire que ce n’est pas un problème, et cet éditorial se terminerait ici. Mais on peut également considérer que, dans un canton aussi soucieux de ses équilibres régionaux et linguistiques, le critère des sexes a aussi de la valeur. Autrement dit, si l’on sait compter les Haut-Valaisans, on peut aussi compter les femmes.

Lire aussi: «Ici plus qu’ailleurs, ce sont les hommes qui commandent»: à Berne, la délégation valaisanne pourrait redevenir exclusivement masculine en 2027

Les choses avaient pourtant bien commencé. En 1957, la commune d’Unterbäch fait voter les femmes sur un scrutin fédéral. Une première suisse, même si les bulletins sont annulés. Trop tôt. Quand le suffrage féminin est accepté au niveau fédéral en 1971, une Valaisanne, Gabrielle Nanchen, fait partie de la première «volée» de femmes à Berne. Mais peu la suivront.

Que se passe-t-il en Valais? Y a-t-il quelque chose dans l’air, une fois passé le verrou de Saint-Maurice, qui empêche les candidates de se lancer? Le triptyque catholicisme, conservatisme, montagnes? Cela aurait l’avantage de dédouaner tout le monde. Mais c’est un peu court, et d’autres cantons au profil similaire, comme Fribourg, s’en sortent mieux.

Lire aussi: En Valais, le statu quo et une délégation au National qui demeure entièrement masculine

Alors, est-ce à chercher du côté des Valaisannes, qui seraient peu enclines à l’engagement politique? Questionnée il y a quelques années sur le sujet, la PLR Chantal Balet répondait ainsi: «On me dit toujours «elles ne veulent pas». Je leur réponds «vous faites quoi pour qu’elles veuillent?» On touche sans doute ici au cœur du problème: le recrutement. Longtemps, il s’est agi de remplir des listes en ajoutant des noms de femmes à la fin, pour la forme. Aujourd’hui, les organes de partis s’y prennent un peu mieux. Mais pas suffisamment.

Une candidature aux plus hautes fonctions, ça se prépare longtemps à l’avance. Il faut repérer les candidates, parfois aller les chercher, les convaincre. Mais aussi flexibiliser les horaires des séances, permettre de concilier vie familiale, vie professionnelle et engagement politique. En Valais, peut-être davantage qu’ailleurs, les rôles sont encore figés. Le volontarisme est essentiel. Il s’agit absolument d’éviter les quotas, ennemis masqués de l’égalité.

Les élections fédérales ont lieu dans un peu plus d’un an. Ces prochains mois, Le Centre devra prendre ses responsabilités; il représente 50% de la députation valaisanne sous la Coupole. Plus que les autres, il a les cartes en main. Parce que la photo doit changer.

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