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Derrière une application de shopping très médiatisée, des commissions contestées pourraient désormais devenir un sérieux problème judiciaire.
L’affaire concerne une pratique connue sous le nom de « cookie stuffing ». Phia fonctionne notamment grâce à l’affiliation : lorsqu’un internaute utilise son service puis réalise un achat chez un commerçant partenaire, l’entreprise peut toucher une commission pour avoir apporté la vente. Mais selon les informations révélées autour de Phia, son extension aurait dans certains cas placé ses propres traceurs d’affiliation alors que l’utilisateur n’avait pas réellement été envoyé vers le marchand par Phia.
Le résultat est simple : l’entreprise pouvait se voir attribuer une vente et toucher une commission alors qu’un autre intermédiaire avait apporté le client, ou que celui-ci était arrivé de lui-même sur le site. Selon les éléments rapportés dans la presse américaine, le système aurait concerné des milliers de marques partenaires et des enseignes aussi connues que Nike, Gap ou Nordstrom.
Une fraude électronique passible de 20 ans de prison
La polémique dépasse le simple désaccord entre sociétés d’affiliation. Le Code pénal fédéral américain prévoit que la fraude utilisant des communications électroniques peut être punie d’une peine allant jusqu’à 20 ans de prison.
Et le « cookie stuffing » a déjà conduit des personnes devant la justice américaine. En 2014, le département américain de la Justice annonçait par exemple qu’un homme avait reconnu sa participation à un système utilisant des clics forcés afin de toucher des commissions sur des ventes qu’il n’avait pas générées. Il encourait lui aussi jusqu’à 20 ans de prison pour complot en vue de commettre une fraude électronique.
Dans une autre affaire impliquant eBay, un homme avait plaidé coupable de fraude électronique après avoir utilisé le même procédé pour recevoir des commissions auxquelles il n’avait pas droit. Il avait finalement été condamné à quinze mois de prison. La peine maximale prévue par la loi était là encore de vingt ans.
Des messages internes qui compliquent la défense de Phia
Pour Phoebe Gates et sa cofondatrice, l’un des éléments les plus embarrassants concerne la question de leur connaissance du système. Phia avait initialement présenté le problème comme une anomalie technique récemment portée à son attention. Mais des informations publiées par Bloomberg et rapportées notamment par People indiquent que des échanges internes remontant à plusieurs mois feraient référence à des fonctions permettant de déposer automatiquement des traceurs d’affiliation.
Selon ces informations, Phoebe Gates aurait elle-même demandé à des développeurs de vérifier que le dépôt automatique fonctionnait sur les sites proposant des coupons afin que Phia puisse monétiser davantage de ventes. C’est évidemment un point essentiel : une erreur informatique involontaire et la participation consciente à un système destiné à récupérer des commissions indues ne posent pas les mêmes problèmes devant la justice.
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