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Les résolutions de l’ONU sur la traite transatlantique et sur la représentation cartographique du monde ont remis au premier plan les questions de réparation et de la position du continent africain dans l’ordre international. Reste à transformer ces succès en gains politiques et économiques, estime le spécialiste dans un entretien au « Monde ».
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Après la reconnaissance, en mars, de l’esclavage transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité », le groupe africain a remporté, le 4 septembre, une nouvelle victoire symbolique aux Nations unies avec la résolution « Corriger la carte », qui appelle à remplacer les planisphères, dont la projection dite « de Mercator », déformant la taille de l’Afrique. Non contraignantes, ces initiatives replacent au cœur du débat diplomatique la question des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation.
Paul-Simon Handy est directeur régional, à Addis-Abeba, de l’Institut d’études de sécurité pour l’Afrique de l’Est, qu’il représente auprès de l’Union africaine. Il défend une « mémoire de la responsabilité », qui enjoint aux Etats africains de reprendre la main sur le récit de leur passé, sans que cela les dispense d’assumer leurs responsabilités face aux difficultés politiques et économiques actuelles.
Les deux résolutions portant sur la reconnaissance de l’esclavage transatlantique et sur la réforme de la cartographie mondiale ont été largement approuvées aux Nations unies. Que dit cette séquence de la diplomatie africaine ?
Ce sont deux victoires diplomatiques importantes. L’Union africaine, le Ghana et le Togo, qui ont porté ces dossiers, ainsi que le groupe africain aux Nations unies, ont démontré une capacité d’initiative. Il ne s’agit plus d’une Afrique qui réagit à des propositions formulées par d’autres puissances, occidentales, chinoise ou russe. Ici, l’Afrique identifie un problème, formule une proposition, puis construit une coalition pour la soutenir. Ce faisant, elle oblige les autres puissances à prendre position.
Est-il nouveau, pour l’Union africaine, de porter des questions aussi étroitement liées à la mémoire ?
Ce n’est pas entièrement nouveau. Mais ces questions constituent une victoire dans la manière dont le monde se représente le passé : une victoire normative, qui montre la capacité de l’Afrique à imposer un récit – « a narrative », comme disent les Anglo-Saxons.
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