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RÉCIT - Une très riche exposition, à Paris, confronte l’œuvre du peintre provençal à celle de ses successeurs. Qui, tous, apparaissent les débiteurs ou les héritiers du père de l’art moderne.
« Une deuxième Révolution a eu lieu en France, plus fondamentale que la première, dans le dernier tiers du XIXe siècle. Elle a porté sur les racines mêmes de ce qu’on appelle communément penser, dire, percevoir, représenter, se souvenir, sentir. […] En peinture, cette révolution a un nom : Cézanne . » Il semble que l’exposition du Grand Palais se justifie tout entière dans ces mots de Philippe Sollers, extraits du Paradis de Cézanne, joliment réédité chez Gallimard pour l’occasion. Pour le dire simplement, ce que propose l’itinéraire au long cours de « Cézanne et nous » – 69 tableaux de Cézanne et 105 de 78 autres artistes, dont Picasso, Derain, Matisse, Mondrian, Boccioni, Hantaï, Wesselmann, Warhol, Zao Wou-Ki… – n’est autre qu’un panorama de ce que l’on nommera commodément l’art moderne.
Moderne, Cézanne l’est assurément. Dès le début des années 1890, soit à peu près une vingtaine d’années après sa participation à la première exposition impressionniste, il adopte une radicalité…


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