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Paul Biya a quitté Yaoundé le 7 juin pour Genève, où il est pris en charge dans une clinique privée. Un malaise survenu lors de la réception du 20 mai au palais de l’Unité a précipité ce départ, initialement prévu plus tôt mais repoussé pour des raisons d’image politique. Le séjour suisse, prévu deux semaines, a déjà été prolongé. Et les grands dossiers du moment l’ont suivi en Suisse.
Un départ précipité, un avion qui attendait depuis des semaines
Le président camerounais devait partir bien avant le 20 mai. Ses médecins réclamaient une hospitalisation depuis plusieurs semaines, notamment pour une intervention au genou. Mais ses conseillers américains, dont l’influence s’est renforcée depuis un précédent séjour genevois en septembre 2025, avaient jugé le moment politiquement inopportun.
Le malaise du 20 mai a tout accéléré.
Ce jour-là, lors de la réception officielle au palais de l’Unité, Biya a nécessité l’intervention immédiate de son équipe médicale, composée de praticiens suisses et français. Des médecins européens ont été dépêchés en renfort à Yaoundé dans les jours suivants. Un avion médicalisé, affrété depuis l’Europe, a d’abord stationné en Guinée équatoriale pour préserver la discrétion, puis attendu cinq jours sur le tarmac de Nsimalen, avant de repartir sans le président. Paul Biya n’a finalement quitté le Cameroun que près de deux semaines après ce malaise.
Il est parti accompagné de Chantal Biya, du vice-amiral Joseph Fouda et du directeur du cabinet civil Samuel Mvondo Ayolo. Selon Jeune Afrique, l’affection exacte au genou n’a pas été précisée publiquement. Le cabinet civil indique, lui, que le président n’était pas hospitalisé au 17 juin.
Les dossiers brûlants qui patientent, et Franck Biya attendu à Genève
Avant son départ, plusieurs chantiers urgents n’ont pas été bouclés. La désignation d’un vice-président de la République tient le pays en haleine depuis des semaines. Les nominations de hauts gradés militaires et celle à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature sont aussi en attente. Samuel Mvondo Ayolo assure le suivi de ces dossiers prioritaires depuis Yaoundé.
Une partie de l’appareil politique s’est néanmoins déplacée en Suisse, comme c’est l’usage lors des séjours prolongés du chef de l’État à l’étranger. Et selon Jeune Afrique, Franck Biya, actuellement à Monaco pour affaires, doit rejoindre son père à Genève. Une séance de travail est prévue, notamment autour du projet de vice-présidence. Le nom du fils du chef de l’État figure parmi les favoris sérieusement cités pour ce poste de numéro deux de la République.
C’est un signal que personne ne peut ignorer.
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Rodrigue Batag
Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l'actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.


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