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Patient bizarre : son test de grossesse positif n’était pas le signe d’un bébé en route mais d’une maladie grave

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Saignements, douleurs, test de grossesse positif... La patiente présentait tous les symptômes d'une grossesse extra-utérine, qui survient quand l'embryon se développe en dehors de l'utérus. Mais l'examen clinique et des examens d'imagerie médicale ont révélé la présence d'un cancer de l'ovaire rare. Son cas a été décrit dans la revue Oncoscience.

Une masse solide détectée à l'échographie 

Au moment d'examiner la jeune femme, le gynécologue sent une masse solide à la palpation de son abdomen. L'examen pelvien, qui s'effectue par voie vaginale, révèle par ailleurs un utérus dévié à gauche et une volumineuse masse solide à droite, adhérente à l’utérus. Durant cet examen, le spécialiste détecte également un kyste mobile au fond du vagin

Il décide alors de réaliser une échographie. À l'image, aucun sac gestationnel n'est détecté, donc aucune grossesse en cours. L'utérus est de taille normale, mais une masse solide bien délimitée (10,2 x 7,8 x 7,8 cm) est visible du côté droit. Cette masse très vascularisée saigne, ce qui explique les saignements constatés par la patiente depuis trois mois. Le taux de β-hCG (hormone de grossesse) dans le sang de la patiente est aussi très élevé (262 809 mUI/mL ; valeur normale < 5,0 mUI/mL). Ce qui explique que le test de grossesse urinaire soit revenu positif. 

L'IRM révèle un choriocarcinome ovarien non gestationnel

Suspectant une tumeur cancéreuse, les médecins réalisent une IRM et une tomodensitométrie avec injection de produit de contraste. Ces examens révèlent une tumeur à l'ovaire droit, probablement un choriocarcinome non métastasé. L'analyse de la tumeur confirme qu'il s'agit bien d'un choriocarcinome ovarien non gestationnel (CONG) de stade I, c'est-à-dire limité à l'ovaire. 

Les CONG sont des cancers extrêmement rares, ne représentant que 0,6 % des tumeurs ovariennes recensées. Heureusement, le diagnostic a été posé au début de la maladie, augmentant les chances de guérison de la patiente. Elle a bénéficié d'un traitement chirurgical (pour retirer la tumeur) et d'une chimiothérapie, une prise en charge rapide qui lui a permis de guérir de la maladie. Néanmoins, un suivi médical est nécessaire pendant deux ans pour surveiller son état de santé (dosages de β-hCG et scanners). 

La patiente n'avait pas d'antécédents médicaux pouvant augmenter le risque de développer un cancer gynécologique. Cependant, sa mère et sa grand-mère avaient eu un cancer du sein après l'âge de 50 ans. Elles avaient toutes les deux été traitées par chirurgie, suivie d'une chimiothérapie adjuvante. Il faut savoir que l'histoire familiale de cancer du sein et/ou de l'ovaire représente le principal facteur de risque de cancer de l'ovaire, par transmission de gènes de prédisposition

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