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ENTRETIEN - Dans Adieu Afrique. Histoire d’une rupture fatale, le président de l’Institut Choiseul analyse les raisons du divorce entre la France et le continent africain. Il pointe le mélange de repentance et de paternalisme des élites françaises à l’égard de l’Afrique et prône une refondation de nos relations.
LE FIGARO MAGAZINE.- Longtemps, la France a eu une influence très importante en Afrique. Mais depuis quelques années, notre pays voit son crédit politique disparaître et est éjecté de ses positions stratégiques par d’autres acteurs. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Pascal LOROT.- Disons-le d’emblée : ce n’est pas l’Afrique qui nous a quittés, c’est nous qui l’avons perdue. Trop de commentateurs se réfugient dans une lecture victimaire : la Russie, la Chine, la Turquie et bien d’autres encore nous auraient « chassés ». C’est là une commodité qui nous dispense d’un examen de conscience. La vérité est que nous avons déserté avant d’être remplacés.
Nous en sommes arrivés là par une accumulation de renoncements. D’abord un renoncement économique. Un chiffre : notre part dans le commerce africain a été divisée par deux en vingt ans, passant d’environ 15 % à moins de 8 %. Nous avons laissé filer nos positions marché après marché, non par fatalité mais par manque d’appétit…


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