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ENTRETIEN - Accusé d’avoir écrit des messages antisémites lorsqu’il était mineur, ce qu’il conteste, Jordan Bardella a appartenu à une génération influencée par le soralisme, aujourd’hui éparpillée dans toutes les familles politiques, analyse le directeur de l’observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès.
Passer la publicité* Chercheur associé à l’Iris, Jean-Yves Camus dirige l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès.
LE FIGARO. - Accusé d’avoir produit des écrits antisémites lorsqu’il était jeune militant, ce qu’il conteste, le président du RN a-t-il évolué dans un environnement où l’influence d’Alain Soral était patente au FN ? Quelle a été le poids réel de cette personnalité d’extrême droite au FN, avant son départ en 2009 ?
JEAN-YVES CAMUS. - La vraie question est le poids des idées de Soral dans la génération de la post-vérité et du complotisme. Soral prospère grâce au changement total de paradigme rendu possible, au début des années 2000, par l’arrivée d’internet, des forums de discussion et des plateformes de partage de vidéos. L’opinion ne se forme plus par l’école, le savoir et la lecture. Chaque individu croit pouvoir exprimer sa vérité, sur tous les sujets, hors de toute vérification, de toute science.
Dès le début, Soral recycle les tropes de Drumont et des Protocoles…


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