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Dans une audience sous tension, Ysoufou Traoré a comparu jeudi à Paris pour des faits présumés de violences contre des policiers lors d’une manifestation interdite. Le militant assure n’avoir porté aucun coup aux forces de l’ordre.
Passer la publicité Passer la publicitéLe tribunal correctionnel de Paris jugeait jeudi, dans une ambiance tendue, Ysoufou Traoré pour outrage et violences envers des policiers à Paris en juillet 2023 lors d'une manifestation interdite à la mémoire de son frère Adama. «C'est un mensonge, ils ont menti. À aucun moment, j'ai frappé un policier», affirme devant les juges l'imposant homme de 32 ans, en imperméable noir, dans une salle placée sous haute surveillance.
Dans le contexte éruptif de la mort de Nahel et des émeutes des banlieues, survenus quelques jours avant, les autorités du Val-d'Oise avaient interdit la manifestation pacifique annuelle à la mémoire d'Adama Traoré, jeune homme noir décédé suite à son arrestation par des gendarmes de Persan en 2016. Les organisateurs avaient alors appelé à un rassemblement place de la République à Paris le 8 juillet 2023, qui avait été à son tour interdit.
Le parquet poursuit Ysoufou Traoré (aussi appelé Youssouf) pour avoir lors de cette manifestation outragé une commissaire et frappé un autre fonctionnaire de police d'un coup au thorax, puis s'être violemment rebellé lors de son interpellation trois quarts d'heure plus tard. La défense conteste ces accusations.
Dix jours d’ITT
Ysoufou Traoré, qui s'était vu prescrire 10 jours d'ITT après son interpellation, notamment pour une fracture du nez, avait porté plainte à l'IGPN. Cette procédure a été depuis classée sans suite. Après trois renvois d'audience, le dossier était jugé jeudi dans une ambiance électrique dans une salle où se côtoyaient policiers et soutiens en nombre de la famille Traoré. S'appuyant sur les nombreuses vidéos, les juges décortiquent seconde par seconde les différentes scènes.
«On était dans un moment globalement très calme, aucune protection sur nous. Ce qui est particulièrement marquant c'est le delta entre le contexte général, mon attitude d'apaisement et la montée immédiate de (Ysoufou Traoré). Il est immédiatement agressif, outrageant», estime à la barre la commissaire qui s'était vu rétorquer «je m'en bats les couilles» - propos dont le prévenu conteste le caractère outrageant.
Quant à la caméra piéton montrant sa main se porter vers un autre policier lors d'un mouvement de foule, il nie avoir voulu le frapper. «Ce n'est pas du tout un coup de poing, c'est une main qui va vers l'avant mais sans porter de coup, sans agresser personne», avance Ysoufou Traoré. Les forces de l'ordre décident d'attendre le dispersement du rassemblement pour l'interpeller, à proximité de la gare de l'Est. Les vidéos montrent de nombreux policiers casqués fondre sur lui et le prévenu se débattre.
Le père de quatre enfants dit s'être rebellé par peur de «mourir» comme son grand frère Adama, affaire qui a abouti à un non-lieu pour les gendarmes mis en cause. «Je veux pas aller au sol, parce qu'au sol je peux mourir. Ils se fichent de nos vies, tout ça (...). Leurs techniques (d'interpellation) ne sont pas bonnes en fait», dit-il.


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