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En 2020, une étude publiée dans Frontiers in sustainable cities révélait que les 25 plus grandes mégapoles mondiales émettaient à elles seules plus de 50 % des gaz à effet de serre à l'échelle planétaire.
À Paris, 22,7 millions de tonnes d'équivalent CO2 ont été rejetées dans l'atmosphère en 2018, selon le bilan carbone réalisé par la municipalité. En 2024, ce chiffre était descendu 19,7 millions, ce qui est encore beaucoup trop.
Pour gagner en sobriété, la capitale est en train d'accélérer le déploiement des énergies renouvelables, ce qui va transformer radicalement les modalités de production et de consommation énergétique à l'échelle du territoire. Pour Paris, l'objectif est d'atteindre la neutralité des émissions en 2050, conformément à la Stratégie nationale bas carbone.
Le virage vers le solaire
En ville, ce sont les bâtiments et les infrastructures qui polluent le plus, avec plus des deux tiers des émissions qui leur sont imputables, le reste provenant de la mobilité et de la consommation de produits manufacturés. Afin de corriger le tir, l'énergie solaire représente une technologie simple à mettre en œuvre sur la plupart des immeubles et des édifices, qui présente l'avantage d'être à la fois décarbonée, locale et peu coûteuse pour remplacer le gaz naturel, le fuel domestique et le charbon.
Dès 2013, la Halle Pajol, un ancien entrepôt de la SNCF situé dans le 18e arrondissement, est devenue la première centrale photovoltaïque parisienne, avec 3 500 mètres carrés de panneaux installés sur sa toiture, et la possibilité de produire environ 300 mégawattheures.
Presque dix ans plus tard, en 2022, la coopérative citoyenne Enercit'If, constituée de plusieurs centaines de Parisiens souhaitant développer l'énergie photovoltaïque, a inauguré sa dixième centrale solaire sur les toits d'un hôtel du 19e arrondissement.
En 2025, la municipalité a annoncé l'installation de 1 200 panneaux photovoltaïques sur le toit de la grande canopée des Halles, avec une mise en service prévue en janvier 2026. Ce sont ainsi 20 % des besoins énergétiques des bâtiments publics situés dans le quartier qui pourront être couverts. Dans les prochaines années, ce sont des dizaines de projets similaires qui vont le jour.
Pour accélérer encore un peu plus le mouvement, la capitale dispose d'un cadastre solaire dématérialisé, consultable gratuitement en ligne par les particuliers et les entreprises, qui permet de connaître le potentiel de production en KWh par mètre carré de chaque bâtiment parisien, calculé en fonction de son exposition au soleil tout au long de l'année. Grâce à un code couleur allant du bleu foncé au rouge, il est possible d'identifier les endroits les plus propices à un rendement maximal.
À ce jour, la puissance installée dans Paris intra-muros avoisine déjà les 500 MW, et elle va augmenter considérablement, avec une croissance annuelle de l'ordre de 30 %.
En complément, la banlieue participe elle aussi au virage vers le solaire. Dans le Val-de-Marne, la centrale photovoltaïque de L'Haÿ-les-Roses aligne 6 578 panneaux sur le toit d'un réservoir d'eau potable, qui produisent annuellement plus de 1 700 MWh, soit une quantité d'électricité suffisante pour alimenter 500 foyers. À Meaux, à Sourdun, à Triel-sur-Seine, à Marcoussis, les centrales solaires au sol, qui disposent d'une superficie d'implantation nettement plus importante que les installations intra-muros, sont constituées de plusieurs dizaines de milliers de panneaux, et possèdent une capacité de production suffisante pour répondre chacune aux besoins de plusieurs milliers de personnes.
La géothermie parisienne représente une solution énergétique particulièrement efficace. © Clubic, YouTubeDévelopper la géothermie, la biomasse et l'hydroélectricité
En complément, d'autres sources d'énergies renouvelables vont connaître un fort développement en tirant parti du sous-sol, des cours d'eau et des espaces végétalisés. La géothermie, dont le procédé consiste à récupérer la chaleur naturellement présente sous terre, à des profondeurs qui varient entre plusieurs centaines de mètres et quelques kilomètres, pour la faire remonter à la surface et la transformer en électricité, a fait son apparition à Paris depuis plusieurs années.
Depuis 2017, la centrale géothermique de Grigny et Viry-Châtillon alimente en chauffage des équipements publics et des logements. Cette initiative a vite été complétée par toute une série de projets développés à Trappes, Chelles, Nanterre, Cergy-Pontoise, Neuilly-sur-Marne, Pantin, Gentilly, Arcueil ou encore Moissy-Cramayel. En 2021, la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) a installé l'une des premières centrales intra-muros dans le 19e arrondissement, qui peut chauffer plus d'un million de mètres carrés. Aujourd'hui, ce sont plus d'une dizaine de sites qui sont présents dans les différents arrondissements.
Le sous-sol de la capitale dispose d'une configuration particulièrement favorable à ce type de dispositif, avec la possibilité de couvrir à terme la moitié des besoins en chauffage et eau chaude des habitants du Grand-Paris.
Autre levier de changement avec la biomasse, qui permet de produire de l'énergie à partir des végétaux, des bactéries, des champignons et des déchets agricoles en les transformant en biogaz par combustion dans des chaufferies spécifiques. La végétalisation des bâtiments et la renaturation des espaces publics dans une logique d'adaptation au réchauffement climatique pousse dans cette direction. Aujourd'hui, l'Ile-de-France compte 120 chaufferies biomasse en fonctionnement pour une puissance totale cumulée de 555 MW, qui produisent chaque année plus de 1,5 TWh, soit trois fois plus qu'il y a dix ans.
Enfin, les cours d'eau, qui sont encore sous-exploités en ville pour produire de l'énergie, sont eux aussi mis à profit. En 2018, l'établissement public VNF (Voies navigables de France) a construit cinq microcentrales hydroélectriques sur la Seine, à Suresnes, Chatou, La Grande Bosse, Vives-Eaux et Coudray-Montceaux, auxquelles se sont depuis ajoutés neuf autres projets. À terme, ce réseau, dont le développement est en train de s'accélérer, pourrait produire annuellement suffisamment d'électricité pour alimenter plusieurs centaines de milliers de foyers.
Paris, ville de l'énergie verte et locale
En 2050, les énergies renouvelables seront devenues la clé de voûte de l'approvisionnement des Parisiens en électricité et en gaz propre. Les panneaux solaires auront massivement intégré le bâti, recouvrant la grande majorité des constructions, devenant ainsi une composante de l'identité de la capitale.
Dans la proche banlieue, les barrages exploiteront l'eau de la Seine, tandis que les centrales géothermiques et les unités de production de biomasse se seront démultipliées sur l'ensemble du territoire pour produire de l'électricité, de la chaleur et du biogaz.
En relocalisant l'essentiel de la production énergétique, Paris sera devenu une ville résiliente, autonome, et faiblement émettrice de gaz à effet de serre.


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