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Pam Bondi, la ministre de la Justice virée par Donald Trump après sa gestion de l’affaire Epstein

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International 03/04/2026 06:20 Actualisé le 03/04/2026 09:04

La procureure générale des États-Unis a été limogée. Sa gestion chaotique de l’affaire Epstein a grandement pesé dans la balance.

EN BREF Pam Bondi a été limogée de son poste de procureure générale (ministre de la Justice) par Donald Trump en raison de sa mauvaise gestion de l’affaire Epstein.
Son départ est aussi consécutif à des tensions avec le président qui aurait aimé des sanctions plus rapides contre Joe Biden.
Todd Blanche la remplace temporairement, tandis que Lee Zeldin est pressenti pour prendre la tête du ministère de la Justice.

Pam Bondi subit le même sort que Kristi Noem, débarquée de son poste à la tête de la Sécurité intérieure après la mort de deux manifestants à Minneapolis. La procureure générale des États-Unis, équivalent de ministre de la Justice en France, qui était de plus en plus sur la sellette ces derniers mois, a finalement été limogée ce jeudi 2 avril par Donald Trump.

Plusieurs sources au sein de l’administration de Donald Trump avaient déjà confié la veille à ABC News ou au New York Times que Pam Bondi était sur un siège éjectable. Le président était notamment mécontent de la gestion de l’affaire Jeffrey Epstein par sa ministre. Elle s’était mise elle-même en difficulté en assurant en février 2025 qu’elle avait sur son bureau la « liste de clients » du prédateur sexuel décédé en prison, et qu’elle avait bien l’intention de la rendre publique. Avant de rétropédaler quelques mois plus tard, affirmant que les documents en sa possession n’incluaient ni liste, ni témoignages incriminants.

Peu après, dans une mise en scène en présence de plusieurs influenceurs MAGA, elle a distribué des dossiers labellisés « Epstein, partie 1 ». Déception énorme pour ces supporters chauffés à blanc par Donald Trump, qui pendant toute la campagne présidentielle les a persuadés de l’existence d’un complot chez les élites. En fait, toutes les informations contenues dans ces classeurs étaient connues.

C’est peu dire que le scénario ne s’est pas du tout déroulé comme prévu. Le locataire de la Maison Blanche a, ensuite, fait face à un spectaculaire retour de bâton : les parlementaires ont voté en faveur de la publication de l’intégralité du dossier Epstein… dans lequel il est cité à plusieurs reprises. Sans être, à ce stade, poursuivi par la justice.

Même Susie Wiles doute

Ce retournement de situation avait fragilisé Pam Bondi à tel point que fin 2025, de premières rumeurs faisaient état d’un possible départ de la ministre. Si elle avait réussi, jusque-là, à sauver sa tête, elle n’avait clairement pas redoré son image dans les semaines suivantes. Sa désastreuse performance devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants mi-février dernier, lors de laquelle elle a refusé de s’excuser auprès des victimes de Jeffrey Epstein présentes dans la salle - comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, s’est ajoutée à la liste des griefs.

Pam Bondi, ici aux côtés de Donald Trump en juin 2025.

ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Pam Bondi, ici aux côtés de Donald Trump en juin 2025.

Même les républicains – Thomas Massie et Nancy Mace en tête – remettaient en cause son travail et la « transparence » proclamée par Pam Bondi, qui assurait que tous les documents avaient été publiés. Au contraire, de nombreux élus l’accusaient d’« étouffer » l’affaire. Au plus haut niveau de l’État, Susie Wiles, l’influente cheffe de cabinet de Donald Trump et très proche de Pam Bondi, jugeait aussi que la procureure générale s’était plantée sur l’affaire Epstein.

Résultat : élus démocrates et républicains ont voté pour faire comparaître la ministre devant la commission de surveillance de la Chambre des Représentants, afin qu’elle s’explique sur la gestion du dossier. L’audition était prévue le 14 avril, à huis clos. Avec son limogeage, ce rendez-vous reste incertain.

L’affaire Epstein n’était toutefois pas le seul irritant, selon les sources qui s’étaient exprimées sous couvert d’anonymat auprès des médias américains ce début de semaine. Avant même son retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait promis de se venger de l’administration Biden et de s’en prendre à ses « ennemis », au mépris de la démocratie.

Sauf que depuis, le président s’est publiquement agacé que la Floridienne n’y aille pas assez fort dans les représailles. En septembre, il interpellait directement Pam Bondi sur son réseau Truth Social : « Nous ne pouvons plus tarder, cela nuit à notre réputation et à notre crédibilité. Ils m’ont destitué deux fois et inculpé (cinq fois !), POUR RIEN. JUSTICE DOIT ÊTRE RENDUE, MAINTENANT ! ! ! » Sans résultat probant, ou du moins assez rapide.

Todd Blanche la remplace en intérim

Malgré les rumeurs insistantes et abondamment relayées dans la presse en début de semaine, Donald Trump et Pam Bondi s’affichaient ensemble tout sourire encore mercredi. La ministre avait accompagné le président à la Cour suprême qui assistait de manière inédite à une audience relative à un décret remettant en cause le droit du sol, signé par le républicain dès son retour au pouvoir et contesté devant la plus haute juridiction. Elle était également présente lors de l’allocution du président sur l’Iran. Et le républicain semblait encore apporter son soutien à sa ministre : dans un communiqué envoyé au New York Times, il affirmait que « la procureure générale Pam Bondi est une personne géniale qui fait un bon travail ».

L’entente de façade n’a pas duré et les masques sont finalement tombés jeudi. Dans un message sur Truth Social, Donald Trump a félicité le « travail remarquable » de Pam Bondi, précisant qu’elle « occupera prochainement un nouveau poste important et nécessaire dans le secteur privé ». C’est son second, Todd Blanche (un ancien avocat personnel de Donald Trump), qui a été nommé à la tête du ministère.

Mais cet intérim pourrait être bref : avant même l’officialisation du départ de Pam Bondi, un nom circulait pour la remplacer : Lee Zeldin, le patron climatosceptique de l’Agence fédérale de protection de l’environnement.

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