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Où en est l’enquête sur la collision à l’aéroport de LaGuardia?

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L’enquête entourant la collision entre un avion d’Air Canada et un véhicule de pompiers à l’aéroport de LaGuardia, qui a coûté la vie aux deux pilotes et qui a blessé une quarantaine de personnes, se poursuit mardi et continue de paralyser en partie l’aéroport new-yorkais. Le Devoir fait le point sur l’investigation et ses suites.

Sur quoi se concentre l’enquête ?

En conférence de presse lundi, Jennifer Homendy, la présidente du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB), a été catégorique : l’agence fédérale chargée d’enquêter sur les causes et événements entourant le drame a « beaucoup de questions sur tout ».

« À ce stade de l’enquête, nous ne nous limitons pas à rien », a-t-elle expliqué en disant vouloir ne manquer aucun détail.

Les enquêteurs de la NTSB sont quand même séparés en six « groupes », a détaillé Mme Homendy devant les journalistes. Alors qu’un groupe d’enquête se concentre sur la scène de l’accident, en calculant les angles d’impact notamment, un autre va analyser les différents enregistrements audio qui sont à la disposition de la NTSB, dont ceux à l’intérieur du poste de pilotage et ceux de la tour de contrôle.

D’autres éléments seront analysés, comme le niveau de formation des différentes personnes impliquées ou les procédures effectuées.

La NTSB a d’ailleurs mis la main sur l’enregistreur de voix du poste de pilotage et l’enregistreur de données de vol. Ce dernier outil, s’il n’est pas endommagé, pourrait permettre de déterminer la position précise de l’avion lors des différents moments avant l’accident.

Au total, ce sont environ 25 enquêteurs qui vont travailler sur place. Ils seront épaulés par des employés de la NTSB qui vont travailler depuis les bureaux de l’agence à Washington D.C.

Quel est le rôle du BST ?

La NTSB n’est pas seule dans l’enquête : le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) y participe également.

Cet organisme indépendant chargé de mener des enquêtes sur des événements impliquant la sécurité des transports participe à l’enquête puisque l’avion, un Bombardier CRJ900, et l’opérateur, Jazz Aviation — qui opérait pour le compte d’Air Canada —, sont tous deux d’origine canadienne.

« Cela donne au Canada un droit et un rôle officiel dans l’enquête selon l’Annexe 13 », explique le BST. Cette même Annexe 13 affirme que « la participation à l’enquête conférera la faculté de participer à tous les aspects de l’enquête, sous le contrôle de l’enquêteur désigné ».

Cependant, « les renseignements sur les progrès et les faits établis de l’enquête ne peuvent être rendus publics sans le consentement formel du NTSB », soutient le BST en précisant que l’organisme « ne pourra pas commenter l’enquête ».

Quand aura-t-on des réponses ?

La NTSB soutient qu’un « rapport préliminaire » est attendu dans les 30 jours suivant l’accident. L’agence américaine a donc jusqu’au 21 avril prochain pour donner les premiers détails entourant l’événement.

Le rapport final, qui devrait contenir « la cause probable de l’accident et les facteurs y ayant contribué », est attendu dans 12 à 14 mois, indique la NTSB.

Mais, en raison de l’attention médiatique envers le dossier, des détails permettant de reconstruire en partie la séquence des événements ont déjà été diffusés et continueront de l’être dans les prochains jours, la NTSB ayant déjà promis de nouvelles conférences de presse.

Les informations risquent toutefois d’arriver au compte-goutte, comme l’agence américaine souhaite contre-vérifier chaque information avant de la diffuser, et la navigation du site de l’épave peut s’avérer compliquée en raison de la « quantité impressionnante de débris », a souligné Jennifer Homendy. « C’est assez étendu. »

C’est aussi pour cette raison que le moment de la réouverture du tarmac où se trouve encore l’épave de l’avion demeure un mystère. Dans une note, l’Agence fédérale de l’aviation américaine (FAA) indique que la piste pourrait être rouverte vendredi.

À qui la responsabilité ?

Comme l’enquête n’est pas terminée, il est encore trop tôt pour déterminer qui est responsable de l’accident et quelles seront les conséquences, dit d’emblée Kevin Durkin, un avocat spécialisé des litiges en matière d’aviation basé à Chicago.

Joint au bout du fil, Me Durkin estime, en analysant les informations qui sont déjà publiques, que la responsabilité risque de tomber sur le contrôleur aérien qui a autorisé le passage du camion.

Les pompiers présents dans le véhicule pourraient aussi être tenus en partie responsables, si l’enquête juge qu’ils ont mal réalisé leur travail, souligne l’avocat en expliquant que, sur le tarmac, ils sont responsables d’être vigilants à la présence d’avions.

Ceci étant dit, « dans notre système, l’employeur, ou le corps gouvernemental dans ce cas, est responsable des actions des employés dans le cadre de leur travail », note-t-il en précisant que la faute reviendrait donc sur les épaules de la FAA et des travailleurs impliqués.

Quelles pourraient être les conséquences ? Comme il s’agit d’un cas civil, et que Kevin Durkin doute qu’il tourne au criminel, l’avocat croit qu’il pourrait y avoir une poursuite en dommage pour faute visant la FAA, mais pas les individus.

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