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Politique 08/07/2026 12:27 Actualisé le 08/07/2026 13:47
Le président du RN, resté silencieux mardi, a accompagné Marine Le Pen dans un premier déplacement de campagne dans la Sarthe.

FRED TANNEAU / AFP
La première réaction lapidaire de Jordan Bardella après la candidature de Marine Le Pen
Dur dur d’être un plan B. Jordan Bardella aura laissé passer la nuit pour réagir officiellement à la candidature de Marine Le Pen. Muré dans le silence depuis le rendu de la décision de la Cour d’appel de Paris dans l’affaire dite des assistants parlementaires, le président du Rassemblement national a accompagné la désormais candidate à la présidentielle pour un premier déplacement de campagne ce mercredi 8 juillet dans la Sarthe.
L’occasion de lui répéter son soutien, et de le dire devant les caméras. « Je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs et que l’innocence partielle du RN soit reconnue », a-t-il ainsi déclaré, quitte à tordre quelque peu la vérité puisque le parti et sa championne ont tous deux été de nouveau condamnés pour détournement de fonds publics.
« Nous allons continuer à travailler main dans la main comme nous l’avons toujours fait », a-t-il ajouté, sans plus d’émotion, avant d’assurer qu’il n’éprouvait de son côté ni « soulagement », ni « déception. » Pourtant, il y aurait de quoi. Le président du RN, potentiel favori de la prochaine présidentielle à en croire les sondages, doit maintenant se cantonner à un second rôle, comme l’a montré cette première déambulation commune ce mercredi.
Le Pen vante leur « complémentarité »
Quelques heures plus tôt, Marine Le Pen a effectivement sonné la fin de son aventure électorale en confirmant qu’elle serait bien candidate, malgré une nouvelle condamnation et une peine de trois ans de prison (dont un ferme sous bracelet électronique.) Pour cela, elle compte sur un pourvoi en Cassation, lequel suspend sa peine, et une décision qui serait rendue après la présidentielle. Un pari risqué, donc, plutôt que la mise en orbite du « plan B ».
Au contraire, la cheffe de file du RN s’est attachée, tout au long de son entretien sur LCI, à cantonner Jordan Bardella dans son costume d’aspirant Premier ministre. « Nous sommes complémentaires, nous nous sommes préparés. Moi à ce rôle imminent de présidente de la République, et Jordan au rôle non moins éminent de Premier ministre », a-t-elle martelé, en évoquant un « couple politique » qui « peut vraiment changer les choses et représenter un nouveau souffle pour notre pays. »
Reste désormais à savoir quel sera l’entrain de l’eurodéputé dans cette campagne, lui qui a passé un an dans les habits de potentiel candidat à la présidentielle. Au point d’imposer son entourage dans l’organigramme, d’imprimer sa marque, et de faire quelques embardées solitaires sur le programme historique du parti à la flamme.
Selon les premiers récits de presse, Marine Le Pen a pris la décision de se porter candidate à l’Élysée seule, mardi après-midi, en consultant ses soutiens et ses avocats. Jordan Bardella, qui était au siège du parti, lui aussi, n’a semble-t-il pas émis de doutes, ni protestations quant à ce retournement de situation. Jusqu’à quand ? Selon un sondage réalisé par YouGov pour Le HuffPost avant la décision de la Cour d’appel, un électeur du RN sur deux aurait aimé que l’eurodéputé soit candidat, même si Marine Le Pen était en capacité de l’être. Une donnée qui finira par se voir dans la campagne.


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