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Même si « la diminution de l’immigration temporaire et permanente limitera les gains économiques » du Québec dans les prochaines années, le gouvernement caquiste garde le cap sur une réduction des seuils migratoires. « On ne vise pas à devenir l’Inde », a lancé jeudi le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge.
En mêlée de presse à l’Assemblée nationale, l’élu de la Coalition avenir Québec a défendu sa décision d’effectuer « un contrôle de notre immigration ».
La veille, son collègue aux Finances, Eric Girard, avait attribué, dans son budget 2026-2027, une partie de la lente croissance économique attendue ces prochaines années à « l’ajustement de l’immigration temporaire et permanente ».
« Le vieillissement de la population et la diminution de l’immigration temporaire et permanente limiteront les gains économiques au cours des prochaines années », est-il écrit dans le plan budgétaire québécois, qui prévoit une croissance du PIB réel de 1,1 % en 2026 et 1,4 % en 2027.
En fin d’année dernière, le ministre Roberge a annoncé que le gouvernement du Québec réduirait ses taux d’immigration d’environ 60 000 nouveaux arrivants, en 2025, à 45 000 par an, de 2026 à 2029. Il prévoit aussi réduire d’environ 13 % le nombre de résidents non permanents dans les programmes qu’il gère, soit le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et le Programme des étudiants étrangers (PEE).
Ces décisions ont déjà eu des effets, comme les mesures de réduction de l’immigration temporaire du gouvernement fédéral. Selon des données de l’Institut de la statistique du Québec, le Québec a perdu 51 413 résidents non permanents en 2025.
« On vise à devenir la Suisse »
Interrogé sur le contenu du budget, en marge d’une séance du Conseil des ministres mercredi, Jean-François Roberge a de nouveau justifié sa planification de l’immigration. « Ça prend, bien sûr, une augmentation de la productivité, mais ça prend aussi un contrôle de notre immigration. Il faut recevoir un nombre d’immigrants qu’on est capable d’accueillir, pas miser sur toujours davantage de travailleurs à bas salaires », a-t-il dit.
« On ne vise pas à devenir l’Inde, on vise à devenir la Suisse », a-t-il enchaîné. « On est mieux d’être 9 millions de Québécois riches que 15 millions de Québécois pauvres. »
Référant à une page précise du budget, M. Roberge a constaté qu’en 2022, 2023 et 2024, le PIB réel par habitant avait baissé puis stagné au Québec. Il a fait remarquer que le nombre d’immigrants ces années-là était passé à 69 000, à 53 000, puis à 60 000. « Il y a eu, carrément, un dérapage, une augmentation beaucoup trop grande de la population québécoise, surtout [en raison] de l’immigration temporaire liée à la perte de contrôle d’Ottawa », a-t-il dit.
M. Roberge a constaté que la même page du budget Girard laissait entrevoir une augmentation dans les prochaines années du PIB par habitant. Augmentation qui coïncide, constate-t-il, avec la réduction des seuils d’immigration. « Entre le PIB et le PIB par habitant, l’indicateur à regarder, c’est le PIB par habitant », a-t-il souligné.
Interrogé mercredi sur les conclusions du ministère des Finances, le chef parlementaire du Parti libéral du Québec, André Fortin, a affirmé que la baisse de l’immigration était « un très mauvais signal pour l’économie au Québec ».
À ses côtés, son collègue député Frédéric Beauchemin a répété que son parti s’engageait à réactiver le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), aboli en novembre par le gouvernement, mais n’est pas allé jusqu’à réitérer son engagement de la campagne électorale — rehausser les seuils à 70 000 nouveaux arrivants par année. « On doit être plus productifs », a-t-il affirmé.
Le Parti québécois continue pour sa part de dire qu’un ajustement à la baisse de l’immigration « est nécessaire pour rétablir un équilibre dans l’économie ».


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