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La tension monte avant le choc Springboks-All Blacks. Rassie Erasmus déplore les nouvelles règles de World Rugby, qui "creusent le fossé" entre les staffs et les arbitres selon lui
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Par Emilie Dudon-Fournier Publié le 18 août 2026 à 18h04
Rassie Erasmus n’est jamais avare d’un bon mot. Sacré malin, il manie sa communication à la perfection et sait orienter les débats comme il le souhaite. Ces dernières sorties n’ont pas dérogé à la règle. Avant le choc du tout nouveau « Greatest Rugby Rivalry tour » entre les All Blacks et les Springboks samedi à Johanesbourg (16h05), le sélectionneur des champions du monde a mis les pieds dans le plat en déclarant que les nouvelles règles mises en place par World Rugby incitaient les entraîneurs et les équipes à laver leur linge sale en public. Dans la presse, en somme.
Dans leurs déclarations ces derniers jours, les All Blacks ont accusé publiquement les équipes sud-africaines — Springboks en tête — de ralentir délibérément le jeu pour contrer la vitesse d’exécution néo-zélandaise. Interrogé sur le sujet et sur une possible « guerre psychologique » avant la rencontre, Rassie Erasmus a affirmé que la stratégie des Blacks était normale compte tenu des règles imposées désormais.
Des réunions avec les arbitres uniquement si le staff opposé est présent
« Ce n’est pas une stratégie, c’est la chose évidente à faire : si vous voulez faire passer un message, vous devez le faire ici, en conférence de presse, parce qu’on ne peut plus vraiment parler aux arbitres », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, rapportée par rugby365.
De quoi parle-t-il exactement ? De la nouvelle réglementation imposée, qui prévoit que les entraîneurs d’une nation peuvent rencontrer l’arbitre du match avant la rencontre uniquement si l’autre staff donne son accord et assiste aussi à l’entretien. Ils pouvaient le faire seuls auparavant.
World Rugby limite aussi l’envoi de six vidéos après les matchs pour obtenir des précisions sur certaines actions. Des envois réalisés sur une plateforme commune et donc visibles par l’ensemble des autres staffs et arbitres.
Dialogue rompu avec les arbitres ?
Erasmus avait déjà contesté ce nouveau dispositif le mois dernier, qui rompt le dialogue direct avec le corps arbitral selon lui. Il en a remis une couche, indiquant que presque plus personne ne sollicite de réunions avec les arbitres avant les matchs aujourd’hui.
Il a d’ailleurs révélé en avoir lui-même décliné une cette semaine, estimant qu’elle n’avait aucun intérêt. « Il y a clairement une frustration de la part des entraîneurs de ne pas pouvoir se réunir avec l’arbitre si leur homologue n’est pas présent », a-t-il justifié.
« Cette semaine, c’est moi qui ai dit : ‘Non, pas besoin.’ Ça n’a plus aucun sens maintenant, alors qu’ils (les All Blacks, N.D.L.R.) ont déjà joué quatre matchs (contre des provinces sud-africaines) et qu’il faudrait essayer d’accorder nos violons en seulement trois séances d’entraînement. »
Ainsi, le technicien a assuré qu’il « comprenait tout à fait » les déclarations néo-zélandaises de ces derniers jours.
« S'ils pensent sincèrement que nous ralentissons le jeu, ils ne peuvent pas venir le dire dans une réunion où nous serions présents pour leur rétorquer l'inverse. C'est tout à fait logique de le faire dans la presse avec ces nouvelles règles. »
« Je ne comprends pas comment on en est arrivé là », a conclu Rassie Erasmus, regrettant « le fossé qui se creuse entre les coachs, les entraîneurs de la mêlée et les arbitres sur des questions tactiques. La seule option qui reste pour se faire entendre, ce sont les médias. »
On a cru remarquer ça…
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