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On bannit les crevettes de nos assiettes à cause de leur cholestérol, mais ce qui fait vraiment grimper le taux sanguin se cache ailleurs

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Une portion de crevettes contient plus de cholestérol qu’un steak de bœuf. C’est un fait, et c’est précisément ce chiffre qui a valu à ce crustacé sa réputation d’ennemi des artères depuis des décennies. Pourtant, les recherches les plus solides sur le sujet racontent une tout autre histoire : ce ne sont pas les crevettes qui font grimper le cholestérol sanguin, mais les graisses saturées, dont elles sont quasiment dépourvues.

Le raisonnement qui a banni les crevettes des assiettes des cardiaques semblait logique sur le papier. Un aliment riche en cholestérol alimentaire devait forcément se traduire par un taux de cholestérol sanguin plus élevé. Pendant des décennies, on a supposé que consommer des aliments riches en cholestérol augmentait automatiquement le taux de cholestérol sanguin, mais les recherches récentes ont nuancé cette vision, montrant que pour la majorité des individus, le cholestérol alimentaire n’a qu’un impact modeste sur le taux de cholestérol sanguin. Le corps humain n’est pas une simple balance qui additionne ce qu’on avale.

À retenir

  • Une portion de crevettes contient plus de cholestérol qu’un steak, mais pourquoi cette donnée trompe-t-elle les cardiologues depuis 30 ans ?
  • Le foie produit 80% du cholestérol sanguin et s’autorégule : ce que vous mangez n’est peut-être pas le problème
  • Une étude de Harvard a révélé un résultat surprenant sur les crevettes vapeur — et les triglycérides

Sommaire

  1. Le foie, chef d’orchestre méconnu du cholestérol
  2. L’étude qui a rebattu les cartes
  3. Le vrai coupable se cache dans le beurre, pas dans le crustacé
  4. Attention à la sauce, pas au crustacé

Le foie, chef d’orchestre méconnu du cholestérol

Voici ce que la plupart des régimes anti-cholestérol oublient de préciser : le foie produit naturellement environ 80% du cholestérol présent dans l’organisme, et possède des mécanismes de régulation qui ajustent sa production en fonction des apports alimentaires, si bien que lorsqu’on consomme davantage de cholestérol, le foie en produit généralement moins. l’organisme compense. Pour la grande majorité des mangeurs, pour environ 75% des gens, le cholestérol alimentaire a un effet minime sur les niveaux de cholestérol sanguin.

Ce mécanisme d’autorégulation n’est pas une théorie marginale. Selon des recherches synthétisées par des experts en nutrition, les graisses saturées et trans que nous consommons ont un impact beaucoup plus important sur notre taux de cholestérol sanguin que le cholestérol alimentaire lui-même. C’est cette distinction, entre ce qu’on mange et ce qui circule réellement dans le sang, qui change tout pour les amateurs de crevettes.

L’étude qui a rebattu les cartes

Il y a trente ans, une expérience menée conjointement par la Harvard School of Public Health et l’université Rockefeller de New York a mis les crevettes à l’épreuve. Cette étude a montré qu’un régime pauvre en graisses incluant des crevettes cuites à la vapeur ne faisait pas grimper le taux de cholestérol sanguin, et pouvait même le faire baisser. Un résultat qui a de quoi surprendre, vu la mauvaise réputation du crustacé.

Les chercheurs sont allés plus loin en comparant directement un régime à base de crevettes à un régime à base d’œufs, deux aliments réputés pour leur teneur élevée en cholestérol. Le constat a été net : l’augmentation du cholestérol HDL était proportionnellement plus importante que celle du LDL, ce qui signifie que le ratio LDL/HDL, un indicateur plus fiable du risque cardiovasculaire, ne s’est pas dégradé, et s’est même montré plus favorable qu’avec un régime à base d’œufs à teneur équivalente en cholestérol. Bonus inattendu : l’étude a également observé une réduction des triglycérides chez les participants consommant des crevettes.

Ce dernier point mérite d’être détaillé, car il s’explique par la composition unique des crevettes. La même étude a montré que les crevettes réduisaient les triglycérides de 13% par rapport au régime à base d’œufs, probablement en raison de leur très faible teneur en graisses et de la présence d’acides gras oméga-3. Les crevettes ne se contentent donc pas d’être neutres, elles apportent un bénéfice mesurable sur un autre marqueur cardiovasculaire.

Le vrai coupable se cache dans le beurre, pas dans le crustacé

Comparons les chiffres, pour de bon. Sur une portion de 100 grammes, les crevettes cuites affichent environ 189 milligrammes de cholestérol, un niveau élevé, certes. Mais leur teneur en graisses saturées reste dérisoire : shrimp: 189 mg de cholestérol, 0,4 g de graisses saturées et 1,7 g de matières grasses totales, contre 90 mg de cholestérol et 4,5 g de graisses saturées pour du bœuf maigre, ou encore 186 mg de cholestérol et 1,6 g de graisses saturées pour un œuf. Les crevettes cumulent donc le taux de cholestérol alimentaire le plus élevé du classement, mais la teneur en graisses saturées la plus basse.

Ce détail change toute la donne, parce que le mécanisme biologique à l’œuvre passe justement par ces graisses saturées. Les graisses saturées, présentes en abondance dans la viande rouge, le beurre et les aliments transformés, poussent le foie à augmenter sa production de LDL et gênent la capacité de l’organisme à éliminer ce LDL de la circulation sanguine, ce qui rend le profil lipidique global d’un aliment bien plus déterminant pour la santé cardiaque que sa simple teneur en cholestérol. un fromage à pâte dure ou une pâtisserie industrielle, pauvres en cholestérol mais gorgés de graisses saturées, représentent un risque plus concret pour vos artères qu’un plat de crevettes vapeur.

L’Association américaine de cardiologie elle-même a acté ce changement de paradigme. L’AHA ne désigne pas spécifiquement les crevettes comme un aliment à éviter, ses recommandations alimentaires se concentrant plutôt sur la limitation des graisses saturées et des graisses trans. La bascule est significative : on ne parle plus de bannir un aliment isolé, mais de surveiller une catégorie de graisses, où qu’elle se cache.

Attention à la sauce, pas au crustacé

Reste une nuance de taille, souvent oubliée dans l’euphorie de la réhabilitation des crevettes. Le mode de cuisson compte autant que l’aliment lui-même. Selon les recommandations nutritionnelles actuelles, les préparations frites comme les beignets de crevettes augmentent nettement l’apport en graisses saturées, tout comme le beurre fondu ou une sauce hollandaise servis en accompagnement. Une crevette vapeur et une crevette panée puis frite dans un beurre nappé de crème n’ont, sur le plan lipidique, plus rien à voir. Le vrai piège n’est donc pas dans la coquille du crustacé, mais dans ce qui l’accompagne au fond de la poêle.

Sources : mentorshow.com | em-action.fr

L'équipe Sciencepost

Rédigé par L'équipe Sciencepost

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