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« Le tocsin doit sonner. Tout le monde doit s’y mettre ! Il faut cumuler investissements publics et privés. Je propose de suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s’engage pas résolument dans sa propre transformation écologique. Pas écolo, pas de cadeau ! Assez perdu de temps ! On nous dira écologie punitive ? Mais la punition, elle est déjà là. Et cette dette-là, la dette écologique, personne ne pourra l’effacer ni la rembourser ! Voilà ce que devraient dire les agences de notation ! » (Olivier Faure, le 29 août 2026 à Blois).
Je ne pensais pas qu'un jour, je l'écrirais, mais il y a peut-être un moment Olivier Faure. Premier secrétaire du PS depuis 2018, il va bientôt battre le record de longévité à la tête du parti socialiste, celui de François Hollande et de François Mitterrand... mais il aura du mal à rattraper Guy Mollet dont il a hérité du charisme et de la molle ambiguïté. Ce samedi 29 août 2026 après-midi, Olivier Faure a prononcé le discours de clôture du Campus socialiste, l'équivalent de l'université d'été du PS, à Blois, comme les précédentes années (d'où le titre, mais j'aurais pu imaginer d'autres jeux de mots, bien sûr, comme : Olivier Faure n'est encore pas sorti du Blois ; ou encore, je pourrais évoquer sa langue de Blois).
Je n'apprécie pas Olivier Faure, ce qui n'est pas étonnant puisque je ne suis pas du tout socialiste, il n'a pas le talent des bêtes de campagne comme Jean-Luc Mélenchon et il est loin d'un François Hollande. Mais il a tenu la boutique à une époque où Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon piquaient tous les clients. Aujourd'hui, le PS vaut 1,7% des voix (dernier résultat d'élection présidentielle), voire 5% si l'on se fie aux intentions de vote pour Olivier Faure. On comprend que l'arrivée d'un air neuf comme Raphaël Glucksmann pourrait être une solution pour ce parti de plus en plus ectoplasmique.
Olivier Faure n'en veut pas car il sait que la candidature de Raphaël Glucksmann ne mordrait pas sur l'électorat de gauche gauche très tenté par les insoumis. Alors, il va y avoir une primaire socialiste, à laquelle quatre candidats sont déjà déclarés, Jérôme Guedj, Philippe Brun, Ségolène Royal, et Raphaël Glucksmann, soutenu par le plus grand rival d'Olivier Faure, Boris Vallaud, président du groupe PS à l'Assemblée, ainsi que l'ancien candidat écologiste Yannick Jadot, et des maires et présidents de collectivités socialistes comme Carole Delga (Occitanie), Michaël Delafosse (Montpellier), Nicolas Mayer-Rossignol (Rouen), etc. Sans compter François Hollande et Bernard Cazeneuve qui, eux, ne participeront pas à la primaire.
Le bureau des candidatures est fermé à partir du 15 septembre 2026, le premier tour a lieu le 10 octobre 2026 et le second le 16 octobre 2026. Olivier Faure, qui a refusé d'être candidat trop tôt pour préserver l'unité de son parti à Blois, a tout de même fait un discours qui ressemblait fort (sans jeu de mot) à une déclaration de candidature.
Les journalistes convoqués pour commenter le discours sur les plateaux de télévision considéraient qu'il était sans saveur, mais je soupçonne ces journalistes de trouver bien confortable de voir Raphaël Glucksmann comme candidat socialiste, faisant partie du sérail médiatique (il a débattu avec Natacha Polony à la radio pendant un an, en 2017-2018 sur France Inter), et de ne pas comprendre qu'Olivier Faure pourrait créer la surprise.
Car si je ne souscris absolument pas à ses vues, je considère qu'Olivier Faure a su (enfin) transcender sa capacité à exprimer un vision politique. Certes, elle est complètement dépassée, elle sent la naphtaline, celle des années 1980, avec un discours très à gauche volontairement appuyé pour concurrencer Jean-Luc Mélenchon, et je pense que c'est ce que les militants électeurs de primaire aimerait face à un intello bobo un peu béât et assez candide qui ne saurait pas combattre dans une mare aux crocodiles (ce qu'est une campagne présidentielle).
Soit écrit en passant, le sort de Raphaël Glucksmann à la primaire socialiste pourrait être le même que le sort de Nicolas Hulot à la primaire écologiste de juin 2011 : une forte couverture médiatique, beaucoup d'amitié chez les journalistes, mais des postures très ringardes, celles qu'ils avaient connues il y a plusieurs décennies, et une incapacité à faire de la politique dans la cour de grands, sérieusement.
Dans son discours, évidemment, le premier secrétaire du PS a choisi d'imiter celui qui a le mieux réussi, François Mitterrand. Avec l'arrogance française qui nous est tant critiquée à l'étranger, comme ceci : « Parce que la France adoptera cette attitude implacable avec les pollueurs, vous verrez : le monde l’adoptera. François Mitterrand disait : "Quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde". Je le crois toujours. ».
Ce qui est aussi de gauche, c'est cette volonté de confondre la droite et l'extrême droite, qui aura pour conséquence d'empêcher tout rassemblement contre les extrêmes au second tour (et donc de favorises ces mêmes extrêmes) : « Cette progression de l’extrême droite, la droite dite républicaine y participe, jour après jour, qu’elle l’assume ou non. Elle a commencé par emprunter son vocabulaire, puis ses obsessions, puis, de plus en plus souvent, ses voix à l’Assemblée. Chaque fois qu’elle choisit de débattre sur le terrain de l’extrême droite plutôt que de le refuser, elle légitime un peu plus l’idée que ce terrain est le seul terrain possible. Chaque texte sur l’immigration, chaque convergence murmurée ou assumée, c’est un pas de plus dans la même direction. On ne se rapproche jamais du feu sans s’y brûler. Ceux qui pensent pouvoir emprunter les mots et les propositions de l’extrême droite sans en payer un jour le prix, se trompent devant l’histoire. ».
Un peu plus tard, le premier secrétaire du PS a encore amalgamé la droite et l'extrême droite, en reprenant du reste une expression éculée (celle du renard) : « Il y a une différence fondamentale entre la droite, l’extrême droite et nous. Ils nous répètent à tue-tête que la liberté, c’est l’absence d’entraves, qu’il suffit de retirer l’État, la règle, la loi, qu’il faut limiter la redistribution, pour libérer les énergies. La liberté consisterait simplement à ne pas être empêchée. Ce qu’ils nous vendent, c’est la liberté du renard dans le poulailler. Pourtant c’est la règle qui protège et donne à chacun les conditions de sa liberté. Et c’est précisément ce pare-feu qu’est l’État social que droite et extrême droite, sous couvert de rendre aux Français leur liberté, s’apprête à démanteler. Elles agitent la tronçonneuse de Milei et de Trump, moins d’impôts, moins de protections, moins de services publics ! Pour nous autres, la liberté c’est disposer réellement des moyens de devenir ce qu’on est capable d’être. En théorie la misère ne supprime pas la liberté ; mais en pratique elle la rend inaccessible. ».
Tout cela pour donner une argumentation morale contre le RN, alors qu'on sait bien qu'il faut le combattre politiquement et pas moralement, dès lors que le RN est un parti autorisé : « Nous devons nous dresser, être la digue, ne rien lâcher de ce qui fonde l’identité profonde de notre pays depuis la Révolution française ! Nous sommes là comme au premier jour, humbles mais fiers d’une histoire qui se confond avec celle de toutes les grandes conquêtes sociales ! Nous sommes entrés dans le temps des ogres. Le pouvoir brut est de retour, et il ne se cache plus. L’extrême argent s’est cyniquement choisi l’extrême droite comme allié, et réciproquement. ».
Et voilà encore un amalgame, extrême droite et argent, capitalisme ! Évidemment, ce discours ne peut être que porteur à gauche, face aux timides propos d'un Raphaël Glucksmann, car Olivier Faure y est allé avec ses gros sabots, en martelant n'importe quoi, en mélangeant tout, l'idée étant de casser du capitalisme en amalgamant, en généralisant, ce qui est très apprécié en France : « Nous assistons à une nouvelle mutation du capitalisme. (…) Je parle du système capitaliste incarné par les grands groupes, de la tech, de l’énergie, de l’agroalimentaire, souvent détenus par des fonds d’investissement sans âme. Le capitalisme des premières révolutions industrielles n’était pas le paradis. Loin de là ! Mais les combats du monde ouvrier avaient permis d’arracher des droits nouveaux, et de mettre le partage de la valeur à l’agenda. Désormais la planète brûle par l’avidité sans fin d’un néocapitalisme forcené qui ne voit la nature que comme un immense champ de profits financiers. Les nouveaux cannibales ne ressemblent pas aux industriels du XIXe siècle ni aux conglomérats du XXe. Ils portent le capitalisme dans sa forme prédatrice ultime, ils mangent la planète comme on dévore un capital, méthodiquement, joyeusement, en se distribuant des dividendes jusqu’à l’os. Le capitalisme numérique et énergétique a besoin de métaux critiques, de terres rares, de capacités de calcul, d’accès à une énergie abondante et stable. (…) Pour assurer sa domination, ce capitalisme n’est plus seulement un système de production et d’échange. Il ne produit plus, il capte : l’eau, l’énergie, les sols, les ressources rares. Les urgences collectives n’entrent pas dans les préoccupations des nouveaux dominants. Ce qui les enrichit nous affaiblit. Licencier des salariés dont on ne connaît ni le visage ni le nom, barrer la route des baleines pour installer une plateforme de forage, exploiter la forêt d’Amazonie jusqu’à sa destruction totale : tout cela relève de la même mécanique, les profits avant la vie. ».
On comprend bien qu'Olivier Faure veut concurrencer Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche. Mais n'est pas François Mitterrand ni François Hollande qui veut ! Je rappelle à toute fin utile la fameuse phrase de François Hollande dans son discours du Bourget le 22 janvier 2012 qui lui a probablement donné une longueur d'avance sur ses concurrents : « Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des États. ». Beaucoup d'électeurs de gauche se sont sentis trompés, semble-t-il, par un tel discours et j'imagine où ils se sont réfugiés aujourd'hui.
Là où le discours d'Olivier Faure pourrait être efficace pour des militants de gauche, c'est de redonner un sens à leur engagement, comme il l'a proposé en l'intégrant dans une perspective historique : « Le socialisme est d’abord une politique des capacités réelles. Il ne promet pas seulement l’égalité devant la loi. Il donne à chacun les moyens de sa liberté. Cette liberté-là ne tombe pas du ciel. Elle se construit et se protège. C’est tout le sens de ce que, face à la loi du plus fort, j’appelle la loi du plus juste. Non pas une loi qui contraint la liberté, mais la condition qui la rend possible. La Sécurité sociale n’a jamais été une entrave à la liberté des Français : elle est ce qui a permis à des millions d’entre eux de ne pas être esclaves de la maladie ou de la vieillesse ! L’école gratuite n’a jamais confisqué la liberté des enfants : elle la leur a donnée ! Chaque digue que la gauche a bâtie au vingtième siècle n’était pas une prison. C’était un pare-feu. Nous devons retrouver le fil historique du socialisme français. À chaque époque, la gauche a identifié une nouvelle frontière de l’émancipation. Hier, il fallait arracher l’enfant au travail, le salarié à l’arbitraire patronal, le malade à la peur de ne pouvoir se soigner, le vieillard à la misère. Sur tous ces conquis il ne faut pas reculer mais consolider. Aujourd’hui, de nouvelles vulnérabilités apparaissent : l’accès à une alimentation de qualité, le logement, la dépendance, l’isolement, la précarité du travail, l’enfance mal protégée, les fractures territoriales. Notre devoir n’est pas de conserver pieusement l’État social du XXe siècle. Il est d’en prolonger la promesse au XXIe siècle ! ».
Et de se référer à Léon Blum, François Mitterrand (encore), Lionel Jospin, Robert Badinter et François Hollande (encore) : « Le socialisme est, dans son essence, révolutionnaire. Notre radicalité n’est pas tonitruante, mais elle consiste à aller à la racine des choses. Quand le logement absorbe la moitié d’un salaire, quand l’école n’a plus les moyens d’empêcher la reproduction des inégalités, quand le travail ne permet plus de vivre décemment, quand l’héritage décide davantage d’un destin que le mérite ou le talent, nous ne voulons pas nous contenter de poser des rustines sur l’injustice. Nous voulons en supprimer les causes ! Nous porterons dans cette campagne cette radicalité tranquille mais tranchée, celle de François Mitterrand et de la gauche unie en 1981, cette radicalité souriante, celle de Léon Blum et du Front populaire en 1936. Cette radicalité méthodique, celle de Lionel Jospin et de la gauche plurielle en 1997. Qui oserait dire que ces socialistes n’ont pas changé la vie ? Toutes les grandes lois sociales l’ont été sous nos gouvernements : les cinq semaines de congés payés, la retraite, les 35 heures, la couverture maladie universelle, le revenu minimum, les droits dans l’entreprise… Et, de l’abolition de la peine de mort avec Robert Badinter au mariage pour tous sous François Hollande, nous avons donné à l’humanisme un accomplissement. ». Mais qui peut encore croire à ce storytelling ?
S'il fallait ne retenir qu'une mesure politique, ce serait celle-ci, un peu anecdotique, plutôt consensuelle, résultat, je suppose, de nombreuses réunions de brainstorming, mais qui ne va pas très loin vu tous les enjeux qui s'annoncent : « Nous sommes le pays de Racine, Hugo, Zola, Dumas, Baudelaire, Rimbaud, Duras, Yourcenar, Vuillard, Mathieu, Slimani… Je veux redonner aux enfants le goût et le plaisir de lire qui est le meilleur antidote aux écrans. Enfant, mon père nous lisait à voix haute les pièces de théâtre et les livres qu’il aimait. Un souvenir qui m’a armé pour la vie. C’est un grand service public de la lecture que je nous invite à créer en y associant les auteurs, les créateurs, les poètes, les comédiens au service des plus beaux textes. Ouvrir la culture à tous, c’est offrir à chacun sa liberté. Je veux que chaque enfant dispose d’un capital républicain qui permette à ceux qui ont quitté le système scolaire prématurément, de disposer d’une seconde chance pour se former, se reconvertir ou créer son activité professionnelle. ».
Et parmi les grands enjeux de la France, il y a la dette public, et surtout le déficit. On dépense trop et on impose déjà beaucoup trop. Il faut réduire la voilure, quoi, comment, c'est ça, l'enjeu majeur de 2027. Mais pour les socialistes d'Olivier Faure, il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes : imposer, imposer encore plus. Quitte à mettre l'avenir des enfants dans le coup : « Il faut assumer la bataille de la fiscalité. L’impôt n’est pas une punition. Il est la cotisation que nous versons à la civilisation commune. (…) Il faut assumer la bataille de la fiscalité. L’impôt n’est pas une punition. Il est la cotisation que nous versons à la civilisation commune. ». Nous sommes le pays qui redistribue le plus, et il faudrait encore imposer plus ?
Dans son simplisme politique, Olivier Faure a également mis Donald Trump dans le camp des autocrates où se trouvent déjà Vladimir Poutine et Xi Jinping : « La liberté que promeuvent Trump et ses amis libertariens, c’est la liberté de nouveaux colons à la recherche de nouveaux esclaves pour servir de nouveaux empires. C’est le retour de la loi du plus fort. Je veux porter avec vous la loi du plus juste. (…) Ce qui se joue derrière chaque incendie que j’ai décrit ce soir, c’est une bataille pour l’imaginaire. Regardez Poutine, regardez Xi, regardez Trump : ce sont des hommes qui ont compris l’intérêt de confisquer l’imaginaire d’un peuple pour décider ce qui est racontable, ce qui est pensable, ce qui est désirable. L’autoritarisme du vingt-et-unième siècle ne commence pas par des chars. Il commence par des récits qu’on nous impose, par une histoire qu’on nous vole. Défendre la liberté aujourd’hui, c’est aussi défendre notre droit collectif à raconter notre propre histoire, c’est défendre la culture et la liberté de l’information. Les forces autoritaires prospèrent lorsqu’elles réussissent à convaincre qu’il n’existe plus d’avenir commun, seulement des menaces, des ennemis et des déclins. ».
Le seul élément positif du discours d'Olivier Faure (à mon sens), c'est son laïus sur l'identité : « L’extrême droite a fait de ce mot, son arme favorite, en le rétrécissant jusqu’à l’étouffement. Une identité fermée, figée, qui exclut plus qu’elle ne rassemble. Mais relisons Patrick Weil, relisons Amin Maalouf, relisons Édouard Glissant : l’identité française ne s’est jamais construite dans la pureté, elle s’est construite dans la relation. Nous sommes une France qui n’est ni éternelle, ni nouvelle, mais vivante ! Un pays dont l’identité a évolué au fil des siècles, qui s’est métissé, un pays qui s’est enrichi de ses apports extérieurs ! aucune couleur de peau, aucune religion, aucune généalogie ne définit l’appartenance à la nation. Nous sommes tous les héritiers des soldats de Valmy, des résistants du Vercors, des combattants de Bir Hakeim, dès lors que nous épousons les valeurs de la République ! (…) La Nation n’est pas l’addition de ceux qui se ressemblent. Elle est l’organisation politique de nos différences autour d’un destin commun, c’est la défense commune d’un idéal qui se résume de quatre mots : liberté, égalité, fraternité, laïcité. Notre patriotisme n’a rien à voir avec le nationalisme. Le nationalisme a besoin d’ennemis pour fabriquer de l’unité. Le patriotisme républicain construit de l’unité en donnant à chacun une place dans le récit commun ! ».
La perspective budgétaire a été évoqué aussi par le futur candidat socialiste, en faisant les gros yeux pour montrer une supposée fermeté et en amalgament Bloc central et extrême droite : « Si la copie qui sort des débats est celle de MM. Attal et Philippe avec le soutien de l’extrême droite, nous cen-su-re-rons ! ». Il fallait bien faire ces gros yeux pour pouvoir par la suite expliquer qu'ils ne censureraient pas. Faire semblant de ne rien lâcher.
Très conscient des piètres intentions de vote en sa faveur dans les récents sondages (autour de 5%), Olivier Faure a terminé en reprenant l'exemple de François Hollande : « Je me souviens aussi que François Hollande a commencé à 3% et qu’il est devenu Président de la République. Rien ne se passe jamais comme prévu ! Nous avons décidé d’une primaire ouverte à tous. Nous débattrons et nous choisirons dans la clarté. J’appelle tous nos concitoyens sans distinction à se joindre à nous, à venir choisir entre les candidats et, à l’issue, à accompagner la campagne et la victoire ! ». Cette primaire a un prix, elle coûtera 15 euros pour chaque militant qui décidera de venir exprimer son choix. On est loin des 1 ou 2 euros des primaires précédentes. Le choix du tarif donne déjà une indication sur le nombre de participants envisagé. Faible.
Histoire d'expliquer pourquoi il pourrait gagner plus de voix que prévu, Olivier Faure a joué à Nostradamus avec ses oracles, dont celui-ci (qui prend ses rêves pour une réalité) : « Le Bloc central va s’effondrer. C’est terminé ! La seule question est désormais de savoir qui sera chargé de reconstruire. Tout reconstruire. Tout réparer. Tout réorganiser. Je veux dire à ceux qui nous écoutent et nous attendent : nous sommes prêts. (…) Nous promettons de tout rebâtir ensemble. Je vous le dis du fond de mon cœur, de mon être : vos combats, vos joies, vos peines, vos espoirs, je les fais miens. Nous pouvons encore changer la vie. La politique n’est ni impuissance ni résignation. Elle est la porte des possibles. ».
Malgré les simplismes, les caricatures, les amalgames, les généralisations, les ringardismes, justement grâce à ceux-ci, ce discours d'Olivier Faure du 29 août 2026 à Blois était très efficace et est de nature à mobiliser les (rares) troupes socialistes voire les électeurs socialistes que je dirais "dormants". De plus, au contraire de Raphaël Glucksmann, Olivier Faure bénéficie d'une grande structure, un parti, bien implanté localement, avec de nombreux relais locaux, d'un trésor de guerre (le pseudo-parti de Raphaël Glucksmann n'a pas de parlementaires nationaux et ne reçoit donc pas de financement public), d'un projet politique, et est en capacité de concurrencer Jean-Luc Mélenchon sur son terrain électoral.
Sa déclaration de candidature n'était donc qu'une question de jours, voire d'heures. Il l'a officialisée ce dimanche 30 août 2026 sur TF1 dans le journal télévisé de 20 heures : « Je suis prêt. » après : « Oui, je suis candidat à la Présidence de la République. ». L'homme est sorti du Blois.
Sylvain Rakotoarison (30 août 2026)
http://www.rakotoarison.eu
Pour aller plus loin :
Olivier Faure, l'homme des Blois.
Discours d'Olivier Faure le 29 août 2026 à Blois (texte intégral et vidéo).
Raphaël Glucksmann.
François Patriat.
Yvette Roudy.
Madame LA ministre.
Michel Rocard.
Laurent Fabius.
Ségolène Royal.
Jean-Luc Mélenchon.
Huguette Bouchardeau.
Qui se souvient d'elle ?
L'investiture de François Mitterrand.
Itinéraire d'un Mitterrand gâté.
Le seul Front populaire.
Benoît Hamon.
Lionel Jospin.
Jack Lang.
Jérôme Guedj.
Caroline Lang.
Entre culture et imposture.
La maladie de François Mitterrand.
Jean-Yves Le Drian.
Pierre Bérégovoy.
Un Pinay de gauche.
Hommage de François Mitterrand à Pierre Bérégovoy le 4 mai 1993 à Nevers (texte intégral).
Nicole Questiaux.
Entre social-démocratie et union de la gauche.
André Chandernagor.
Louis Mermaz.
L'élection du croque-mort.
La mort du parti socialiste ?
Le fiasco de la candidate socialiste.
Le socialisme à Dunkerque.
Le PS à la Cour des Comptes.


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