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En France, en Europe, et même quasiment partout dans le monde, c’est la chute libre… C’est ce qui ressort du classement PISA, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans, développé, tous les 3 ans, par l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Les résultats de cette étude mondiale ont été dévoilés hier et ils sont donc particulièrement alarmants…
« Si le classement PISA 2025 inquiète doublement, pointe Le Monde à Paris, c’est qu’à l’exception d’une partie de l’Asie, il révèle une diminution globale des capacités cognitives des jeunes. L’édition réalisée en 2022 avait invoqué la pandémie de Covid-19 pour expliquer la dégradation des scores de systèmes scolaires habituellement cités en exemple, en Allemagne ou en Norvège. Cette cassure continue de marquer une génération, mais le problème va au-delà. Il touche aux effets de la révolution numérique en cours. »
En effet, précise Le Monde, « PISA établit que les élèves ne sont plus que 20 % à 30 % à ne pas recourir à l’intelligence artificielle. Les bons scores en sciences sont corrélés à une moindre utilisation de l’IA et à un emploi maîtrisé des appareils numériques à des fins d’apprentissage. La recherche éclairera mieux la nouvelle donne des écrans et des réseaux sociaux, mais il apparaît déjà que les réformes ayant prouvé leur efficacité sur les savoirs des élèves – meilleure formation des enseignants, aide aux élèves en difficulté – ne suffisent plus. »
Les écrans et les réseaux sociaux dans le collimateur…
Pour Le Figaro, c’est clair : « À ceux qui en doutaient encore, le classement Pisa montre, à l’échelle planétaire, les terribles ravages des écrans, des réseaux et de l’intelligence artificielle sur les jeunes cerveaux. »
Et Libération renchérit : « impossible, au risque de paraître un peu technophobe, de ne pas corréler les mauvais résultats des adolescents français, notamment en lecture, au développement de la consommation des écrans et des réseaux sociaux. A la culture du tout image face au temps long de la lecture. A force de vivre perfusés à Instagram et TikTok, où une vidéo de trois minutes est déjà un format “long“, la capacité d’attention collective s’est réduite. »
Libération qui s’interroge : « faut-il déjà se résigner ? Ou croire encore que la révolution de l’IA, dont l’ampleur est comparée à l’invention de l’imprimerie, ne sera pas le fossoyeur définitif de notre appétit pour la lecture ? Comment continuer à faire vivre le miracle étrange qui donne le goût de lire à un enfant ? C’est notre défi collectif. »
Lire comme remède
En effet, complète Die Welt à Berlin, « l’avenir n’appartient pas seulement à ceux qui ont accès à l’information, mais à ceux qui savent l’interpréter, la relier et en tirer des enseignements. Certains pays prennent déjà ce constat au sérieux. (…) À Singapour, malgré des équipements de pointe en classe, les élèves consacrent encore beaucoup de temps aux textes imprimés. La Suède a mis en place des campagnes nationales de promotion de la lecture. Dans ce contexte, certains experts plaident pour que les écoles privilégient la lecture d’œuvres complètes plutôt que d’extraits, comme c'est souvent le cas. »
« Le déclin n’est pas une fatalité, veut croire Le Soir à Bruxelles. L’Estonie, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni restent parmi les plus performants. Malgré leurs différences, les élèves y suivent plus longtemps le même cursus, l’orientation intervient plus tard et le redoublement est rare. Les difficultés y sont traitées par du soutien plutôt qu’en faisant recommencer l’année ou en séparant les parcours. »
Retour aux fondamentaux ?
En Suisse, les élèves restent parmi les meilleurs d’Europe. Mais « pas de quoi fanfaronner », s’exclame Le Temps à Genève. « Le niveau des jeunes s’érode année après année dans les compétences fondamentales. » Et « la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique le martèle : lire, écrire, calculer doivent (re)devenir des priorités. Il ne suffit pas de le dire. Le message doit arriver jusque dans les salles de classe, s’exclame Le Temps. Non pas pour grimper dans les classements PISA. Simplement parce que ce socle de base est essentiel pour l’avenir de nos jeunes. De bonnes compétences scolaires à la sortie de l’école obligatoire augmentent fortement les chances d’obtenir un diplôme. Et l’obtention de ce diplôme réduit fortement les risques de chômage. Un cercle vertueux qu’il est temps de remettre en place. »
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