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À Auch, dans le Gers, des policiers avaient sorti leur arme pour stopper une manifestation d’agriculteurs le 27 décembre.
Pour lui, ces quelques secondes ne valent pas une enquête. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est revenu sur les raisons de sa décision de ne pas saisir la police des polices, l’IGPN, après les événements d’Auch (Gers) pendant une manifestation des agriculteurs de la Coordination rurale.
Samedi 27 décembre, un homme avait été interpellé et placé en garde à vue dans la foulée alors qu’il manifestait contre la politique gouvernementale dans la gestion de la dermatose bovine. Positionné en travers de la route, l’agriculteur aspergeait la façade des bureaux du journal La Dépêche du midi de fumier à l’aide de son tracteur avec épandeur lorsqu’il a été sommé d’arrêter son véhicule.
La préfecture affirme que l’homme a avancé son engin vers les forces de l’ordre, une manœuvre « dangereuse » qui les a poussés « à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme ». Les images de cette démonstration de force ont été diffusées par la Coordination rurale. Celle-ci a dénoncé une réponse disproportionnée, face à une action pacifiste et avait réclamé un signalement à l’IGPN. « C’était une mise en joue délibérée et gratuite, pour montrer qui est le plus fort », avait critiqué le président de la Chambre d’agriculture du Gers Lionel Candelon.
Que « quelques secondes seulement »
Mais voilà, mardi 30 décembre, sur France Inter puis au 20h de France Télévision, Laurent Nuñez a annoncé qu’il se refusait toute action. « Les policiers sont intervenus pour empêcher un déversement de fumiers sur (les locaux de) La Dépêche du Midi et se sentant menacés par un mouvement d’un agriculteur qui venait dans leur direction, ils ont sorti leur arme quelques secondes seulement », a-t-il expliqué. Une version des faits déjà évoquée par la préfecture du Gers.
Laurent Nuñez insiste : la scène n’a duré que « quelques secondes seulement ». « Dès que la personne a obtempéré, ils ont rangé leur arme. (...) Le ministre de l’Intérieur que je suis ne saisira pas l’IGPN dans cette affaire, que les choses soient claires. »
« Le mouvement a été géré avec énormément de souplesse », a-t-il encore ajouté. Au 20h de France Télé, il explique tout de même qu’une enquête administrative a été lancée « à son niveau », même si, encore une fois, selon lui « l’action était carrée, il n’y a pas eu d’incident ».


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