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Le conducteur paie déjà pour acheter, entretenir et utiliser son véhicule. Il pourrait bientôt payer simplement pour le posséder.
Une nouvelle taxe automobile pour le simple plaisir de posséder une voiture
Vous avez acheté votre voiture, payé la carte grise, l’assurance, le carburant, les réparations et parfois les péages ? Félicitations. Vous pourriez bientôt découvrir une nouvelle ligne sur votre budget : le droit de posséder votre véhicule.
Dans son rapport sur la fiscalité routière publié le 23 septembre 2026, l’Institut Mobilités en Transition (IMT) propose la création d’une « redevance annuelle véhicule ». Cet institut reçoit un financement de la Métropole du Grand Paris.
Derrière cette appellation administrative se cache une idée plutôt simple : faire payer chaque année les propriétaires de véhicules motorisés, qu’ils roulent beaucoup, peu ou quasiment jamais.
Le montant varierait selon plusieurs critères : revenus du ménage, lieu de résidence, nombre de véhicules, motorisation et caractéristiques environnementales.
Les simulations vont de 30 à 910 euros par an en 2030. Le montant maximal concerne un cas particulier : un ménage aisé, vivant en centre-ville, possédant plusieurs véhicules, dont un modèle thermique lourd et ancien.
Pour une voiture particulière, les auteurs évoquent une moyenne de 140 euros annuels en 2030, puis 260 euros en 2035.
Précision importante : aucune loi n’a été votée et le gouvernement n’a pas annoncé l’adoption de cette taxe. Il s’agit, pour l’instant, d’une recommandation de l’Institut Mobilités en transition, un think tank prônant la « transition vers le développement durable », financé à l’origine par la Fondation européenne pour le climat.
67,5 milliards d’euros de taxes routières : visiblement, ce n’est pas assez
Pourquoi imaginer une nouvelle contribution ? Parce que les automobilistes rapportent énormément d’argent à l’État et aux autres administrations publiques. Et que cette manne risque de diminuer.
Selon l’IMT, la fiscalité routière a généré 67,5 milliards d’euros en 2025. Les taxes sur les carburants représentent une part considérable de cette somme.
Mais les voitures électriques consomment peu ou pas de carburants pétroliers. Mauvaise nouvelle pour les finances publiques : elles échappent ainsi aux taxes prélevées à la pompe.
Les auteurs estiment qu’à fiscalité inchangée, les recettes pourraient perdre 22 milliards d’euros en 2035 par rapport au niveau nécessaire pour conserver leur poids actuel dans les ressources publiques.
Attention toutefois : cette évolution ne serait pas uniquement due aux voitures électriques. L’absence d’indexation de certaines taxes sur l’inflation et les changements de carburants joueraient également un rôle important.
La logique proposée est donc limpide : lorsque les Français consomment moins de carburant taxable, il faut trouver une autre manière de les faire contribuer.
Hier, on taxait le plein. Demain, pourquoi ne pas taxer directement le parking ?
Le Média en 4-4-2 avait d’ailleurs déjà constaté cette dépendance fiscale dans un article consacré à la baisse des ventes de carburant et des recettes de Bercy.
La France, vice-championne d’Europe des prélèvements obligatoires
Cette proposition intervient dans un pays où la pression fiscale figure déjà parmi les plus élevées du monde développé.
D’après les données européennes publiées par l’Insee, les prélèvements obligatoires représentaient 45,3 % du PIB français en 2024, contre 40,4 % en moyenne dans l’Union européenne.
La France occupait la deuxième place européenne, derrière le Danemark (45,8 %).
Autrement dit, avant même d’envisager de nouvelles contributions, près de la moitié de la richesse produite chaque année correspond déjà au montant des prélèvements obligatoires. Ce ratio ne signifie pas que chaque Français verse personnellement la moitié de ses revenus au fisc, mais il donne une idée du poids global du système.
Et pour les automobilistes, l’addition est particulièrement visible : TVA, accises sur les carburants, malus à l’achat, péages et frais liés à la possession du véhicule.
Dans ce contexte, proposer une nouvelle redevance annuelle ressemble à une provocation fiscale supplémentaire.
Après les ZFE, une nouvelle facture au nom de la transition écologique ?
Les défenseurs du projet mettent en avant une taxation progressive, censée protéger les ménages modestes et favoriser les véhicules les moins polluants.
Sur le papier, l’intention paraît généreuse. Dans la réalité, même une contribution de 70 ou 140 euros représente une dépense supplémentaire pour ceux qui doivent compter chaque euro.
Cette proposition rappelle aussi les tensions provoquées par les zones à faibles émissions et leurs conséquences sur les automobilistes modestes.
Et l’idée de remplacer les taxes sur le carburant n’est pas exclusivement française. Au Royaume-Uni, un projet de taxation kilométrique des voitures électriques suit une logique comparable : compenser la disparition progressive des recettes pétrolières.
Le retour de la vignette automobile, mais en beaucoup plus cher ?
La France a déjà connu une taxe annuelle sur les véhicules : la fameuse vignette automobile, supprimée pour les particuliers en 2000.
Son éventuel retour sous une forme modernisée mérite donc une surveillance attentive.
Pour l’heure, Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas annoncé la création de cette redevance. Mais la proposition existe désormais, avec ses simulations, ses montants et son calendrier théorique à partir de 2030.
La question politique est simple : faut-il systématiquement remplacer une taxe dont les recettes diminuent par une autre ?
À force de vouloir préserver chaque euro de recettes fiscales, la transition écologique risque surtout de devenir une transition vers de nouvelles factures.
Et les automobilistes pourraient finir par regretter le temps où leur voiture ne leur coûtait de l’argent que lorsqu’ils s’en servaient.


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