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L’entreprise qui propose des baskets éthiques prisées des jeunes urbains recherche 100.000 euros d’ici le 30 avril. Une somme nécessaire pour relancer la production et moderniser le site internet.
Passer la publicité Passer la publicitéPassera-t-elle le cap de ses 10 ans ? «On est très clair et très cash : la survie de la marque est en jeu», confie entre espoir et inquiétude Kévin Gougeon, cofondateur de N’go Shoes. L’entreprise nantaise de baskets éthiques créée en 2016, prisée des trentenaires urbains, traverse des difficultés. En redressement judiciaire depuis le 17 décembre 2025, elle recherche 100.000 euros d’ici le 30 avril. Alors qu’une société spécialisée dans la reprise était prête à réinjecter 300.000 euros, les discussions se sont arrêtées la veille du passage au tribunal de commerce. D’où cet appel à l’aide lancé en urgence pour trouver de nouveaux investisseurs.
«Ces dernières années, nous avons eu des difficultés à croître, le contexte économique dans le retail (commerce de détail, NDLR) étant compliqué», commente au Figaro Kévin Gougeon, dont l’associé qu’il a rencontré au lycée vit au Vietnam. C’est là-bas que les chaussures, ornées de tissages ancestraux vietnamiens, sont fabriquées. En 2022, le chiffre d’affaires de l’entreprise, actuellement constituée de sept personnes, atteignait le million d’euros. Grâce à une levée de fonds, la marque s’était même développée en Australie et au Chili, et avait entamé une diversification dans la bagagerie.
Un afflux de commandes en janvier
Mais le désengagement d’un distributeur allemand, qui représentait quasiment un tiers du chiffre d’affaires, est venu ternir le tableau. «On n’arrivait plus à honorer nos emprunts bancaires», résume le dirigeant, pour expliquer le redressement judiciaire. En 2024, avec un chiffre d’affaires de 828.000 euros, l’entreprise n’était plus rentable. En outre, sans trésorerie, le modèle vacille. «Nous devons avancer la production de chaussures avant de l’encaisser. Dès que la trésorerie se tend, c’est compliqué de relancer une production», poursuit l’entrepreneur, à la recherche d’argent pour produire mais aussi moderniser le site internet, premier générateur de commandes.
L’enseigne qui a alerté sa communauté de la situation reçoit de nombreux messages de soutien et un afflux de commandes. «On a fait un mois de janvier exceptionnel, le meilleur en dix ans ! Ça a été un boost pour nous. C’est un bon message envoyé sur les indicateurs financiers à notre administrateur judiciaire et au tribunal, et ça nous a apporté de la trésorerie», se console Kévin Gougeon, qui croit toujours en un commerce solidaire, équitable et écoresponsable. «En ce moment, le contexte n’est pas favorable à tout ça. Nos produits coûtent plus cher que ceux de mauvaise qualité mais il y a toujours un marché derrière. C’est aux entreprises engagées de ne pas perdre espoir» assure celui qui reste persuadé que «que le creux du cycle va passer.»
N’go Shoes travaille avec des artisanes vietnamiennes qui tissent à la main les motifs des baskets. Une manière pour les entrepreneurs, férus de mode et de voyage, de faire perdurer un savoir-faire ancestral et de soutenir l’émancipation de femmes artisanes. La marque reverse aussi 2% de son chiffre d’affaires annuel pour financer des écoles, conduisant à la scolarisation de 500 enfants. Côté écoresponsabilité, elle propose notamment de récupérer les chaussures usées afin de les recycler.


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