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Northern Graphite reporte la remise en activité de la mine du Lac-des-Îles

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Northern Graphite (NGC) reporte la remise en activité de sa principale mine, celle du Lac-des-Îles, au Québec, alors que l’entreprise fait face à des pressions réglementaires et judiciaires croissantes qui aggravent ses importantes difficultés de financement, sur fond de bouleversements du marché mondial du graphite.

Ce report annoncé mardi porte un coup aux ambitions du Canada de mettre en place une chaîne d’approvisionnement nationale sûre en minéraux critiques, indispensables aux batteries de véhicules électriques et, plus largement, à la transition énergétique.

L’entreprise a indiqué que son objectif de reprendre les activités à la mine, actuellement à l’arrêt, d’ici le troisième trimestre de 2026 n’était plus réalisable depuis que le ministère québécois des Ressources naturelles et des Forêts a suspendu le bail minier. Cette décision survient dans la foulée d’un différend concernant un paiement toujours dû pour la restauration future du site du Lac-des-Îles, situé près de Mont-Laurier, dans les Hautes-Laurentides.

Northern Graphite conteste fermement le calcul effectué par Québec et entend porter la décision devant la Cour supérieure du Québec.

Northern Graphite a indiqué qu’elle déposerait un recours pour obtenir un sursis à la suspension du bail jusqu’à ce qu’un jugement définitif soit rendu, ce qui fait planer l’incertitude sur l’avenir de la seule mine commerciale de graphite en paillettes en Amérique du Nord.

Dans de récentes perspectives de marché, le groupe de services-conseils en investissement Macquarie a estimé que, d’ici la fin de la décennie, la demande mondiale de graphite pour les batteries de véhicules électriques et le stockage d’électricité sur les réseaux atteindrait à elle seule six millions de tonnes par année.

Un actif « stratégique »

Le bras de fer vient aggraver la crise financière que traverse l’entreprise minière établie à Ottawa. Dans ses résultats financiers du deuxième trimestre publiés mardi, Northern Graphite ne déclarait plus que 200 000 $ en trésorerie et équivalents de trésorerie, contre 1,1 million au trimestre précédent.

« La remise en activité de notre mine du Lac-des-Îles prend plus de temps que prévu, et l’absence de revenus exerce une pression supplémentaire sur notre situation financière », a déclaré le p.-d.g. de Northern Graphite, Hugues Jacquemin, dans un communiqué.

« Nous travaillons activement à régler cette question et évaluons la meilleure façon de remettre le Lac-des-Îles en production, a-t-il ajouté. Le Lac-des-Îles est un actif précieux et stratégique : son usine de traitement modernisée et son parc à résidus miniers autorisé se trouvent dans une région qui compte plusieurs gisements de graphite pouvant eux aussi approvisionner l’usine. »

L’absence de rentrées de fonds depuis l’arrêt temporaire de la mine s’est traduite par une perte nette de 3 millions de dollars pour les trois mois ayant pris fin en juin. L’entreprise affiche désormais un fonds de roulement négatif de 56,6 millions, ce qui signifie que son passif à court terme dépasse son actif à court terme.

Afin d’éviter une fermeture prolongée de la mine du Lac-des-Îles, Northern Graphite a conclu le 29 avril avec son principal créancier, Sprott Resource Streaming and Royalty Corp., une entente de restructuration de sa dette qualifiée de « transformatrice ».

Sprott a accepté de restructurer une dette de 22,5 millions de dollars américains, intérêts courus compris, en échange d’une modification de la structure de propriété de la mine de graphite Okanjande de Northern Graphite, en Namibie, qui fera de Sprott le principal actionnaire de l’entreprise avec une participation de 9,9 %.

La fermeture soulève également des questions quant au projet de Northern Graphite de transformer un ancien complexe de pâtes et papiers de Baie-Comeau, au Québec, en un pôle industriel « multimodal » de 2 milliards de dollars destiné à exporter du graphite transformé vers les marchés internationaux.

Volatilité du marché mondial du graphite

Les difficultés de Northern Graphite au Canada surviennent dans un contexte de forte volatilité du marché mondial du graphite, largement façonné par la Chine, qui assure actuellement près de 80 % de la production mondiale de graphite naturel, ce qui lui confère un important levier géopolitique.

Les États-Unis ont tenté de s’attaquer à ce monopole en imposant des droits antidumping de 93,5 % sur les importations de graphite naturel chinois. Les promoteurs occidentaux ont toutefois essuyé un important revers lorsque la Commission du commerce international des États-Unis a décidé, contre toute attente, de ne pas imposer de droits sur les exportations chinoises de matériau actif d’anode, soit la forme transformée du graphite destinée aux batteries.

Cette décision a permis aux États-Unis de continuer à s’approvisionner en matériaux chinois pour batteries à bas prix, ce qui a refroidi l’enthousiasme des investisseurs occidentaux et exercé une pression à la baisse sur la valeur boursière des producteurs de graphite qui cherchent à bâtir des chaînes d’approvisionnement sûres à l’extérieur de la sphère d’influence chinoise.

Dans son plus récent rapport trimestriel, Northern Graphite a indiqué que les perspectives du marché du graphite demeuraient « moroses à court et à moyen terme en raison d’une offre structurellement excédentaire » et du fort pouvoir de négociation des acheteurs.

L’entreprise minière a réagi en se tournant vers l’étranger, en concluant une co-entreprise de 200 millions de dollars américains avec le conglomérat Al Obeikan Investment Group, établi à Riyad, afin de construire à Yanbu, en Arabie saoudite, une usine de matériaux d’anode pour batteries à l’échelle industrielle.

L’usine, située sur la mer Rouge et conçue pour traiter 25 000 tonnes de graphite par année, contournera entièrement l’approvisionnement canadien et utilisera plutôt du graphite brut provenant de la mine Okanjande.

Cette mine est mise en veilleuse depuis 2018, mais Northern Graphite prévoit la remettre en activité au premier trimestre de 2028. La construction de l’usine de transformation saoudienne doit quant à elle commencer au premier semestre de 2027.

Virage vers les partenaires internationaux

Les progrès réalisés dans le projet saoudien de Northern Graphite s’inscrivent dans les efforts plus larges du gouvernement canadien pour développer à l’étranger les débouchés commerciaux des producteurs de minéraux critiques. Ils surviennent aussi dans la foulée d’un protocole d’entente signé entre le Canada et l’Arabie saoudite.

Cette stratégie suscite toutefois des critiques chez les défenseurs de la transformation des minéraux critiques au Canada, notamment Marilyn Spink, directrice des opérations de l’Alliance pour la résilience et la production des minéraux critiques.

Au moment de l’annonce de l’entente avec l’Arabie saoudite, Spink avait déclaré à Canada’s National Observer que l’exportation de ressources brutes destinées à être transformées au Moyen-Orient constituait une occasion ratée pour le Canada de développer des activités manufacturières à forte valeur ajoutée, importantes pour la transition énergétique.

« Il vaudrait mieux voir les Saoudiens investir ici, au Canada, dans des capacités de raffinage et de transformation intermédiaires afin de tirer parti de notre richesse minérale », a affirmé Spink.

« Pour assurer notre santé économique, le Canada devrait encourager les investissements qui permettent d’ajouter de la valeur à nos ressources naturelles ici même, plutôt que de les exporter pour que d’autres le fassent ailleurs », a-t-elle ajouté.

Après plusieurs années de marchés volatils, les perspectives des producteurs canadiens de graphite avaient commencé à s’améliorer.

Le marché mondial du graphite naturel, comme celui extrait du Lac-des-Îles, ainsi que du graphite synthétique produit à partir de charbon à coke, s’élevait l’an dernier à 30 milliards de dollars américains (41 milliards de dollars canadiens), selon Precedence Research. Il devrait plus que doubler pour atteindre 65 milliards de dollars américains d’ici 2034.


Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.

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