La «guerre» : derrière le mot se nichent toute une série de concepts, normes, règles constitutionnelles et internationales concernant qui peut la déclarer, et selon quelles règles d’engagement, ainsi que des descriptions de bonnes ou mauvaises pratiques enfouies dans des manuels listant les actes licites sur terre, sur mer ou dans l’air. Face à cette supposée clarté qu’apporterait le droit sur la question, l’actualité nous présente une opacité déconcertante.
Pour désigner l’agression de l’Ukraine, la Russie parle d’«opération spéciale», terme qui semble inapproprié aux commentateurs européens qui voient deux armées – et leurs alliés, directement ou indirectement – s’affronter sur un champ de bataille, selon un schéma finalement assez classique de guerre de position, avec son lot de dénonciations de crimes de guerre. Les Etats-Unis parlent quant à eux de «guerre» – et le Congrès américain le confirme en exigeant de peser sur les décisions du président Trump – pour désigner les attaques qu’ils ont menées avec Israël à deux reprises en un an contre la République islamique d’Iran: en frappant d’abord ses installations nucléaires et en assassinant certains scientifiques et dirigeants militaires en 2025, puis en lançant l’opération d’assassinats politiques la plus massive que l’histoire contemporaine ait connue et visant un Etat: de fin février 2026 à mi-mars 2026, ils ont décimé une grande partie de l’élite politique de la République islamique, à commencer par le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh, le très puissant chef du Conseil suprême de sécurité nationale Ali Larijani, et bien d’autres.


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