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Le monstre fabriqué : Guerre « inévitable » ? Analyse d’une logique autoréalisatrice
Publié le 24.9.2026 à 09h10 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 5mn
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« Un mensonge répété mille fois devient une vérité. » Cette célèbre maxime, attribuée au chef de la propagande nazie Joseph Goebbels, résume à elle seule la puissance redoutable de la manipulation de masse. Elle rappelle que la vérité d’une information dépend parfois moins de son exactitude que de l’insistance avec laquelle elle est martelée. À l’ère des réseaux sociaux, des algorithmes et des fausses informations des médias corrompus, ce principe trouve un écho particulièrement contemporain. Comprendre comment la répétition peut altérer notre perception du réel est aujourd’hui devenu un enjeu faussement démocratique et anti-intellectuel majeur.

Le discours enflammé de deux heures prononcé en 1943 a marqué un tournant pour Hitler et ses « acolytes gangsters ».

À force d’entendre parler de réarmement, de menace russe, d’effort de guerre et de confrontation inévitable, un basculement silencieux semble s’opérer dans le débat public : la guerre n’est plus présentée comme un danger à éviter, mais comme une hypothèse à laquelle il faudrait se résigner. Sur les plateaux de télévision, dans les éditoriaux et dans les déclarations politiques, le vocabulaire s’uniformise. La prudence devient suspecte, la recherche d’une issue diplomatique paraît secondaire, tandis que l’escalade est progressivement installée comme le seul horizon possible.
C’est précisément le mécanisme que décrit Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Sans nier la gravité de la guerre en Ukraine ni l’agression russe, il interroge la responsabilité particulière de la France : celle d’un État qui devrait avant tout chercher à empêcher l’extension du conflit, à réduire les tensions et à préserver la paix, plutôt que de contribuer à une logique d’affrontement dont les conséquences pourraient dépasser largement les frontières ukrainiennes.
Son propos met en lumière une contradiction : les dirigeants affirment ne pas vouloir la guerre, tout en adoptant des décisions, des discours et des postures qui peuvent en rapprocher l’Europe. Armes, réarmement, déclarations hostiles et désignation permanente d’un ennemi forment alors un engrenage où chaque action provoque une réaction, où chaque réaction justifie une nouvelle escalade. La question n’est donc pas seulement de savoir qui a commencé, mais de déterminer qui cherche réellement à arrêter la spirale.
Dans le texte qui suit, Henri Guaino alerte sur cette banalisation du langage guerrier, sur l’effacement progressif de la diplomatie et sur le risque de voir l’Europe avancer vers un conflit qu’elle prétend pourtant vouloir éviter et il a entièrement raison.
« Je parcours les chaînes télévisées, feuillette les quotidiens et écoute les ondes radios; le discours dominant est celui de la guerre. Cette rhétorique s’impose comme une évidence, comme si le conflit était déjà inscrit dans le présent.
Il n’existe aucune nuance dans la narration; chaque action de la diplomatie française depuis le déclenchement des hostilités s’inscrit dans une logique cohérente, même si l’on peut en débattre. Cette continuité montre clairement une contribution déterminante à l’engrenage qui pourrait nous mener à un conflit ouvert. Nous parlons déjà comme si la guerre était inévitable. La réarmement ne se justifie plus par la défense contre les aléas du monde, mais par une opposition explicite à la Russie.
La fourniture d’armes à l’Ukraine s’accompagne de discours oscillants à l’égard de la Russie. Il faut accepter les conséquences de ces choix: ils augmentent la tension. L’escalade est réciproque; chaque acte de violence engendre une réaction plus virulente de la partie adverse. Cette dynamique, pourtant fondamentale et intuitive, semble échapper à nos dirigeants et aux commentateurs. Lorsque l’on pointe du doigt la Russie, on nous répond que c’est elle qui a initié les hostilités, mais la réalité dépasse cette simplification. Le rôle d’un chef d’État français ne réside pas tant à déterminer qui a déclenché le conflit, mais à identifier les moyens d’arrêter le carnage, ou à justifier une guerre seulement si la menace est directe et imminente.
Nous nous trouvons dans une situation paradoxale: d’une part, on affirme ne pas vouloir de guerre, d’autre part, on prépare les conditions de son déclenchement. » – Henri guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
La conclusion qui s’impose est la suivante:
Même le plus perspicace des planificateurs se heurte à des dirigeants sourds, aveugles et volontairement amnésiques. Ils refusent de voir, ou préfèrent ignorer, les réalités qui les entourent. Autour d’eux gravitent trolls, groupes de pression et médias qui répètent inlassablement le même programme de pensée: il faut affronter la Russie, la contenir, la vaincre, l’affaiblir.
L’idée que l’Ukraine puisse triompher devient un refrain quotidien, plus séduisant que toute analyse nuancée des rapports de force. Les responsables européens savent qu’ils ne disposent pas des ressources nécessaires, mais ils semblent tout de même désirer le spectacle de la guerre. Créer un ennemi constitue, depuis toujours, un business rentable: cela unifie les peurs, justifie les budgets, dissimule les échecs internes et confère un rôle héroïque à des élites qui en sont privés. Le mécanisme se répète invariablement: on désigne le monstre, on l’amplifie, on le charge de tous les péchés du monde, puis on se proclame innocent.
Les trolls et les bots ne font que répéter la partition qui leur a été imposée. Les dirigeants, quant à eux, jouent le chef d’orchestre sourd qui continue de diriger alors que l’ensemble est déjà à bout de souffle. Leur besoin de rentabilité les pousse à promouvoir ce qui est le plus lucratif: la guerre. Il faut donc la commercialiser, la présenter comme inévitable, afin de satisfaire les exigences d’un système qui ne trouve d’autre moteur que le conflit.
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