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Un Directeur général binational à la tête de la Société générale Cameroun, c’est le genre de détail qui ne passe jamais inaperçu à Yaoundé. Victor Noumoué, confirmé le 12 mai 2026 à la tête de l’établissement après le rachat de 58,08% des parts par General Bank of Cameroon, posséderait la nationalité canadienne en plus de la camerounaise. Un cas qui relance le débat sur la loi de 1968 et son application aux dirigeants publics.
Une loi de 1968 rarement appliquée jusque là
Le Code de 1968 est clair sur le papier. L’article 31 dit qu’un Camerounais qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd automatiquement la sienne. Sauf que dans les faits, personne ne semble avoir vraiment vérifié ça pour Victor Noumoué avant sa nomination.
Le journal rappelle deux précédents qui font tache. Guillaume Nkeng Eyango, ambassadeur camerounais aux Etats Unis, a été démis en décembre 2017 pour possession du passeport américain. Herol Emmanuel Ndom, candidat aux législatives dans le Wouri Est, a lui aussi vu sa candidature invalidée par le Conseil constitutionnel pour la même cause.
Deux cas, deux sanctions. Le troisième, cette fois dans le secteur bancaire, attend toujours sa clarification.
Un flou qui inquiète plus que la nationalité elle-même
Le vrai problème n’est peut-être pas la double nationalité en soi, mais l’absence de mécanisme clair pour la vérifier avant une nomination stratégique. General Bank of Cameroon a repris le contrôle d’un établissement financier au coeur du dispositif bancaire régional, avec 129 milliards de FCFA de transaction et une part de 16,32% conservée par SanlamAllianz. Confier ce poste à un binational, sans clarification publique, ça pose forcément question sur la rigueur du processus.
Difficile de ne pas y voir un problème plus large que le cas individuel de Victor Noumoué. La diaspora camerounaise, des milliers de talents formés à l’étranger, se retrouve régulièrement freinée par ce texte appliqué de façon inégale selon les profils et les circonstances. Certains passent entre les mailles, d’autres tombent lourdement.
Le ministère des Finances et les autorités administratives n’ont pas encore communiqué sur ce dossier précis. Rien ne confirme à ce stade qu’une procédure de vérification soit en cours.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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