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Des faux documents pour obtenir un agrément d’école, ça pose sérieusement question sur le contrôle exercé jusqu’ici. Le ministre de l’Education de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, a signé le 10 août dernier une lettre suspendant la réception et l’instruction des dossiers de création de nouveaux établissements scolaires privés de base. La mesure, valable trois mois, vise à freiner une dérive devenue trop visible sur le terrain.
Une vague de fermetures qui ne s’arrête pas
Le 23 juillet 2024, le Minedub avait déjà fermé 722 établissements dans six régions du pays. Motif principal, défaut d’arrêté de création ou d’ouverture, défaut d’acte portant extension pour une section francophone, anglophone ou bilingue. Localisation non conforme, trouble à l’ordre public, site étroit, tout y passe.
Mardi 18 août à 10h30, les encadreurs du Centre national des volontaires du Cameroun au quartier Mfandena à Yaoundé, ne désespèrent pas. Malgré la pente et l’attention portée aux passants curieux. Ce même endroit, plusieurs élèves venaient suivre des cours il y a juste deux ans, au Groupe scolaire bilingue Catiba. Fermé, lui aussi, par la même décision de juillet 2024.
Samuel Tarnoudji, cofondateur du centre, tente de rebondir. « Nous sommes installés et nous faisons du social. Nous avons un projet de baccalauréat tchadien ou nous préparons et encadrons les candidats », assure-t-il.
Assainir, oui, mais comment sur le terrain
Clémentine Onambélé Bindzi, Directeur du Suivi de l’enseignement privé de base au ministère, ne mâche pas ses mots sur les pratiques constatées. « Nous avons constaté que sur le terrain, nos collaborateurs des services déconcentrés font face à des promoteurs qui sollicitent la création d’établissement, mais usent de faux en déclarant des superficies plus grandes que celles qu’on a concrètement », explique-t-elle.
Le résultat, des écoles sans distance réglementaire entre elles, parfois séparées de deux cents à trois cents mètres seulement. D’autres construites aux abords de débits de boisson, de dépôts de gaz ou sous haute tension. Difficile de ne pas y voir un problème de fond plutôt qu’un simple dérapage isolé.
Pendant les trois mois de suspension, le ministère prévoit un recensement complet des écoles déjà créées, avec ou sans papiers. « Certains diront j’ai arrêté, mais à regarder de près, c’est un faux arrêté », précise Clémentine Onambélé Bindzi, qui évoque des signatures scannées du ministre sur des documents jamais réellement délivrés.
722 écoles fermées en une seule vague. Reste à savoir combien d’autres tomberont une fois le recensement terminé.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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