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Alan rafle la complémentaire santé de la Sécu, tandis que les représentants du personnel sont priés de dégager.
Alan remporte le jackpot de la Sécurité sociale
À partir du 1er janvier 2027, le duo Alan-Allianz doit prendre en charge la complémentaire santé des salariés des caisses d’assurance maladie, des CAF, des Urssaf et d’autres organismes de Sécurité sociale.
Le contrat concerne quelque 150 000 salariés et jusqu’à 360 000 bénéficiaires en comptant les anciens agents et les ayants-droit. Montant maximal annoncé : 3 milliards d’euros sur six ans, de 2027 à 2032. Une enveloppe contractuelle, et non une somme immédiatement versée aux assureurs.
Alan, fondée en 2016 par Jean-Charles Samuelian-Werve et Charles Gorintin, s’impose ainsi aux dépens d’AG2R La Mondiale, Malakoff Humanis et Aésio, qui géraient jusqu’ici cette couverture
Une belle affaire pour une entreprise qui n’a que dix ans. Encore fallait-il surmonter un obstacle particulièrement gênant : les représentants des salariés et des employeurs.
Les syndicats disent non, le gouvernement change les règles du jeu
Traditionnellement, le choix des assureurs reposait sur une gestion paritaire. Cette année, l’Ucanss a lancé un appel d’offres public, suivant un avis juridique de Bercy malgré l’opposition des partenaires sociaux.
Quatre candidatures ont été examinées. Alan-Allianz est arrivé en tête du classement, mais la commission des marchés a refusé de valider l’attribution, contestant notamment les conditions d’évaluation.
Force ouvrière estimait que le « niveau d’objectivité » de l’évaluation « semblait insuffisant ».
Alan : Amazon, données de santé et assurances sans guichet
Les six organisations syndicales représentatives, CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC et Unsa, critiquent le fonctionnement d’Alan. Au cœur de leurs inquiétudes :
- l’absence de véritables accueils physiques,
- le recours à la sous-traitance
- et l’hébergement de données chez Amazon Web Services.
Selon elles, cette infrastructure soulève des interrogations concernant l’application des lois extraterritoriales américaines aux données de santé. Le recours à Amazon ne démontre toutefois pas, à lui seul, que les autorités américaines peuvent consulter librement les dossiers médicaux.
Le sujet n’est pas nouveau. Le Média en 4-4-2 avait déjà consacré un article aux risques liés aux données personnelles de santé hébergées chez des prestataires américains, notamment dans le dossier Doctolib.
Le gouvernement n’a pas attendu que les désaccords se dissipent. Par arrêté du 19 octobre 2026, la commission a été suspendue jusqu’au 2 novembre. Le texte invoque une situation de blocage susceptible de compromettre l’entrée en vigueur du nouveau contrat.
Une administratrice provisoire, Catherine Bergeal, a finalement validé le choix d’Alan-Allianz le 27 octobre. Un procédé qui nourrit les accusations de passage en force.
Les partenaires sociaux avaient leur mot à dire. Ils l’ont dit. L’administration s’en est passée.
Alan, nouvelle championne des marchés publics
Ce contrat s’ajoute à une impressionnante collection de marchés publics. Alan a déjà été choisie pour couvrir des agents de Bercy, des services du Premier ministre, des ministères de la Transition écologique et de l’Assemblée nationale.
Son PDG, Jean-Charles Samuelian-Werve, dirige une entreprise régulièrement saluée dans l’univers économique d’Emmanuel Macron. Cette proximité d’image alimente les soupçons de favoritisme, mais aucune intervention personnelle du président dans l’attribution du contrat de l’Ucanss n’est établie. Alan récuse toute intervention politique, mais cette Licorne (5 milliards de capitaux) bénéficie d’un partenariat via Coalition Capital avec le footballeur favori d’Emmanuel Macron, Kylian Mbappé depuis mars 2026.
La contestation, elle, est bien réelle. Les organisations syndicales ont annoncé un boycott des instances nationales de dialogue social avec l’Ucanss. Des recours juridiques sont également envisagés.
Le contrat doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Les conditions précises de couverture et les conséquences pratiques pour les agents restent des points essentiels à clarifier.
Pour les représentants du personnel, la première mauvaise surprise est déjà arrivée : ils ont découvert qu’une commission chargée de se prononcer pouvait être remplacée par uneseule personne non élue.


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