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Le fabricant des armes qui ont coûté des yeux aux manifestants français compte désormais ses propres dégâts.
Le fabricant des LBD 40 ravagé par les flammes
À Thoune, en Suisse, le réveil a été particulièrement brutal pour Brügger & Thomet (B&T AG). Jeudi 29 octobre, à 3 h 10 du matin, les pompiers sont alertés : le bâtiment de cet important fabricant d’armes est entièrement embrasé.
Les secours de Thoune, Spiez et Steffisburg interviennent. L’incendie est finalement complètement éteint dans l’après-midi. Les dégâts sont considérables. Aucun blessé n’est signalé.
Vendredi 30 octobre, la police cantonale bernoise confirme que la piste de l’incendie volontaire est privilégiée. Une enquête est ouverte et un appel à témoins lancé.
Le bâtiment touché abrite notamment le siège de B&T AG. Ses bureaux, son magasin et son stand de tir sont fermés jusqu’à nouvel ordre. L’entreprise n’a pas annoncé la disparition de l’ensemble de ses capacités de production.
Brügger & Thomet, fournisseur de la police française depuis 2007
Le nom ne dit probablement rien au grand public. Pourtant, Brügger & Thomet occupe une place particulière dans le maintien de l’ordre à la française.
En 2007, l’armurier suisse remporte un marché concernant le GL06, commercialisé en France sous le nom de LBD 40. Un lanceur de projectiles de 40 millimètres devenu tristement célèbre lors des manifestations des Gilets jaunes.
Des yeux perdus, des visages défigurés, des vies bouleversées. La présidence d’Emmanuel Macron restera associée à l’utilisation massive de ces armes contre les manifestants. Le Média en 4-4-2 avait déjà consacré un article à la violence d’État et aux blessures provoquées par les armes dites non létales.
Le vocabulaire administratif a d’ailleurs quelque chose de fascinant : une arme peut être qualifiée de « force intermédiaire » même lorsqu’elle provoque des mutilations irréversibles.
Une vidéo revendique une « action de désarmement »
Vendredi 30 octobre, les Soulèvements de la Terre annoncent avoir reçu une vidéo revendiquant une « action de désarmement » contre Brügger & Thomet.
Les images circulent sur les réseaux sociaux. Leur authenticité n’est toutefois pas officiellement établie, et les enquêteurs suisses n’ont identifié publiquement aucun responsable.
Le syndicat Alternative Police (CFDT) condamne l’incendie si son caractère volontaire est confirmé. Il rappelle qu’aucune cause ne justifie la violence ou l’intimidation, ce qui est pour le moins paradoxal quand la victime est une fabrique d’armes.
Cette affaire intervient alors que les pratiques françaises de maintien de l’ordre restent vivement contestées. Le cas d’un adolescent de 16 ans éborgné à Tours, fin septembre, a notamment conduit à la mise en examen d’un policier pour violences aggravées.
Le débat dépasse désormais les seuls tirs de LBD. La question de la responsabilité des forces de l’ordre et de leur protection juridique avait déjà été abordée dans notre article sur la présomption d’usage légitime des armes par les policiers.
En attendant les conclusions de l’enquête suisse, Brügger & Thomet doit évaluer les dégâts et organiser la reprise de ses activités. L’ampleur des éventuelles conséquences sur ses livraisons à la police française demeure inconnue.


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